Vers 1900–1930 : le bal demeure l’un des grands théâtres sociaux de la jeunesse bourgeoise. Les jeunes filles de « bonne famille » y paraissent sous l’œil attentif des mères et des tantes, dans l’espoir discret, mais bien réel, d’y rencontrer un futur époux. La bienséance est précise : ne pas accorder plus de trois danses au même cavalier, sous peine de faire naître des commentaires. Dans cet univers réglé comme une chorégraphie, le moindre pas compte.

Pour encadrer ces rencontres existe le carnet de bal. Les premiers modèles ne sont guère luxueux : une simple feuille pliée en deux, imprimée en série pour les bals de nuit ou de matinée organisés par les « sociétés ». Le terme désigne alors des amicales, des sociétés mutualistes, des associations professionnelles ou régionales, qui structurent la vie sociale des villes et des quartiers. Sur le carnet figurent, soigneusement numérotées, les 30 ou 40 danses prévues au programme : valses, polkas, quadrilles, parfois un cotillon final. En face de chaque numéro, on inscrit le nom du danseur retenu.

Distribué à l’entrée ou joint à l’invitation, le carnet de bal devient un petit objet intime, à la fois agenda mondain et baromètre sentimental. On en trouve encore jusque dans les années 1930, avant que les mœurs évoluent et que les usages se fassent moins stricts. Il reste aujourd’hui le témoin délicat d’une époque où l’amour se notait au crayon, entre deux valses, sous la surveillance attentive des convenances.


Habit de bal. Source gallica.bnf.fr / BnF. A Paris chez J. Mariette rue St Jacques aux Colonnes d’Hercules avec Privil. Du Roy.’
"Un souper à la Maison d'Or après le bal" est une œuvre emblématique du peintre français Jean-Louis Hamon, réalisée en 1853. Ce tableau capture une scène de la vie parisienne mondaine sous le Second Empire, se déroulant dans le prestigieux restaurant de la Maison d'Or. Le Second Empire (1852-1870) est marquée par un essor économique et une effervescence culturelle à Paris. La vie nocturne parisienne bat son plein, avec des bals, des théâtres et des restaurants de luxe. La Maison d'Or, Restaurant qui était un lieu de rendez-vous prisé de l'élite parisienne, célèbre pour sa cuisine raffinée et son ambiance élégante. Il symbolisait le luxe et les plaisirs de la vie mondaine.

Études de Mœurs en actions. Un souper à la maison d'or, après le bal. 1853. Dessiné par GAVARNI, Gavarni (1804-1866). Lithographe. Source gallica.BnF.fr
Le tableau représente une scène de souper après un bal, avec des personnages élégamment vêtus attablés dans un intérieur luxueux. Gavarni a également réalisé une lithographie du même nom et de la même année. L'atmosphère est celle d'une soirée animée et sophistiquée, typique de la haute société parisienne de l'époque. Le tableau de Jean-Louis Hamon est exposé au musée national du château de Compiègne.