01 Jan
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Du temps de Shakespeare les rôles de femme étaient tous confiés à des adolescents que l'on payait fort cher. Il y a des troupes de province, de nos jours qui s'estiment très heureuses lorsqu'elles trouvent des petits garçons assez intelligents pour tenir un emploi d’ingénue, de troisième amoureuse. S'il arrive qu'il faille faire de nécessité ressource, ; alors c'est l'un des grands acteurs qui se dévoue, et lorsque l'entr'actes se prolonge trop, le régisseur vient invoquer l'indulgence du public ; en annonçant que la reine n’est pas rasée, mais qu'elle va l’être. Molière possédait dans sa troupe un nommé Hubert, d'un talent si vrai, si comique, pour les rôles de femme qu'il n'écrivit que pour lui ceux de la comtesse d'Escarbagnas, de Mme Pernelle de Mme Jourdan et de Mme de Sotenville. 

L’Indiscret, souvenirs des coulisses (1836). Paris – Au bureau des éditeurs. Rue Grange-Batelière, 22.

Edward Kynaston fut un acteur anglais du XVIIe siècle, actif à l’époque de la Restauration anglaise. Il est célèbre pour avoir interprété des rôles féminins… alors qu’il était un homme. Ironie de l’histoire : après 1660, lorsque les femmes furent autorisées à jouer au théâtre, il dut abandonner ces rôles et se reconvertir dans des personnages masculins.


Après la bataille

Vers 1900, Paris ne se contente plus de la scène : on veut voir l’envers du décor. Cette image nous entraîne dans les coulisses d’un théâtre de variétés, juste après la représentation. Les danseuses sont encore en costume, les visages se détendent, les conversations commencent. Le titre, Après la bataille !, est ironique : la “bataille” est celle du spectacle, des regards, du succès. Car lorsque les applaudissements cessent, le théâtre ne s’arrête pas. Il change simplement de décor.

Le Panorama Paris la nuit N° 1. Les coulisses des variétés. Vers 1900 Publié chez Ludovic Baschet


Banquet des dames

En 1835, sous la monarchie de Juillet, la salle de spectacle du palais des Tuileries accueille l’un de ces grands bals officiels qui rythment la vie de cour. Ces fêtes sont organisées à l’occasion de célébrations diplomatiques, de réceptions offertes par le roi Louis-Philippe ou de grandes soirées données en l’honneur de personnalités étrangères. Le « banquet des dames » s’inscrit dans cette tradition : un bal fastueux où l’élite parisienne et les invités officiels se retrouvent dans un décor somptueusement illuminé. Les lustres étincellent, les robes tourbillonnent, et l’architecture impériale sert d’écrin à un véritable théâtre social. Car le bal n’est pas seulement une fête : c’est une scène publique. On s’y montre, on s’y observe, on s’y positionne. En 1835, aux Tuileries, la danse devient langage diplomatique autant que plaisir mondain. Dans ces grands bals du XIXe siècle, la salle de spectacle porte bien son nom : la société y joue son propre rôle.

Le Banquet des dames dans la salle de spectacle des Tuileries (bals de 1835). Viollet-Le-Duc, Eugène Emmanuel, Peintre. En 1835. Musée Carnavalet.


Ces Dames s'amusent

Après la scène, le théâtre continue en coulisses. Autour des artistes gravitent directeurs, protecteurs et habitués fortunés. On y parle engagements, succès, influences. À la Belle Époque, l’envers du décor mêle charme, stratégies et mondanités. Le spectacle ne s’arrête pas au rideau : il change simplement de décor.

Le Panorama Paris la nuit N° 1. Les coulisses des variétés. Vers 1900 Publié chez Ludovic Baschet


La femme qui n'a jamais existé

Cette belle série de "La femme qui n'a jamais existé" d'Anja Niemi a été inspirée par les mots de l'actrice italienne pionnière Eleonora Duse. Eleonora a travaillé sur la scène théâtrale internationale au début du XXe siècle. Elle était introvertie et privée, donnant rarement des interviews. Elle a dit une fois à un journaliste new-yorkais insistant que "loin de la scène, je n'existe pas". La femme qui n'a jamais existé raconte l'histoire d'un personnage fictif visualisé après avoir lu les mots d'Eleonora, une actrice qui n'existe que devant un public, quand personne ne la regarde, elle commence à disparaître.


Le bal des 'Femmes de France' l'Opéra.

À la fin des années 1870, dans le contexte encore marqué par la guerre de 1870, se créent en France plusieurs sociétés féminines de secours. Parmi elles, la Société des Dames françaises, souvent appelée dans la presse “les Femmes de France”, fondée en 1879 et rattachée au mouvement de la Croix-Rouge. Composée principalement de femmes issues de la bourgeoisie et de l’aristocratie, l’association a pour mission d’organiser l’aide aux blessés militaires, de former des infirmières bénévoles et de lever des fonds pour les œuvres sanitaires et patriotiques. Son action repose autant sur l’engagement concret (secours, soins, organisation logistique) que sur des manifestations publiques — bals, quêtes, événements mondains — destinées à financer ses activités. Ces “Femmes de France” incarnent ainsi, à la fin du XIXe siècle, une forme d’engagement féminin structuré, mêlant bienfaisance, patriotisme et présence active dans la vie sociale.

