Métiers du théâtre


13 Feb
13Feb

Aboyeur

(Théâtre et Music-hall) Au début de chaque représentation les acteurs étaient prévenus par les aboyeurs qui passaient dans les loges et dans les couloirs, cet emploi était réservé aux jeunes régisseurs, il est maintenant remplacé par une sonnerie ou un réseau d'ordre (haut-parleurs placés dans les loges). Les aboyeurs annonçaient aussi les consignes et le déroulement du spectacle. Appelé aussi : bonisseur et bonimenteur pour le cirque (homme qui fait l'annonce de parade ou quelque autre boniment de foire). L’aboyeur est aussi sur un spectacle de marionnettes la personne qui au fur et à mesure du déroulement de l'action, commente le jeu des poupées à l'attention des spectateurs. Au Music-hall, Il s'agit aussi d'un crieur placé à la porte d'un théâtre ou d'un music-hall incitant les promeneurs et les passants à entrer voir le spectacle. Bonisseur : Celui qui fait l’annonce, le boniment. Argot des saltimbanques. (Dictionnaire de la langue verte. Alfred Delvau. 1883) Aboyeur Crieur public ou particulier qui se tient dans les marchés ou à la porte des théâtres forains. (Dictionnaire de la langue verte. Alfred Delvau. 1883)


Accessoiriste

Personne qui a en charge les accessoires, de la fabrication à la gestion avant pendant et après les spectacles. L'endroit dans un théâtre où sont entreposés les accessoires est appelé "magasin des accessoires". En cas de contestation entre le machiniste et l'accessoiriste sur un objet, si celui-ci était chevillé la charge en revenait au machiniste, s'il était boulonné l'accessoiriste s'en occupé (anciennes pratiques). ‘Cet emploi demande beaucoup d’intuition et d’habilité : les volailles en carton peint doivent être dorées à point, le rosbif, en pain d’épice, pas trop rassis ; le vieux vin, en “jus de chapeau”, inspirer du respect et de la considération. La limonade du champagne ne doit pas être purgative. Le ‘pètement’ du bouchon peut être aidé d’un bruit de coulisse, à la condition qu’il n’arrive pas à contretemps. (Petit dictionnaire humoristique d’argot théâtral. Eugène Joullot.1933)

Garçon d’accessoires : ‘Artiste invisible. Ses rôles sont cependant nombreux, comme vous l’allez voir. L’acteur dit : ” Voici une voiture qui entre dans la cour du château !” Le garçon donne quelques coups de fouet et traîne deux roues de bois derrière la toile de fond. “Vous ne pouvez sortir, il pleut à torrent ...” ou “la grêle rebondit sur les toits,” ou “ la foudre gronde, l’éclair déchire la nue.” Le garçon tourne un cylindre dans lequel il y a des petits cailloux (pluie ou grêle, suivant la rapidité du mouvement) ; il remue la feuille de tôle (tonnerre) et souffle dans un tube des matières résineuses sur une flamme (éclairs). “ Ma mère, vous n’avez plus de fils !” dit le jeune premier en se précipitant dans la coulisse ; aussitôt le garçon tire un coup de pistolet. C’est encore lui qui remue la vaisselle que l’on brise ; qui sonne ou frappe à la porte ; qui fait le chien ; …. ‘ (La langue théâtrale. Alfred Bouchard.1878)

Accessoires (Garçon d’). — Employés chargés de veiller aux objets de détail, nécessaires a
la représentation. En l’absence du régisseur, ils donnent le coup de fouet quand une chaise de poste arrive, ou tirent dans la coulisse le coup de pistolet, quand le criminel repentant annonce au public « qu’il va s’arracher une existence qui n’a plus de charmes, puisqu’elle lui devient odieuse depuis qu’elle est flétrie par l’infamie et troublé par le remords. » Le garçon d’accessoires souffle encore dans un grand tube les matières inflammables coloriées qui donnent une lueur rouge, verte ou bleue, dans les scènes infernales. Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Comédie bourgeoise : Un cordonnier, amateur de théâtre, chaussait le cothurne tous les dimanches. Il s’était brouillé avec le garçon chargé des accessoires. Celui-ci devait pourvoir la scène, au cinquième acte, d’un poignard, et le poser sur l’autel, par une vengeance maligne il y substitua un tranchet ; le prince, dans la chaleur de la déclamation, ne s’en aperçut pas, et voulant se donner la mort à la fin de la pièce, il empoigna, aux yeux des spectateurs, instrument qui lui servait à tailler sa marchandise. Qu’on juge des éclats de rire qu’excita ce dénouement anti-tragique. 

Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835


Chef de claque

Salomon, dit Pigeonneau, chef de claque. “Tient bravos, bis, chut, rires et pleurs, et généralement tout ce qui concerne le succès. (Son bureau chez le marchand de vin.)” D’après Gavarni.


