
Salons du cycle : de l’origine à nos jours En quelques décennies, la bicyclette passe d’un objet de curiosité mécanique à un marché structuré. Les salons du cycle accompagnent cette évolution : lieux de démonstration, de commerce et d’innovation, ils connaissent un âge d’or avant d’être concurrencés par l’automobile, puis de renaître aujourd’hui dans un contexte de mobilité durable.

Section consacrée aux bicyclettes lors d’une exposition industrielle à Moscou, vers les années 1880 : le cycle y apparaît encore comme une innovation technique, avant l’émergence des salons spécialisés.
1890 : Premiers salons spécialisés du cycle à Londres.
La Stanley Show de 1890 au Crystal Palace marque l’une des premières grandes expositions spécialisées consacrées au cycle, encore héritières des expositions industrielles.

Texte original : « Vue intérieure du Palais de Cristal à Londres pendant la Stanley Show de 1890 »
1891 : Premières manifestations dédiées au cycle à Paris
Premières initiatives et rencontres autour du cycle, préfigurant l’organisation de salons spécialisés au début des années 1890.

Février 1892 : Bruxelles.
Exposition du sport vélocipédique, Salle Veydt (avenue Louise), du 13 au 29 février 1892, organisée par l’Union et Vélocé Club Bruxellois.

Mai–juillet 1892 : Paris.
Première exposition de vélocipédie, Champ-de-Mars (Palais des Machines) : présentation civile et militaire des usages du cycle.
1894 : Naissance du Salon du Cycle moderne à Paris.
Premières organisations structurées et régulières, avec plusieurs manifestations dans l’année.

Janvier 1894 : Exposition internationale de vélocipédie.
Paris, Salle Wagram, du 10 au 21 janvier 1894 : premier grand rendez-vous structuré dédié au cycle, réunissant fabricants, innovations et usages civils et militaires.

Octobre 1894 : Deuxième Salon du Cycle. Palais de l’Industrie.
Paris, Palais de l’Industrie : confirmation du succès du modèle, avec une organisation déjà installée et un public élargi.

2ᵉ Salon du Cycle, Palais de l’Industrie, Paris, 1894.
Modèles expérimentaux et vélocipèdes atypiques illustrant les débuts encore inventifs et spectaculaires des salons du cycle.
1895 : Salons mixtes cycle et automobile.
Le cycle domine encore mais partage déjà l’espace avec les premières automobiles.

Le troisième Salon du cycle de Paris, en décembre 1895 au Palais de l'Industrie

Salon du cycle de New York au Madison Square Garden, vers 1895 : stands de grandes marques comme Remington ou Spalding illustrant l’essor d’un marché déjà structuré.
1896–1899 : Développement du Salon du Cycle de Paris.
Fréquentation en forte hausse et multiplication des constructeurs.

Salon du Cycle, Bruxelles, Pôle Nord, 13–21 mars 1897 : exposition organisée par l’Union vélocipédique bruxelloise, dédiée à la présentation des cycles et de leurs usages.

Salon du cycle, Paris, 1898.
Vue d’ensemble d’un salon déjà structuré, où les fabricants rivalisent de décors, d’enseignes et de mises en scène pour attirer le public, annonçant l’émergence des stands modernes et de la communication de marque.
1901 : Installation au Grand Palais (Paris).
Le Salon du Cycle gagne en prestige et en visibilité.

Stand Clément, Salon de l’automobile, du cycle et des sports, Paris, 1901 : du vélo à l’automobile, une industrie en mutation.

Stand de cycles « Gladiator » au Salon du cycle, Grand Palais (Paris), vers 1901–1903.
1904–1907 : Essor maximal du Salon du Cycle.
Le salon devient la vitrine principale d’un marché en pleine expansion.

Motor Cycle Show, Olympia, Londres, vers 1905–1910.
Grand hall d’exposition organisé en stands de marques (Rover, BSA, Premier…), illustrant la structuration commerciale du marché du cycle et l’essor des salons modernes.
1908–1910 : Diversification des usages.
Les salons présentent cycles utilitaires, sportifs et féminins.
1910–1913 : Salons mixtes dominés progressivement par l’automobile.
Le cycle perd progressivement sa centralité.
1914 : Suspension des salons.
Arrêt lié à la Première Guerre mondiale.
1919–1921 : Reprise du Salon du Cycle de Paris.
Relance du secteur et retour des fabricants.
1922–1925 : Succès des salons du cycle.
Le vélo s’impose comme moyen de transport du quotidien.
1925–1929 : Structuration du marché.
Segmentation des modèles et présence accrue des marques.

Rétrospective du Salon du cycle et motocycle, Grand Palais, Paris, 1928.
Présentation scénographiée de bicyclettes anciennes, organisée en parcours avec cordons et mannequins, témoignant de l’évolution du cycle et de la transformation des salons en lieux de mémoire technique. Source : gallica.bnf.fr
1930–1933 : Apparition des cycles motorisés.
Les salons intègrent de nouvelles formes de mobilité.
1932–1934 : Salons mixtes cycle, moto et automobile.
Le cycle perd en visibilité face aux motorisations.
1935–1937 : Recul relatif du cycle.
Montée en puissance de l’automobile et de la moto.

Dans ce numéro spécial de Cyclo-Sport consacré au Salon du Cycle 1937, le ton est celui d’une visite vivante et un peu ironique : d’abord réticent, l’auteur découvre un salon où la bicyclette n’est plus seulement une machine, mais un objet de modernité, de spectacle et de désir. Source : presse spécialisée d’époque
1938–1939 : Derniers salons avant- guerre.
Marché actif mais en mutation.
1939 : Suspension des salons.
Arrêt lié à la Seconde Guerre mondiale.
1945–1955 : Reprise progressive.
Les salons existent mais restent secondaires face à l’automobile.
1955–1970 : Déclin relatif des salons du cycle.
Perte d’importance dans le paysage industriel.
1970–1980 : Renouveau partiel.
Retour du vélo de loisir et du sport.
1980–1990 : Renaissance du marché.
Développement du VTT et regain d’intérêt pour les salons.
1991 : Création de Eurobike.
Le salon devient la référence mondiale du secteur.
2000–2010 : Structuration internationale.
Multiplication des salons professionnels spécialisés.

2010–2020 : Explosion du vélo urbain et électrique.
Les salons deviennent des vitrines majeures de la mobilité durable.
2020–aujourd’hui : Nouvelle génération de salons du cycle.
Événements hybrides, internationaux, au cœur des enjeux écologiques et urbains.