04 Feb
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Entrée des artistes

On comprend que le personnel scénique d’un théâtre ne puisse y pénétrer de la même façon que le public ; le service de la salle et celui de la scène étant naturellement, forcément et complètement séparés, les spectateurs se répandent dans la première par la grande entrée, tandis qu’une entrée particulière est réservée à tous ceux qui ont affaire au théâtre proprement dit ou dans ses dépendances.  C’est cette dernière qui reçoit le nom d’entrée des artistes, expression impropre ou tout au moins incomplète, puisque cette entrée sert non seulement aux comédiens, aux artistes de la danse, de l’orchestre, des chœurs, mais aussi aux employés, aux machinistes, aux ouvriers, enfin à tout le personnel scénique. C’est donc entrée du personnel de la scène qu’il faudrait dire. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Entrée des artistes du théâtre Hébertot, 2 rue de Chéroy, Paris 17e. 2010


Ancien magasin de décors de l'Opéra Paris

Photographié en 1913, ce magasin de décors de l’Opéra servait au stockage, à l’entretien et à la rotation rapide des éléments scéniques nécessaires aux spectacles lyriques. Situé hors du bâtiment principal, il illustre l’organisation industrielle du théâtre à cette époque, où décors monumentaux, machineries et accessoires formaient une véritable logistique urbaine au service du spectacle. À l’époque, certains décors de l’Opéra étaient si vastes qu’ils ne pouvaient être montés qu’une seule fois. Après la dernière représentation, ils étaient démontés, roulés ou découpés, puis stockés ici en attente d’un éventuel retour… qui n’arrivait parfois jamais. Beaucoup de chefs-d’œuvre éphémères du théâtre ont ainsi disparu dans l’ombre de ces magasins.

Ancien magasin de décors de l'Opéra, boulevard Saint-Martin, 10ème arrondissement, Paris. Anonyme , Photographe. En 1913. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.


Café de l'Opéra

Ce café, situé boulevard Saint-Martin, à proximité immédiate des théâtres du boulevard, appartient à cette constellation de cafés-spectacles qui structurent la vie théâtrale parisienne à la fin du XVIIIᵉ siècle. Autour de 1790, ces établissements sont des lieux essentiels de sociabilité : on y vient avant et après la représentation, on y discute des pièces, des acteurs, des scandales et de la politique. Le dessin montre un espace à ciel ouvert, animé, où se mêlent promeneurs, enfants, musiciens improvisés et badauds. La présence d’un jeu d’équilibre et de musique suggère que le café ne se limite pas à la consommation, mais accueille aussi de petites attractions populaires, entre divertissement de rue et spectacle spontané. Ces cafés servent de sas entre la rue et le théâtre : on y recrute parfois des figurants, on y échange des informations sur les programmes, on y prolonge le spectacle autrement. Ils participent pleinement à l’écosystème du Boulevard du Crime, où le théâtre déborde constamment hors des salles. À la veille de la Révolution, ces lieux deviennent également des espaces de parole libre. Le café près du théâtre est alors autant un lieu de loisir qu’un observatoire du public, où se croisent artistes, spectateurs et curieux, dans un Paris où le spectacle est partout, jusque dans la rue.

Boulevard St Martin, café́ près du Théâtre : dessin non identifié. 1790. Source gallica.bnf.fr / BnF


Café des Artistes

Le café des artistes, situé rue Bouchardon dans le 10ᵉ arrondissement, fait partie de ces établissements parisiens où se mêlaient vie quotidienne et monde du spectacle dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. On y voit des habitués attablés en façade, discutant, fumant ou observant la rue, dans une atmosphère à la fois familière et bohème. Ces cafés, souvent proches des théâtres et ateliers, servaient de lieux de rencontre pour comédiens, peintres, décorateurs et artisans du spectacle, prolongeant hors scène les échanges, les projets et les sociabilités artistiques du Paris populaire.

Le café des artistes, rue Bouchardon, 10ème arrondissement, Paris. Planchet , Photographe. 2e moitié du 19e siècle. Musée Carnavalet.


