13 Feb
13Feb

À partir du XVIIe siècle, et sous l'influence de la commedia dell'arte, on désigne sous ce nom, au théâtre, les rôles dont un acteur peut se charger, le genre de personnage stéréotypé qu'il représentera souvent, pour peu qu'il ait « le physique de l'emploi », tout au long de sa carrière. La notion d'emploi s'est révélée utile aussi bien au comédien et au directeur de théâtre qu'à l'auteur et même au spectateur. D'autres fois, c'était une particularité du costume qui servait à caractériser l’emploi ; on avait alors les rôles à baguette (reines d'opéra), les rôles à manteau (premiers rôles et pères de comédie), les rôles à tablier (basses d'opéra-comique, personnifiant d'ordinaire un ouvrer avec un tablier de cuir), les rôles à corset (villageoises d'opéra-comique, qui se jouaient en corset et en jupon), etc. Il arrivait enfin que l'emploi prenait son nom du personnage qui semblait le caractériser dans un grand nombre de pièces où il portait ce même nom ; c'est ainsi qu'on disait les Colins (amoureux d'opéra-comique), les Frontins (valets d'opéra-comique), les Betzis (ingénuités de vaudeville), les Margots (duègnes d'opéra-comique), les Arlequin, Colombine, Isabelle, Léandre, Pantalon, Pierrot, Polichinelle, Scapin, Scaramouche de la commedia dell'arte, Baillis et beaucoup d'autres encore. On remarquera, dans cette énumération, les noms de certains artistes : Trial, Laruette, Mme Dugazon, Mlle Déjazet, dont les noms ont servi de type à l'emploi jadis tenu par eux, ce qui suffit à donner une idée de leur valeur et du talent qu'ils déployaient dans cet emploi. Références : Wikipédia / Universalis / Cosmovisionsde texte

Catégorie à l’infini de personnages et de rôles ; jadis on disait les Dugazon, les Elleviou, les Philis, les Laruette, les Michaud. Aujourd’hui on dit : les Talma, les Potiers, les Gontier, les Yernet. De tout temps le génie a fait école. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835


Accessoire

Au théâtre, tout ce qui ne rentre pas dans la catégorie du décor ni dans celle du costume fait partie des accessoires. Dans cette catégorie, qui regroupe « tout ce qui concourt à l'illusion théâtrale », on retrouve donc non seulement les objets nécessaires à la représentation, mais aussi des personnages, des rôles minuscules, classés au dernier rang des figurants, en dessous des utilités. C'est dans ce groupe que se recrutent les personnes apparaissant dans la distribution, sans qu'elles soient nommées individuellement, ni même que leur nombre soit précisé, ce qui les différencie des utilités. Muet, l'accessoire fait partie de la mise en scène.

Atelier Nadar. Photographe. Z. Bouffar, Christian, etc. Voyage dans la lune. Châtelet. 1877. Source gallica.bnf.fr / BnF


Amoureux et Amoureuse

Personnage qui aime et qui peut aussi être aimé. Les obstacles que ces personnages rencontrent sont des conséquences de l'action principale ou des prétextes à son développement. Selon l'importance des rôles, une gradation peut être précisée par premier, deuxième et troisième amoureux(se). Le « premier amoureux » est généralement appelé « jeune premier » (sous-entendu amoureux), et la « première amoureuse » la « jeune première ». Il s'agit alors de personnages de premier plan. L'emploi de « second(e) amoureux(se) » revient à des personnages moins importants. Dans un certain nombre de pièces, on trouve à la fois un premier et un second amoureux

Théâtre de l'Opéra-Comique. Les Amoureux de Catherine. Lamy, Pierre-Auguste (1827-1880?). Lithographe. Théâtre de l'Opéra-Comique. Les Amoureux de Catherine. Opéra-comique en un acte. Paroles de J. Barbier... : [affiche] / lithographie de A. Lamy. 1876. Source gallica.bnf.fr / BnF


Barbon

Rôle de vieillard ridicule ou odieux, qui oublie son âge ou le redoute et qui désire, légitimement ou pas, une jeune fille malgré les avis contraires. Cet emploi entre dans la catégorie des rôles à manteau, qui comprend aussi les grimes et les financiers. Chez Molière, cet emploi fréquent requiert en général un premier rôle, vu l'importance centrale du personnage Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Bardon

Rôle de vieillard ridicule ou odieux, qui oublie son âge ou le redoute et qui désire, légitimement ou pas, une jeune fille malgré les avis contraires. Cet emploi entre dans la catégorie des rôles à manteau, qui comprend aussi les grimes et les financiers. Chez Molière, cet emploi fréquent requiert en général un premier rôle, vu l'importance centrale du personnage Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Comique

Cet emploi parle de lui-même, et n'a pas besoin d'être caractérisé. Mais, même s'il se subdivise en « premier comique » et en « second comique », cet emploi ne comprend pas tous les rôles masculins comiques. Les rôles dits marqués, c'est-à-dire représentant des personnages plus ou moins âgés, n'en font pas partie et forment une classe à part, comprenant les financiers, les grimes, les ganaches et les pères nobles.