Le bal des ‘Femmes de France’ et des ‘Officiers de l'Armée territoriale’ à l'Opéra. Cantines et cantinières dans le grand foyer. Société générale d'applications photographiques (SGAP) , Photograveur Marie, Adrien Emmanuel , Dessinateur. Vers 1889. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Œuvre des femmes de France

L'œuvre des femmes de France. La quête faite par les dames du Palais-Royal pendant la représentation donnée au profit de l'œuvre Vierge, Daniel (Daniel Urrabieta Ortiz y Vierge, dit) , Dessinateur Méaulle, Fortuné Louis , Graveur En 1872 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Madame 

Qualification qui est de rigueur à l'égard de toutes les actrices qui ont plus de trente ans, et de convenance, dans une foule de cas, vis-à-vis de celles qui ont moins. On peut s'en s'abstenir envers une danseuse plus facilement qu'à l'égard d'une tragédienne. Il est dû à l'emploi de mademoiselle Mante plus encore qu'à l'aînesse de mademoiselle Dupont.

Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités Paris. Chez J-N Barba Librairie. 1825.

Atelier Nadar. Photographe. Réjane. Variétés. Décoré. 1888. Source gallica.bnf.fr / BnF

Voir : Les actrices qui ont marqué la scène


Portrait d’une troupe en triomphe

Cette photographie de la troupe Langanne, réalisée à l’atelier Nadar vers 1891 (date donnée selon les sources), relève pleinement de la stratégie publicitaire des théâtres parisiens de la fin du 19e siècle. Il ne s’agit pas seulement d’un portrait souvenir. En réunissant Janot, Maude, Langanne, Jane Morris, Ael et Gandon dans un décor de jardin élégant, le photographe construit une image d’harmonie et de camaraderie. On montre une troupe soudée, presque une petite famille artistique, destinée à rassurer et séduire le public. Autour de 1891, le vaudeville triomphe à Paris, notamment avec Les Surprises du Divorce, immense succès de l’époque. Ce type de portrait collectif accompagne ces triomphes : il fixe les visages d’une distribution en vogue et participe pleinement à la promotion du spectacle. Déjà, le théâtre comprend que l’image fait partie du succès.

M. (et) M(lles) Langanne - Janot - L. Maude - Jane Morris - Ael – Gandon. Atelier Nadar. 1898. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Poupée

Le Petit Journal Dimanche 13 décembre 1896 – Numéro 317 Théâtre de la Gaîté. La poupée. 

Oh ! la ravissante féerie, et l’amusante pièce que cette ‘Poupée’ jouée en ce moment à la Gaîté ! Rien de plus mignon que Mlle Mariette Sully qui la représente, de plus comique que son fiancé Fugère. Joignez à cela des magnifiques décors, un fort joli ballet, une délicieuse partition écrite par Audran sur le spirituel livret de son ami Maurice Ordonneau, et vous ne vous étonnerez pas du très grand succès qu’obtient en ce moment la Gaîté. Ajoutez que sa Poupée est une personne fort honnête qui ne dit jamais de gros mots et qu’on peut par conséquent laisser voir à tous les enfants, petis et grands.


Théâtre FEMINA

Théâtre FEMINA Saison d’été. Dir : L. Richemond BIGRE !... Revue en 4 tableaux de RIP Plafond à ciel ouvert / Fauteuils : 7 f. (1910- De Rip et Jacques Bousquet ; avec Andrée Spinelly, Jane Renouardt, Adrien Le Gallo)

Correspondance (Recto/Verso) : ‘ Cher ami, Nous avons été hier soir entendre la nouvelle Revue de Rip, c’est un bijou de verve, d’esprit et de parisianisme. Tout Paris était du reste dans ce salon qu’est le Théâtre Fémina loué par M. Richemond pour la saison d’été, et où il régnait une fraicheur délicieuse, grâce au plafond qui s’ouvre à volonté. Les femmes sont élégantes et jolies. Les acteurs d’une drôlerie irrésistible. Les décors et les costumes ravissants. N’hésitez pas à aller louer vos places, d’autant plus que le prix en est très abordable. Dieu merci, il y a encore des hommes d’esprit en France ! Bien affectueusement. Henry’ Dédicasse de’ Andrée Spinelly’   

Le Théâtre Fémina est une salle de spectacle, créée en 1921 à Bordeaux, 10 rue de Grassi. Le Fémina devient un cinéma dans les années 1930 avant de redevenir un théâtre à la fin des années 1970.




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