01 Jan
01Jan

Coin du Roi. Coin de la Reine

Lorsqu’en 1752 une troupe de chanteurs bouffes italiens vint faire connaître à l’Opéra quelques-uns des jolis chefs-d’œuvre de l’école musicale italienne, l’apparition et l’exécution de ces ouvrages donnèrent lieu à des disputes passionnées, et le public se partagea en deux camps, dont l’un tenait pour la, musique française, l’autre pour la musique italienne.  Les amateurs de la première se tenaient du côté de la salle où se trouvait la loge du roi, d’où le nom de coin du roi, tandis que leurs adversaires se cantonnaient au côté opposé, au-dessous de la loge de la reine, d’où celui de coin de la reine, et la polémique ardente soutenue à ce sujet dans les journaux et dans nombre de pamphlets prit le nom de guerre des coins.  

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Représentation au théâtre du Palais Royal, gravure, XVIIe siècle.


Coin infernal

‘La province a seule le privilège du coin infernal ; c’est ordinairement l’avant-scène de gauche ou le corridor de la première galerie, que choisissent les abonnés pour venir siffler, applaudir, jeter les couronnes, les gros sous, les billets aux directeurs, les allocutions aux régisseurs. Aux jours de début, le coin infernal est encombré. Le bataillon des juges abonnés est compact, impénétrable, silencieux. Si le coin hoche la tête, le débutant à la chair de poule. Le débutant pâlit et chancelle si le coin fait la grimace en avançant la lèvre inférieure. Si le coin approuve, le débutant se rengorge, s’il siffle, le débutant tombe. Infernal coin ! On a établi ce coin pour faire pendant au coin son vis-à-vis, où se tient l’éloquence isolée de la loi, l’éloquence officielle qui prend des arrêts dans son écharpe et les jette sur la tête des rebelles. Le coin de la loi avait trop beau jeu pour l’exercer à la parole ; personne ne lui disputait le terrain ; ses arguments étaient sans réplique, le coin de la loi avait toujours raison. Comme il est dans la nature du public de faire de l’opposition à la loi (en nature de théâtre bien entendu), chaque théâtre de province eut son club dans le coin opposé au coin de la loi.’ 

(Les secrets des coulisses. Joachim Duflot. 1865.)

Doré, Gustave (1832-1883). Dessinateur du modèle. Le théâtre était assiégé par une foule idolâtre : 1857. Source gallica.bnf.fr / BnF


Comédiens du Roi

C'est le titre officiel que portaient les acteurs de la troupe de Molière, devenue en 1680, quelques années après la mort du maître, la Comédie-Française, par suite de sa jonction avec celle de l’hôtel de Bourgogne. Plus tard, les acteurs de la Comédie-Italienne, lorsque, ainsi que ceux de la Comédie-Française, ils eurent été subventionnés par le souverain, reçurent et prirent aussi ce titre de ‘comédiens du roi’, qui d'ailleurs n'était pas purement honorifique. On peut dire, en effet, que les comédiens de ces deux théâtres étaient réellement au service du  roi, car non seulement ils allaient souvent jouer à la cour lorsque le prince était à Paris, mais ils étaient fréquemment appelés auprès de lui dans les résidences d'été, soit à Versailles, soit à Fontainebleau, soit à Chambord, et c'était même la plupart du temps à la cour qu'avaient lieu les premières représentations d'ouvrages importants, ouvrages dont le public parisien n'avait que très rarement la primeur.

Atelier Nadar. M. Dehelly (Comédie-Française). 1875- 1895. Source gallica.bnf.fr / BnF

Ce titre de Comédiens du Roi ne fut jamais donné aux chanteurs de l’Opéra, théâtre subventionné pourtant sur la cassette, comme l’étaient la Comédie-Française et la Comédie- Italienne ; mais on doit remarquer que l’Opéra s’appelait officiellement l’Académie royale de musique. On sait que lorsque, à deux reprises, l’empire fut établi en France, les ‘comédiens ordinaires du roi’ devinrent les ‘comédiens ordinaires de l’empereur’. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Théâtre Français. Les Comédiens Ordinaires du Roi donneront aujourd'hui jeudi 7 février 1822, la 18e. représentation de SYLLA. Tragédie nouvelle en cinq actes, de M. Jouy, suivie de CRISPIN RIVAL DE SON MAITRE. Comédie en un acte et en prose, de... Ballard, Christophe-Jean-François, Imprimeur En 1822. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.