Nadar (1820-1910). Photographe. Bardou : comédien : assis, avec canne et chapeau: 1854-1870. Source gallica.bnf.fr / BnF


Confident et Confidente

Personnage généralement subalterne de la tragédie, qui a pour rôle d'écouter les confidences des principaux personnages, afin que les spectateurs soient tenus au courant d'une situation qu'ils n'ont pas vue, ou afin qu'ils apprennent les intentions du héros. La présence d'un confident évite les monologues trop longs et les situations fausses où l'acteur donne l'impression de s'adresser directement au public. Selon l'importance du rôle, cet emploi se décline en « confident » et en « grand confident »

Illustration : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Confident tragique

Arnal a fait son début, dans la carrière théâtrale, par l’emploi des confidents dans un théâtre de société. Il raconte qu’un jour Manlius, en le regardant, lui rit au nez ; c’est ce qui lui révéla sa vocation. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Lecurieux, Jacques-Joseph (1801-188.). Dessinateur. Le confident, vaudeville de Scribe et Mélesville. 1826. Source gallica.bnf.fr / BnF


Coquette et Grande Coquette

Rôle de femme qui cherche à séduire, pour quelque raison que ce soit, sans aimer en retour.

Illustration : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Duègne

Rôle de vieille femme. Le rôle, comme le nom, vient du théâtre espagnol, de dueña (propriétaire). Il s'agissait à l'origine de gouvernantes de bonne maison, dont les auteurs exagéraient le côté comique. Dans le répertoire français, il s'agit de vieilles femmes ou de vieilles filles ridicules. À la période classique, jusqu'à la mort de Molière, cet emploi était tenu par des hommes. Les duègnes comiques sont appelées parfois des « caricatures » ou des « thierrets », du nom de Félicia Thierret. C’est l’anneau qui joint la chaîne de la génération théâtrale passée à la génération théâtrale présente. La tête d'une duègne est un dépôt des archives de galanterie et d’anecdotes d’avant-scène pendant un demi-siècle. C’est un bureau de renseignements où l’on trouve l’art de vérifier les dates en amour. J’ai connu une Duègne qui avait la liste de tous les soupirants de coulisses. Elle savait le chiffre approximatif de la somme mise en circulation pour les soupirs ; elle avait calculé que le ballet de l’Opéra consommait plus de douze mille bouteilles de champagne par mois, et que les amoureuses de l’Ambigu absorbaient par année plus de dix-neuf cents aunes de pâte ferme, et dix mille boisseaux de marrons. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. M. Riga. [Folies-Dramatiques. Jean Mayeux] : [photographie, tirage de démonstration]. 1892. Source gallica.bnf.fr / BnF


Façonnière

Rôle d'une femme prude et précieuse,« femme qui fait des façons ».

Atelier Nadar. Photographe. [Portrait d'actrice non identifiée].1875- 1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Fée

Premier rôle d’un enfant de troupe dramatique. Une fée de la taille de deux tiers de
mètre et quelques millimètres, soit lutin couleur de rose, ange bleu, sylphe noir avec brodequin , cothurne ou soulier en paillettes ; soit qu’elle porte torche lumineuse ou baguette divinatoire , soit qu’elle descende du ciel sur les ailes d’un dragon, ou qu’elle arrive de l’autre monde sur la queue d’une écrevisse ; une fée enfin , suivant les proportions exigibles dans l’opéra , le mélodrame , ou le vaudeville, est portée sur le
budget théâtral aux appointements de 7 fr. 5o c. par mois. Une fée qui se brise un membre ou est tuée sur place se paie à la famille de 60 à 100 fr. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. Mlle Gilberte. Folies-Dramatiques. Patard, Patard et Cie : photographie, tirage de démonstration / Atelier Nadar. 1893. Source gallica.bnf.fr / BnF


Financier

À l'origine, c'est un rôle compris entre les pères nobles et les grimes. Il n'est pas tenu à la dignité des premiers, et ne tombe pas dans le bas comique et la caricature des seconds. C'est un rôle où il faut montrer une bonhomie vive et gaie, pleine de franchise et de rondeur. Cet emploi appartient à la catégorie des rôles « à manteau ».