Ouvreuse

Emploi féminin qui consiste à conduire les spectateurs à leurs places, avant et pendant une représentation, et à l'entracte proposer les fameuses gâteries (et dans certains cas assurer le contrôle des billets). Les ouvreuses sont presque uniquement rémunérées par les pourboires des spectateurs. Le prix du travail varie donc en fonction du nombre de spectateurs et de leur générosité. Autrefois les ouvreuses devaient verser à leur direction une caution qui leur était remboursée lorsqu'elles quittaient le théâtre. Cette caution était généralement prêtée par une agence à laquelle elles étaient tenues de verser des intérêts. Pratique presque totalement disparue. ‘L’ouvreuse qui a du métier flaire le client à la mise et à la démarche : elle peut tarifier d’avance son degré de générosité. Elle voit d’un mauvais œil les billets d’auteur et ceux d’administration, surtout quand il n’y a que des dames. À l’entendre, tout est loué ! quand il n’y a quelquefois personne. Ne la croyez pas sur paroles, mais ne discutez pas : Elle est plus forte que vous. Méfiez-vous encore des places gardées par une paire de gants. Ces gants appartiennent à l’ouvreuse et la place au plus offrant.’ 

La langue théâtrale. Alfred Bouchard. 1878

Cerbère préposée à la garde des loges. De l’espèce courante, toujours jappant et prête à lâcher prise pour une meilleure curée. Une ouvreuse qui a vingt ans de service est le répertoire le plus complet des anecdotes de coulisses. C’est l’archiviste des renseignements biographiques et l’almanach infaillible des adresses.

Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Scènes de mœurs.Une ouvreuse de loge. Traviès de Villers, Charles Joseph (dit C. J. Traviès) , Dessinateur-lithographe Aubert (Imprimeur, lithographe, éditeur) , Imprimeur-lithographe Aubert (Imprimeur, lithographe, éditeur) , Editeur Bauger , Editeur En 1841 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Souffleur

Personne chargée de prévenir les oublis des comédiens en leur soufflant leur texte. Installé dans le fameux trou du souffleur, qui tend à disparaître (voir qui a disparu) le souffleur se tient plus souvent en coulisse. Jacques Copeau fut le premier à estimer que les acteurs devaient savoir suffisamment leur rôle et se passer de toute aide.

Si le comédien se croit sans souffleur il perd la mémoire à l’instant et balbutie ; mettez dans le trou un mannequin qui représente un auxiliaire pour la mémoire , l’acteur arrivera au bout de son rôle sans avoir omis une syllabe ; c’est ce que savent tous les vieux loups de coulisses , c’est ce qui fit qu’un jour, à propos du Chien de Montargis, le souffleur de la Gaîté n’ayant pas la brochure, prit la pièce de Vincent de Paule, et fit semblant de suivre chaque acteur sur un livre, dont la vue seule fut un talisman , personne ne se trompa.
Un acteur perdit un jour la mémoire à cet hémistiche :
J’étais alors à Rome ……… Il répéta plusieurs fois.... Et, voyant que le souffleur n’envoyait pas le mot, il lui dit d’une voix forte :
Eh bien, Monsieur, que faisais-je donc à Rome ?
Le souffleur fut tiré de sa distraction par l’apostrophe, et le public applaudit.

Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Le public croit généralement que le souffleur ne souffle que lorsque la mémoire fait défaut au comédien ; c’est une erreur : le souffleur souffle toujours et doit être en avance d’un mot ou deux sur l’acteur. Il envoie le mot et un signe à celui qui attend la réplique. Celui qui ne sait pas ou auquel la mémoire fait faillite prend du souffleur, auquel il fait souvent appel du pied, ou en jouant près de la rampe quand il devrait être au fond.’

La langue théâtrale. Alfred Bouchard. 1878


‘Le théâtre, c'est le souffleur. D’abord, il n'y a que lui qui sait toute la pièce !’

Citations de Jean AnouilhA écouter : Le Trou Du Souffleur de Raymond Devos


‘ Généralement un vieil artiste, qui souffle la pièce et ne la joue jamais ; d’où l’expression “souffler n’est pas jouer”.’

Petit dictionnaire humoristique d’argot théâtral. Eugène Joullot.1933


Souffle-douleur : Surnom donné au souffleur, quand les comédiens les sollicitaient exagérément. 

Prendre du souffleur : Quand un comédien s'approche de la rampe afin que le souffleur lui dise son texte (vielle pratique). 

Capot : Nom donné à la boîte du souffleur.

A écouter : Le Trou Du Souffleur de Raymond Devos

A voir : Le Souffleur. Film Guillaume Pixie. 2003

On raconte que l’emplacement du trou du souffleur du Théâtre de la Ville correspond à l’endroit où Gérard de Nerval a jadis mis fin à ses jours. Dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 janvier 1855, Paris est sous la neige et Gérard s’est pendu dans une petite rue de la rive droite, à quelques pas de la Seine et de la place du Châtelet, la rue de la Vieille-Lanterne, que les travaux d’Haussmann recouvriront bientôt : en superposant les anciens et les nouveaux plans de la ville, on découvre que le gibet de fortune du poète tombe dans le trou du souffleur du Théâtre de la ville. Celui que les puissances symboliques poursuivent ainsi au-delà de la vie terrestre avait aimé le théâtre, avait fondé une revue de théâtre, écrit pour le théâtre, et sa légende s’est construite à partir de la passion qu’on lui a attribuée pour une actrice, Jenny Colon, morte en 1842.


13Feb
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