Manèges


Le manège à nacelles sphériques

Ce type de manège forain mécanique apparaît à la fin du XIXᵉ siècle et se diffuse largement entre 1900 et 1920 dans les fêtes foraines urbaines et les grandes foires européennes. Il se compose d’une structure métallique centrale autour de laquelle tournent des nacelles suspendues, souvent abritées par des enveloppes sphériques évoquant des ballons ou des aéronefs. Le mouvement combine rotation et élévation progressive, offrant aux passagers une sensation de hauteur et de balancement. Installé de manière temporaire, ce manège s’inscrit pleinement dans l’esthétique de la modernité foraine, nourrie par l’imaginaire de l’aviation et des débuts de la conquête de l’air. À Paris, ces manèges sont couramment visibles dans les fêtes foraines au début du XXᵉ siècle, notamment dans les quartiers populaires et lors des grandes manifestations festives.

Agence Rol. Agence photographique. Fête foraine à Paris [manège]. 1914. Source gallica.bnf.fr


Le manège d’avions

Suspendu à quelques chaînes, l’avion tourne en cercle et l’enfant sourit. Ce n’est pas un vrai vol, mais cela y ressemble assez pour que l’imaginaire s’emballe. À hauteur de regard, le monde devient piste d’atterrissage, et le square se change en ciel. Ces manèges offraient aux enfants (et aux parents) leur première aventure aérienne : un tour de piste, un vent léger sur le visage, la sensation fragile de quitter la terre. On n’allait pas loin, mais on partait déjà. Le jeu faisait de chacun un pilote, et du quotidien un territoire d’envol. Construit autour d’un mât central, le manège faisait tourner de petits avions suspendus par des chaînes, qui s’élevaient doucement sous l’effet de la rotation. Apparues au milieu du XXᵉ siècle dans les fêtes foraines, les jardins publics et les kermesses de quartier, ces attractions traduisaient la fascination collective pour l’aviation en expérience enfantine. Les carlingues, souvent peintes de couleurs vives et inspirées des avions réels, transformaient un simple mouvement circulaire en promesse de voyage. C’était un vol miniature, accessible à tous, où la mécanique se faisait discrète pour laisser place à la rêverie.


Les Auto-tamponneuses

L'histoire des auto-tamponneuses est riche et un peu complexe, avec plusieurs figures revendiquant l'invention ou ayant contribué à leur développement précoce. Elles sont devenues une attraction emblématique des parcs d'attractions et des fêtes foraines dans le monde entier.

Auto-tamponneuses. Exposition de l'Empire britannique àWembley, à Londres, en 1924 et 1925

Victor Levand (années 1910-1920) : Souvent cité comme l'un des pionniers, Victor Levand, un employé de General Electric, est crédité d'avoir développé une nouvelle technologie qui a influencé les premières versions des auto-tamponneuses au début du XXe siècle

Glen Echo Park. Washington. Cette photographie de 1926 montre les premières autos tamponneuses du parc, utilisées par six clients du parc de l'époque.

Les frères Stoehrer (Max et Harold Stoehrer) ont joué un rôle crucial dans la popularisation et la commercialisation des auto-tamponneuses. Ils ont breveté leur première auto-tamponneuse le 7 décembre 1920 et ont ensuite fondé leur propre entreprise, la Dodgems Company. C'est d'ailleurs de là que vient le nom "Dodgems", encore utilisé aujourd'hui dans certains pays. Leurs premières versions étaient rudimentaires, faites de ferraille et pas toujours très sûres.

Liseberg est le plus grand parc d'attractions de Suède et se situe à Göteborg. Ouvert le 8 mai 1923 comme parc temporaire à l'occasion du tricentenaire de la ville, il a pu perdurer au fil des ans. À ses débuts, les montagnes russes en bois Bergbanan étaient la grande attraction. En 1927, deux nouveautés majeures sont apparues au parc : la première était Radiobilarna, une attraction d'autos tamponneuses. Elle a été modernisée à plusieurs reprises au fil des ans avec de nouvelles voitures et des techniques entièrement nouvelles.

En Europe, Gaston Reverchon, et notamment en France, est également considéré comme un inventeur majeur de cette attraction à la fin des années 1920.

Dodgems.West Country, England, 1930's,Joan and Pearl. C.The Fairground Heritage.

Au fil des années, les auto-tamponneuses ont considérablement évolué. Les pare-chocs en caoutchouc ont été ajoutés pour mieux absorber les chocs, rendant l'expérience plus sûre et plus agréable. Le système d'alimentation électrique est devenu la norme. Le plus courant est le système à grille de sol et de plafond conducteur avec un poteau qui connecte la voiture au circuit. Les constructeurs ont commencé à proposer une variété de modèles, de tailles et de designs, adaptées à différents âges et thèmes.

Paris 1960 "Pigalle, les auto tamponneuses"

Auto-tamponneuses sur coussin d'air : Dans les années 1960, Disney Imagineering a introduit des "Flying Saucers" (soucoupes volantes) à Disneyland, qui fonctionnaient sur un principe similaire à celui des auto-tamponneuses, mais sur coussin d'air. Cependant, cette attraction a connu des problèmes mécaniques et a été fermée après quelques années.

Un visiteur d'un parc d'attractions monte dans une auto tamponneuse à Madrid, 1965

Aujourd'hui, les auto-tamponneuses intègrent des technologies plus avancées, avec des systèmes de propulsion plus efficaces, des matériaux plus résistants (comme la fibre de verre pour la carrosserie des voitures), et parfois même des systèmes de jeu avec des scores ou des objectifs.

Chicago. Parc d'attractions Riverview. Deux filles conduisant des voitures bump 'em. 1966. Photo du Chicago Tribune.

On trouve des auto-tamponneuses avec des thèmes variés, des designs de voitures rétro aux véhicules futuristes, en passant par des versions adaptées aux enfants (mini-tamponneuses).

Les traditionnelles auto tamponneuses ont toujours la cote / 30 septembre 1979 - Archives Le Progrès


Auto Tamponneuse d’aujourd’hui. Rotation sur place à 360°, marche avant, marche arrière, impacts, ça décoiffe !