Atelier Nadar. Photographe. Kelm (chansonnier, acteur). 1900. Source gallica.bnf.fr / BnF


Grime et Ganache

Rôle de vieillard, tombant souvent dans la charge et la caricature. Il exige que l'acteur se donne une apparence cassée, des rides et des cheveux blancs ; en un mot qu'il se grime, d'où le nom. À la différence du barbon, le grime ne convoite pas une jeune fille. Le ganache, qui entre dans l'emploi des grimes, est un vieillard ridicule et burlesque. Le comique, cruel, vient de l'aspect décrépit ou des idées ridicules du personnage.

Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Ingénue ou ingénuité

L'ingénue ou l'ingénuité est une amoureuse, dont le cœur s'ouvre à peine aux émotions et aux accents de la passion, et qui conserve la candeur et l'innocence la plus pure.

Emploi qui disparaît du vocabulaire théâtral, parce que le type disparaît de nos mœurs scéniques. Prenez le répertoire du jour ; l’ingénuité n’est plus sur scène ; elle a passé dans
la salle. Le marchand de bonnets de la rue Saint Denis est plus pudibond que le personnage le
plus timide de la comédie contemporaine. Les pauvres ingénues en verraient de belles, si leur
règne existait encore ; des orgies de sacristie, des saturnales de boudoir, des papes-femmes, des arlequins, des cosaques et des reines, buvant, chantant, trinquant pêle-mêle ; l’inceste en vaudeville, le viol en tableau de genre, l’impuissance conjugale en comédie historique : voilà le résumé de nos richesses littéraires. Bon Dieu, que viendraient faire les ingénues dans une telle galère. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. [Luce. Bouffes]. 1870-1890. Source gallica.bnf.fr / BnF


 Jeune première / Jeune premier

À l'origine, « jeune premier » et « jeune première » désignaient les jeunes « premiers amoureux » et jeunes « premières amoureuses », l'adjectif « jeune » s'appliquant bien sûr à l'âge du personnage, et non à celui de l'acteur ou de l'actrice.

Atelier Nadar. Photographe.Me Samé et M. Gauthier. Folies- Dramatiques. Cliquette : photographie, tirage de démonstration / Atelier Nadar. 1893. Source gallica.bnf.fr / BnF


Marquis

Personnage comique, fat, niais et suffisant, créé par Molière

Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Mère noble

Rôle de femme âgée et de condition élevée, sérieuse et digne.

Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Notable

Notable Il n’y a pas un mélodrame monté avec soin, où les notables d’une ville ne viennent faire leurs soumissions au prince qui combat où qui voyage. MM. les notables oublient souvent de se laver les mains pour cette solennité ; s’il arrive même que l’un des membres de la députation ait besoin d’un mouchoir, il se retourne, place sonnez entre l’index et le doigt major, et attend que le rideau baisse pour terminer son opération sternutatoire. Nous pourrions dire où nous avons été témoins de ce singulier jeu de scène, mais je me tais par respect pour le corps de MM. les notables : après cela, j’espère, n’arrivera plus.
Notaire
Approchez, M. le notaire  Voici les parents, les époux.
Ce refrain est le résumé de l’avant-dernière scène de tous les vaudevilles joués depuis 1792, depuis l’époque de la naissance de l’enfant malin jusqu’à ce jour inclusivement. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. Scipion.Gaîté. Tartarin sur les Alpes.1888. Source gallica.bnf.fr / BnF


Paysan

Rôle subalterne, à accents ou à patois, incarnant un homme simple, crédule, plein de bons sentiments, qui se laisse généralement berner, mais qui est parfois capable de rouerie, se rapprochant alors du rôle du valet. Tout dépend là encore de l'importance du rôle : Sganarelle du Médecin malgré lui est un paysan, mais son emploi est celui d'un premier rôle.

Illustration : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Père noble

Rôle secondaire d'homme mûr qui, sans exclure le comique, requiert de la gravité, de l'onction, un maintien noble, une belle prestance et un ton qui inspire le respect.

