Ce nouveau chapitre n’en est qu’à ses premiers pas. Pour l’instant, il ne compte qu’un exemple… mais il en appellera bien d’autres.Celles qui ont osé sont nombreuses : dans le théâtre, le cirque, la musique, le music-hall, les foires, les coulisses, la direction, la technique parfois même.
Certaines ont bravé les interdits, d’autres ont simplement ouvert une porte que l’on croyait fermée.J
e vous demande donc un peu de patience.Et si vous avez des noms, des figures oubliées, des pionnières à me suggérer… je suis preneur.
Cette mémoire du spectacle se construit aussi avec vous.Ce chapitre grandira, grâce à nos échanges.
Dans l’histoire du spectacle, certaines femmes ne se sont pas contentées d’occuper une place : elles ont dû la conquérir. Longtemps, la scène fut un territoire surveillé.
Selon les époques, on y autorisait les femmes… ou on les en excluait. On les admirait… ou on les condamnait.
Pourtant, malgré les interdits, les préjugés, les risques moraux, sociaux ou physiques, elles ont avancé.
Elles ont osé jouer quand cela était jugé inconvenant.
Elles ont osé chanter, diriger, écrire, produire.
Elles ont osé monter à cheval dans les cirques, grimper aux agrès, manier l’épée, affronter le public, diriger une troupe, signer une œuvre.
Certaines ont brisé des barrières artistiques.
D’autres ont défié des barrières sociales.
Toutes ont élargi le champ des possibles.
Ce chapitre rassemble ces pionnières : celles qui ont ouvert une porte, parfois discrètement, parfois avec fracas, mais toujours avec détermination.
Grâce à elles, d’autres femmes ont pu entrer en scène sans avoir à justifier leur présence.
Elles n’ont pas seulement fait du spectacle.
Elles ont transformé sa place dans la société.
Élisa Garnerin (Paris, 1791–1853) est l’une des premières aérostières françaises et la deuxième femme parachutiste de l’histoire, après Jeanne Labrosse. Sœur de l’aéronaute André-Jacques Garnerin, inventeur du parachute, elle s’impose très tôt comme une figure audacieuse du spectacle aérien. Le 22 octobre 1799, à seulement huit ans, elle effectue son premier saut en parachute depuis une altitude d’environ 1 000 mètres, défiant les médecins de l’époque qui craignaient que la pression de l’air ne nuise à la santé d’une jeune fille. L’exploit suscite fascination et controverse, révélant les préjugés scientifiques et sociaux entourant les femmes et la prise de risque. Au fil des années, Élisa Garnerin multiplie les ascensions et descentes spectaculaires en Europe. Le 3 juin 1809, elle s’élève en ballon depuis le jardin de Tivoli à Paris. Le 27 septembre 1815, lors des célébrations de la victoire des Alliés sur Napoléon, elle se produit devant le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. Le 15 août 1817, elle saute en parachute au-dessus du jardin des Plantes de Rouen, où une plaque commémorative lui rend aujourd’hui hommage, aux côtés de l’aérostière Sophie Blanchard.

Pour la fête du Roy ! par Elisa Garnerin. 1815. Source gallica.bnf.fr / BnF
Sa carrière la conduit également à l’étranger : en 1818 à Madrid, un incident empêche le décollage de son ballon, provoquant la colère du public et son arrestation temporaire au palais du Buen Retiro ; en 1827, elle réalise encore un saut à Turin. Après 39 descentes en parachute, Élisa Garnerin se retire définitivement en 1836. Figure majeure de l’aérostation spectaculaire, elle incarne l’entrée des femmes dans les attractions de vertige et le passage de l’expérimentation scientifique au spectacle aérien, à une époque où s’élever dans les airs relevait encore de l’exploit extraordinaire.