Un peu d'histoire


13 Feb
13Feb

Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

1 / Une représentation chez les anciens Grecs.

Une représentation chez les anciens Grecs. La poésie dramatique en Grèce prit naissance à l’époque des guerres médiques. Les principaux poètes sont Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane (les trois premiers pour la tragédie, le dernier pour la comédie). Les représentations commençaient le matin et duraient la journée entière ; elles avaient lieu à ciel ouvert dans des théâtres de grandeur considérable. Les changements de scène tels qu’on les voir de nos jours étaient alors inconnus. Les acteurs ne jouaient que la figure garnie d’un masque, dans le genre de celui reproduit à la partie supérieure de la vignette ; en outre, pour paraître plus grands, ils portaient aussi des chaussures à semelle épaisses qu’on appelait cothurnes.


Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

2 / Mystère Moyen âge

Le moyen âge n’avait pas de théâtre à proprement parler comme l’antiquité. On représentait souvent les pièces appelées ‘Mystères’, de caractère religieux, sur les places publiques, dans les cours appropriées, etc. La scène était une construction en bois à 3 étages (l’Enfer, la Terre et le Ciel). Les acteurs n’étaient généralement pas des gens du métier, mais de bons bourgeois et des artisans. Les représentations duraient au moins toute la journée et souvent même elles se prolongeaient pendant des semaines entières et provoquaient toujours une affluence énorme de spectateurs. A cette époque les coulisses n’existaient pas encore et on se servait que de quelques décors mobiles. En dehors des ‘Mystères’, il y avait aussi les farces de carnaval que l’on désignait sous le nom de comédies scolaires.


Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

3 / Le premier théâtre de Shakespeare

Sous l’influence des ‘Mystères’ et des spectacles allégoriques ou symboliques, il se développa en Angleterre une littérature dramatique dont les productions furent représentées dans des locaux appropriés, par des troupes composées pour la plupart de gens de mauvaise réputation. Le premier théâtre de ce genre date de l’année 1576 et fut ouvert dans un local dépendant d’un couvent de Dominicains. Shakespeare aussi y représentait ses drames, en y remplissant lui-même un rôle. En 1595, sa troupe ouvrit le ‘Globe Théâtre’ dans Bankside comme première scène de Shakespeare. Ce théâtre était formé d’une avant-scène précédent la scène proprement dite. Celle-ci était surélevée de quelques marches garnie d’un balcon et fermée par un rideau ; pour le reste il n’y avait que quelques décors mobiles. La désignation du lieu où se passait l’action, tel que forêt, place publique, etc., était inscrite sur un tableau noir. Les rôles féminins étaient remplis par des hommes. Shakespeare vécut de 1564 à 1616.


Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

4 / Le théâtre français sous Louis XIV

Le théâtre français tire également son origine des anciens ‘Mystères’ et des jeux de la Passion. C’est sous Louis XIV qu’il se développa et que Corneille, Racine et Molière le portèrent à sa plus grande splendeur. Bien qu’à cette époque il existait déjà des salles de théâtre pouvant contenir jusqu’à 3 000 spectateurs, avec, de plus un corps de ballet et pourvus d’aménagements mécaniques, les poètes que nous venons de citer préférèrent néanmoins faire jouer leurs œuvres devant la cour ou dans des salons privés en présence d’un auditoire d’élite. Le plus important de ces trois poètes était Molière : c’est lui qui, avec sa troupe, en 1689, forma et fonda ainsi le célèbre ‘Théâtre Français’.


Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

5 / La passion à Oberammergau

Dans l’une des plus belles vallées de l’Oberland bavarois, dans le village d’Oberammergau, ont lieu tous les dix ans des représentations de la Passion universellement renommées. Elles sont données par des paysans du village avec accompagnement d’une musique composée par un de leurs anciens instituteurs et organistes (Dedler, mort en 1822), sur une scène en plein air qui représente une rue de Jérusalem. Devant cette scène s’étend en amphithéâtre la vaste salle pour les spectateurs. Aux représentations participent environ 550 personnes exclusivement prises parmi les gens de l’endroit. Les représentations ont lieu le dimanche et le lundi et durent environ 9 heures.


Histoire du théâtre par l'image. Compagnie Liebig.

6 / Le théâtre moderne

Alors que le théâtre était autrefois et jusqu’au 18e siècle, un divertissement réservé surtout à la haute société, le développement progressif du goût public conduisit à partir de cette époque à la reconstruction de salles de spectacle plus spacieuses et contribua pour beaucoup à la formation de véritables artistes de carrière. De nos jours il existe partout un nombre infini de théâtres qui sont en général, et surtout ceux destinés à la représentation d’opéras, des constructions somptueuses, de décoration très artistique. Après de nombreux tâtonnements, la forme adoptée pour la construction de la salle fit le cercle, tronqué par l’avant-scène et le rideau, considéré plus favorable encore que l’ellipse à la circulation du son et à la bonne distribution de l’intérieur.