Atelier Nadar. Photographe. M. Magnaud. Président du tribunal de Château-Thierry. 1890-1904. Source gallica.bnf.fr / BnF


Porteur de soupe

Petit rôle de domestique, de valet, de garde, tous les personnages sans importance

Atelier Nadar. Photographe. M. Rocher. 1875-1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Premier rôle

Rôle d'une extrême importance, qui exige de celui ou celle qui le remplit, en plus des qualités de comédien proprement dit, l'étoffe, l'ampleur et l'autorité. Les premiers rôles sont d'un caractère sérieux, souvent dramatiques, parfois très pathétiques, et ils ne peuvent être tenus que par des artistes exercés, instruits par l'expérience, et rompus à toutes les difficultés du métier

Atelier Nadar. Photographe. M. Gauthier. Vaudeville. La belle Hélène. 1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Raisonneur

Personnage sérieux, parfois austère, qui discute et qui fait de la morale. Dans le théâtre de Molière, où on le rencontre souvent, il représente le bon sens, tentant de ramener à la raison le personnage extravagant. L'acteur doit avoir un air posé, beaucoup de correction et de dignité, et posséder « un ton de voix naturel et gesticuler le moins possible ». Cet emploi entre dans la catégorie des troisièmes rôles.

Atelier Nadar. Photographe. M. Dacheux. 1875-1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Roi et Princesse

Le roi de tragédie se doit d'être solennel, grave, de posséder une voix tonnante, le geste sobre et majestueux. Dans L'Impromptu de Versailles, Molière se moque de l'apparence physique communément réservée à cet emploi : « Qui ? Ce jeune homme bien fait ? Vous moquez-vous ? Il faut un roi qui soit gros et gras comme quatre ; un roi, morbleu ! qui soit entripaillé comme il faut ; un roi d'une vaste circonférence, et qui puisse remplir un trône de belle manière. » Les princesses se subdivisent en « jeunes princesses », équivalent aux « jeunes premières », et en « grandes princesses », assimilées ensuite aux « jeunes premiers rôles ».

Atelier Nadar. Photographe. A. Reine.1875-1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Atelier Nadar. Photographe. Christian.1900. Source gallica.bnf.fr / BnF


Rôle à corset

Cet emploi, propre à l'opéra-comique, est un rôle de paysanne amoureuse et naïve. Il est désigné ainsi parce qu'il se joue en jupon et en corset.

Atelier Nadar. Photographe. Decroza et Deckernel [i.e. Dekernel. Folies-Dramatiques]. L'oeuf rouge : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. 1890. Source gallica.bnf.fr / BnF


Rôle à livrée

Cette dénomination vient autant du costume porté par l'acteur que du caractère des personnages représentés. Dans cette catégorie, on rangeait toute une classe de rôles appartenant à l'emploi des comiques. Elle se divisait en « petite livrée » et « grande livrée ». Dans le répertoire classique, la « grande livrée » formait la partie la plus importante de l'emploi des premiers comiques. Aussi brillant que difficile, cet emploi était le but de toutes les ambitions des artistes doués sous ce rapport. « Revêtir la grande livrée », c'était prendre possession des premiers grands rôles comiques. Il exigeait de l'intelligence, une grande souplesse de jeu et de physionomie, du mordant, de la vivacité, et, parfois même, de la profondeur. La « petite livrée » entrait dans l'emploi des seconds comiques.

Atelier Nadar. Photographe. M. Dacheux. (Folies-Dramatiques). Cousin-Cousine.1893. Source gallica.bnf.fr / BnF


Rôle à manteau

On désigne par ce terme toute une classe de rôles masculins, comprenant des personnages d'un certain âge et exigeant une certaine représentation, qu'ils soient comiques ou sérieux. Cette appellation, qui recouvre les emplois de premier comique, de financier, de grime et de barbon, vient du manteau qui les caractérisait à l'origine. Voir les descriptions de ces emplois.

Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Rôle travesti

Ce sont des rôles qui représentent des personnages d'hommes joués par des femmes, ou des personnages de femmes joués par des hommes.

Atelier Nadar. Photographe. Mme de Breuil. 1875-1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Second rôle

Selon Arthur Pougin, les seconds rôles forment une catégorie assez mal définie, ne constituant pas un emploi distinct et déterminé. « On les qualifie de "rôles de convenance", faute d'une appellation meilleure et plus précise. Ce sont généralement des rôles sérieux, qui exigent de la tenue et une certaine autorité. » C'est un des rares emplois conservés de nos jours. Mais il reste général et peu précis, désignant essentiellement l'importance du rôle, sans en indiquer le contenu.

Illustration : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Soubrette et Servante

La soubrette est un rôle de femme jeune et comique.

