Vers 1902, l’imprimeur-éditeur Albert Bergeret à Nancy publie la célèbre série de cartes postales de fantaisie intitulée Les Femmes de l’Avenir. Ces images ne représentent pas des spectacles précis, mais elles en empruntent tous les codes : décors peints, éclairages étudiés, accessoires symboliques – sabre, lance d’incendie, corde de marin – pour incarner des fonctions alors réservées aux hommes.
Le lien avec le spectacle est essentiel. À une époque où le port du pantalon demeure légalement interdit aux femmes dans l’espace public, la scène du music-hall reste l’un des rares lieux où l’on peut voir des artistes travesties en uniforme. En diffusant ces figures sur le support populaire de la carte postale, Bergeret transforme une aspiration sociale en mise en scène imaginaire.
Ces images célèbrent la « Femme Nouvelle » de la Belle Époque : audacieuse, déterminée, s’appropriant les symboles d’autorité. L’uniforme n’est plus un simple costume. Il devient l’annonce d’une indépendance à venir.