1791 - Un décret républicain

13 janvier 1791
Un décret républicain supprime le monopole et les privilèges des grands théâtres nationaux. Loi de libéralisation des théâtres le 13 janvier 1791, jusqu’au décret du 29 juillet 1807 limitant à huit le nombre de théâtres dans la capitale. Article 1er : Tout citoyen pourra élever un théâtre public et y faire représenter des pièces de tous les genres, en faisant, préalablement à l’établissement de son théâtre, sa déclaration à la municipalité des lieux. Article 2. Les ouvrages des auteurs morts depuis cinq ans et plus sont une propriété publique et peuvent, nonobstant tous anciens privilèges, qui sont abolis, être représentés sur tous les théâtres indistinctement. Article 3. Les ouvrages des auteurs vivants ne pourront être représentés sur aucun théâtre public sans le consentement formel et écrit des auteurs, sous peine de confiscation du produit total des représentations au profit de l’auteur. Article 4. Les entrepreneurs ou les membres des différents théâtres seront, à raison de leur état, sous l’inspection des municipalités. Il ne recevront d’ordres que des officiers municipaux, qui ne pourront pas arrêter ni défendre la représentation d’une pièce, sauf la responsabilité des auteurs et des comédiens, et qui ne pourront rie enjoindre que conformément aux lois et aux règlements de police….»


1807 - Le décret Impérial

1807 : 27 juillet : (Le 10 thermidor an XV), Napoléon signe un décret réduisant le nombre de théâtres de Paris à huit, et donnant force de loi à un arrêté du ministre de l'intérieur du 25 avril de la même année (au moins 25 théâtres sont fermés, des règles strictes et restrictives pour les survivants) A Paris les huit salles sont : Les grands théâtres : Le Théâtre Français (Théâtre de S.M. l'Empereur), consacré à la tragédie et à la comédie, Le Théâtre de l'Impératrice, considéré comme une annexe du précédent Le Théâtre de l'Opéra (Académie impériale de Musique), consacré au chant et à la danse Le Théâtre de l'Opéra-Comique, destiné aux « comédies ou drames mêlés de couplets, d'ariettes et de morceaux d'ensemble » Les théâtres secondaires : Le Théâtre du Vaudeville, dédié aux « petites pièces mêlées de couplets sur des airs connus », Le Théâtre des Variétés, dont le répertoire est composé de « petites pièces dans le genre grivois poissard ou villageois », Le Théâtre de la Porte Saint-Martin, destiné aux mélodrames et aux pièces à grand spectacle, Le Théâtre de la Gaîté, dévolu aux « pantomimes de tous genres, mais sans ballets, aux arlequinades et autres farces, dans le goût de celles données autrefois par Nicolet ». Tous les théâtres non autorisés sont fermés avant le 15 août. En province, la situation est également réglementée, arrondissement par arrondissement. Ainsi, les villes qui peuvent avoir jusqu'à deux théâtres sont Lyon, Bordeaux, Marseille Nantes et Turin. Par contre Rouen, Brest, Bruxelles, Toulouse, Montpellier, Nice, Gênes, Alexandrie, Gand, Anvers, Lille, Dunkerque, Metz et Strasbourg ne peuvent avoir qu'une seule troupe « stationnaire » (permanente). Les 25 théâtres parisiens condamnés à disparaître : Nouveaux-Troubadours (Délassements Comiques) / ….


Droit des pauvres

Le droit des pauvres ou droit des indigents était en France un impôt prélevé sur les recettes des spectacles en faveur de l'Assistance Publique. ‘ Ce droit remonte aux origines de notre théâtre. Un arrêt du 10 décembre 1541 ordonne aux entrepreneurs du “jeu du Vieux Testament de donner mille livres aux pauvres, après avoir vu l’état de leurs frais et gain” Un autre arrêt de François 1er porte que “Les théâtres bailleront aux pauvres mille livres tournois, sauf à ordonner plus grande somme” Cet impôt prélevé sur le plaisir est, malgré la guerre à outrance que lui font MM. les directeurs, le plus juste et le plus humain qu’on puisse établir. Né, en principe, des deux arrêts ci-dessus indiqués, il fut régularisé par Louis XIV dans l’ordonnance du 25 février 1699, pour la levée, en faveur de l’Hôpital Général, du sixième en sus de ce qui se reçoit aux entrées des opéras et comédies. Ce droit fut aboli le 6 août 1789, et devait être remplacé par des représentations au profit des hospices, représentations qui n’eurent jamais lieu, ce qui motiva l’arrêté en date du 11 nivôse an IV. “ art. 1er. Tous les entrepreneurs ou sociétaires de tous les théâtres de Paris et des départements sont invité à donner tous les mois, à dater de cette époque, une représentation au profil des pauvres, dont le produit, déduction faite des frais journaliers et de la part de l’auteur, sera versé dans les caisses désignées....... Cet arrêté n’eut aucun effet fructueux ; Les représentations données couvrirent rarement les frais, du moins les directeurs le dirent, et une loi du 7 frimaire an V rétablit le droit d’un décime par franc, en sus du prix de chaque billet. Depuis cette époque, ces droits font partie du budget, et sont entièrement perçus par les hospices, tant à Paris qu’en province.’ (La langue théâtrale. Alfred Bouchard. 1878)

"Le directeur de la Porte-Saint-Martin force les re-ceveurs du droit des pauvres à avaler six litres des poisons superfins de Lucrèce Borgia" Inconnu , Graveur Le Journal amusant , Editeur En 1870 Maison de Victor Hugo - Hauteville House


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