Salon des cent

Tout au long de l’année, des expositions temporaires s’y succèdent, généralement toutes les deux à trois semaines. Chacune met en avant un artiste, un groupe d’artistes ou un univers graphique, renouvelant sans cesse les œuvres présentées et le regard proposé au public.

À la fin du 19e siècle, ce fonctionnement en fait un espace unique : ni salon officiel, ni simple galerie, mais déjà une forme moderne de programmation artistique.

1894 : Fondation du Salon des Cent à Paris par la revue La Plume, dirigée par Léon Deschamps. Installé au 31 rue Bonaparte, le salon s’inscrit d’emblée comme un lieu d’exposition indépendant, en marge des circuits académiques.

Affiche d'Henri-Gabriel Ibels pour le 1er salon (1894) Wikimedia Commos

À partir de décembre 1894, les expositions s’y succèdent sans interruption. Contrairement aux salons officiels, il ne s’agit pas d’un événement annuel, mais d’un espace vivant où les expositions temporaires se renouvellent tout au long de l’année.

1895–1896 : Le rythme s’installe et le Salon des Cent devient un lieu actif de diffusion artistique, mêlant affiches, estampes, peintures et arts décoratifs.

1897 : Période la mieux documentée, marquée notamment par les XXVe et XXVIe expositions, témoignant d’une activité soutenue et d’une reconnaissance croissante.

Salon des Cent. XXVIIᵉ exposition d’ensemble, 1er–20 avril 1897, 31 rue Bonaparte, Paris. Affiche de Théophile Alexandre Steinlen. Source : BnF / Gallica.

1898–1899 : Apogée du salon, avec une succession d’expositions et une forte production d’affiches artistiques, qui participent à la diffusion de l’Art nouveau.

1900 : Disparition progressive du Salon des Cent avec l’arrêt de la revue La Plume.

Bouisset, Firmin-Etienne, [Salon des Cent. Mars-avril 1899], 1899. Cariatide, bibliothèque numérique de l'INHA, NUM

Note : Les affiches du Salon des Cent, réalisées en lithographie, dépassent rapidement leur simple fonction d’annonce pour devenir de véritables œuvres. Tirées en nombre limité, elles sont souvent signées, voire dédicacées par les artistes à l’occasion des expositions. Vendues directement au public, elles attirent un nombre croissant d’amateurs et participent à faire de l’affiche un objet de collection à part entière.

À partir de la fin de 1900, ou au début de l’année 1901, des cartes postales reproduisant certaines œuvres, probablement issues des expositions, sont diffusées sous l’appellation « Collection des Cent ». Présentées en pochettes par une société spécialisée, elles prolongent la diffusion de ces images auprès d’un public élargi. Il reste toutefois difficile d’établir précisément les liens entre ces publications et la revue La Plume, reprise successivement par Paul Ferniot et Paul Redonnel, puis par Karl Boès.