Café du Théâtre du Palais-Royal - La Pissotte

La Pissotte, café situé à proximité immédiate du Théâtre du Palais-Royal, faisait partie de ces établissements indissociables de la vie théâtrale parisienne. Après les représentations, comédiens, auteurs, journalistes et curieux s’y retrouvaient pour commenter les succès, régler des comptes ou refaire le spectacle autour d’un verre. Ce dessin restitue l’atmosphère animée et parfois brouillonne de ces cafés de théâtre, véritables prolongements des coulisses, où se fabriquait aussi la réputation des artistes et des pièces.

Lhéritier (1809-1885). Dessinateur. La Pissotte : café du Théâtre du Palais-Royal : dessin / de Lhéritier]. 18... Source gallica.bnf.fr / BnF


Kiosque de marchand de journaux

Colonnes Morris

Dès 1839, le préfet de police Gabriel Delessert autorise l’installation des « colonnes moresques », supports d’affiches à l’extérieur et urinoirs à l’intérieur. Les colonnes sont améliorées au fil du temps mais pas assez pour faire taire les criques quant à cette double fonction. Un concours est lancé pour trouver un nouveau support : une colonne exclusivement réservée à l’affichage des programmes de théâtre. Gabriel Morris, imprimeur spécialisé dans la publicité des spectacles parisiens, propose d’implanter dans la capitale des colonnes ayant déjà fait leur apparition à Berlin en 1855. Et en 1868, Morris remporte le marché. Le baron Haussmann concède ainsi à l’entreprise « Typographie Morris père et fils » le monopole des colonnes d’affichage encollé suivant des durées allant de neuf à douze ans, l’entreprise s’engageant à couvrir tous les frais de construction des supports et d’affichage. Les « colonnes urinoirs », elles, seront démolies en 1877 et remplacées par les vespasiennes. Au milieu des années 1870, ce sont 451 colonnes cylindriques qui seront mises en service à Paris. De couleur verte, elles se fondent dans le paysage parisien avec leur silhouette cylindrique, leur marquise hexagonale et leur si caractéristique dôme bombé.

Kiosque de marchand de journaux, place du Théâtre Français, 1er arrondissement, Paris. Entre 1858 et 1878 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Place de l'Opéra - Fête de la Mi-Carême

Lors de la fête de la Mi-Carême de 1889, la place de l’Opéra devient le théâtre d’un immense défilé populaire. Cavaliers costumés, chars décorés et foules compactes envahissent l’espace, mêlant spectacle organisé et participation spontanée. Cette célébration, à la fois carnavalesque et urbaine, transforme le cœur de Paris en scène à ciel ouvert, où la ville elle-même devient décor. Le dessin d’Arcot restitue l’effervescence de ces fêtes parisiennes de la fin du XIXᵉ siècle, où tradition, fête et représentation publique se confondent.

Fête de la Mi-Carême sur la place de l'Opéra Arcot , Dessinateur. En 1889. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.


La Sortie des Artistes

À la sortie d’un café-concert parisien, le public se presse encore sous les réverbères. Artistes, spectateurs et petites vendeuses ambulantes se croisent dans cette zone floue entre scène et rue. Forain saisit ici l’envers populaire du spectacle : un monde nocturne fait de curiosité, de fatigue, de regards appuyés et de modestes échanges, où le théâtre déborde largement de ses murs pour se mêler à la vie quotidienne.

Le Café́-concert... / illustration de J.-L. Forain ; gravée sur bois par Florian et imprimée en chromotypographie. 189.. Forain, Jean-Louis (1852-1931). Illustrateur. Source gallica.bnf.fr / BnF

A la sortie des Artistes


Théâtre des jeunes artistes

Cette scène animée montre l’effervescence populaire autour du Théâtre des Jeunes Artistes, à la toute fin du XVIIIᵉ siècle. Artistes, familles, vendeuses ambulantes et curieux se mêlent dans la rue, transformée en véritable prolongement du spectacle. Le théâtre ne se limite pas à la salle : il déborde sur l’espace public, où se croisent apprentis comédiens, musiciens, marchands et spectateurs de tous âges. L’illustration témoigne d’un moment où le théâtre est un art vivant, accessible, profondément inscrit dans la vie quotidienne parisienne, et où la rue devient elle-même une scène.

Tableau de Paris. Théâtre des jeunes artistes. Opiz ou Opitz, George Emmanuel , Dessinateur Avant 1807 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


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