Soubrette : Impertinente, bavarde, effrontée comme une cuisinière qui ne reçoit pas exactement ses gages ; ce type d’une classe servile, portrait de fantaisie plus que copie véritable, est dans la comédie moderne relégué à l’antichambre, d’où les auteurs du grand siècle l’avaient maladroitement tiré. Aujourd’hui Lisette, Marton et Javotte connaissent les secrets du ménage quand elles les devinent, mais la bourgeoise, non plus que la boutiquière ou la marquise, ne consultent leurs domestiques sur leurs affaires, à moins que ce ne soit pour expliquer un rêve ou pour mettre un numéro à la loterie. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Illustrations : Le théâtre illustré. Ambigu-comique. Les personnages des ‘Mystères de Paris’ par M. Ernest Blum, d’après Eugène Sue, d’après nature, par M. Adrien Marie


Traître

C’était l’emploi le plus recherché dans l’ancien répertoire du mélodrame. Ses frais de mémoire se résumaient à-peu-près en ce mot : dissimulons ; des bottes jaunes étaient toujours l’indice d’une âme noire. Le traître devait être exercé à tous les exercices du corps et à tous les arts d’agrément : il devait chanter, danser, tirer l’épée et pincer de la guitare. Convié aux fêtes, il souriait de l’œil gauche en tâtant de la main droite la pointe de son poignard ; s’il acceptait une tasse de thé, c’était pour rendre un vase d’arsenic. Defrêne, est le traitre qui a été le plus renommé pour l’exactitude de ses coups de poignards. Il a égorgé deux cent soixante-seize fois dans un an la malheureuse Adèle Dupuis Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. Jean Périer. Opéra-Comique. La vie de bohème : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. 1901-1902. Source gallica.bnf.fr / BnF


Troisième rôle

Selon Arthur Pougin, les troisièmes rôles forment un emploi masculin difficile, qui réclame beaucoup d'habileté de la part du comédien, qui doit sauver le côté odieux du personnage. Ces rôles regroupent en effet les « traîtres » des mélodrames, et les « tyrans » des drames. « Les bâtards enragés, les impitoyables usuriers, les assassins philosophes, les amants convulsionnaires, les tyrans philanthropes, les bourreaux humanitaires, les méphistophéliques génies méconnus ou incompris, […] voilà les personnages, que [l'acteur] doit caractériser. » Il va alors passer son temps à outrager la morale, à transgresser les lois, à faire des faux témoignages, à dérober des papiers de famille, à persécuter l'innocence, à martyriser la vertu, à tramer des complots odieux, à endosser enfin toutes les astucieuses et lugubres turpitudes des mélos galvaniques et démoniaques.

Agence Rol. Agence photographique (commanditaire). Mme Eleanor Wilson, fille du président, dans le rôle d'Arvia dans le "Sanctuaire" de Mr Percy Mackaye [deux comédiens en costume de théatre].1914. Source gallica.bnf.fr / BnF


Tyran

Avec les traîtres de mélodrame les tyrans ont aussi été frappés de réprobation. La mode a répudié ces personnages qui ont fait frémir le Marais pendant trois générations. Le règne des despotes n’est plus possible sur aucune scène. Le parterre a chanté :
Tyrans descendez au cercueil. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. M. Landrin. [Gaîté. Panurge]. 1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Utilité

Rôle tout à fait subalterne. C'est le premier rang des figurants. On distingue pourtant parfois entre « utilité » et « petite utilité », selon le peu qu'il y a à faire. Ces personnes ont pour rôle d'approcher un fauteuil ou un guéridon, parfois de dire une phrase ou d'annoncer un visiteur. 

Grande utilité ; jouer les utilités ; faire les utilités Petit rôle au théâtre, de domestique, de valet, de garde, tous les personnages sans importance, petit rôle avec responsabilité dans l'action, acteur qui les joue, figurant ; compléter un quadrille

Quand l’utilité n’est pas tout-à-fait inutile, homme ou femme, on la charge des annonces , elle approche au besoin les fauteuils ; ses frais de mémoire se réduisent à ceci :
C’est une lettre, qu’entre vos propres mains ou m’a dit de remettre.
Le souffleur devra veiller à ce que l’utilité ne traduise pas ainsi la phrase :
C’est une remettre ,qu’entre vos propres mains on m’a dit de vous lettre. Chez Doyen cela s’est entendu. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Atelier Nadar. Photographe. Actrice non identifiée. Théatre Historique. "Sainte Russie".1875-1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Valet

Cet emploi appartient à la catégorie plus générale des « rôles à livrée » L'emploi de valet, compte tenu de l'importance et du caractère particulier du rôle, réclame des comédiens expérimentés et rompus à leur métier.

Atelier Nadar. Photographe. Mes Ducouret et Mignot, M. Dacheux. [Gaîté. Le petit Poucet] 1890. Source gallica.bnf.fr / BnF


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