Attractions et numéros d’illusion et de sensation

CRAGGS

The Craggs, était connue sous le nom de "LES CRAGGS" au Folies Bergère :

La troupe a été fondée par John Williams Cragg (né en 1846), surnommé "Papa Cragg". Il était un acrobate britannique originaire de Manchester.

The Craggs était avant tout une troupe familiale. Au fil du temps, ses cinq fils et sa fille l'ont rejoint dans les spectacles. Il y a même eu une troisième génération d'acrobates Craggs. Bien que se produisant à Paris et ayant fait plusieurs tournées en Australie, la compagnie était britannique.

J.W. Cragg a commencé sa carrière sur scène en 1862 dans un numéro de trapèze volant. Il a ensuite rejoint le cirque de George Sanger. Après avoir travaillé en duo puis en quatuor avec sa femme et un autre couple, Cragg a formé sa propre troupe familiale.

 Ils sont devenus célèbres sous le nom de "The Marvellous Craggs" (Les Merveilleux Craggs). Leur succès les a menés dans de nombreuses tournées à travers le monde, incluant quatre voyages en Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Inde, les États-Unis et fréquemment l'Europe continentale.

Leur passage au Folies Bergère à Paris, comme en témoignent les affiches de 1887, fut un moment marquant de leur carrière, où ils ont connu un "immense succès". Ils étaient réputés pour leurs numéros d'acrobatie audacieux et leur coordination impressionnante. On disait d'eux qu'ils étaient "non seulement les plus grands acrobates anglais, mais...inégalés...par tous les autres artistes du monde". Fait intéressant, ils se distinguaient parfois en portant des tenues de soirée pour leurs numéros. À la fin de leurs tournées européennes, ils auraient gagné le salaire le plus élevé de tous les numéros acrobatiques au monde.

J.W. Cragg a pris sa retraite de la scène en 1916, à l'âge de 70 ans. La troupe familiale a cessé de se produire en 1917. Cependant, Papa Cragg a continué à enseigner les arts du cirque dans son gymnase à Kennington jusqu'aux années 1920.

Anecdotes : En 1895, J.W. Cragg a été nommé "King Rat" au sein de l'organisation caritative Grand Order of Water Rats. Pendant la Première Guerre mondiale, les fils de M. Cragg sont partis au combat, ce qui a rendu la troupe indisponible. Après la guerre, il semble que la troupe ne s'est pas reformée.


L'homme qui se dévisse la tête

Le véritable nom de Kosta était Kosta Hálvsson (parfois orthographié Costas Hálvsson ou Constantinos). Il était originaire de Grèce, né vers 1873. Il a été une figure emblématique des "sideshows" (spectacles de foire, attractions foraines) et des cirques de l'époque.

L'Illusion de "L'Homme qui se dévisse la tête"

Kosta n'avait évidemment pas la capacité de réellement se dévisser la tête. Son numéro était une illusion très astucieuse qui jouait sur la perspective, des miroirs et une configuration ingénieuse de son corps et de son costume. Voici le principe général de l'illusion, connue sous le nom de "The Headless Lady" ou "The Headless Wonder" :

Kosta était généralement assis derrière une table ou une sorte de caisse. Sa véritable tête était penchée vers l'arrière et cachée sous un col haut ou un mécanisme de camouflage astucieux, ou parfois dans un compartiment en dessous ou derrière la table, hors de la vue du public. Ses vêtements (une sorte de col roulé ou de cagoule) étaient conçus pour donner l'impression que le haut de son corps s'arrêtait au cou.

Ce que le public voyait comme sa "tête dévissée" était en réalité un faux crâne ou une tête d'apparence très réaliste, montée sur une tige ou un mécanisme lui permettant de bouger indépendamment du corps.

Le reste de son corps (torse, bras) était visible, et il pouvait souvent bouger ses bras pour interagir avec le public ou effectuer de petits gestes, ce qui rendait l'illusion encore plus convaincante.

Grâce à des miroirs ou des angles précis, et à sa propre capacité à plier et dissimuler sa tête, il créait l'impression que sa tête était posée sur la table, parfois avec une vis ou un mécanisme de "dévissage" visible, suggérant qu'il pouvait la détacher et la rattacher à volonté. L'effet était saisissant pour le public de l'époque, qui n'avait pas les mêmes connaissances des techniques d'illusion qu'aujourd'hui.

Kosta, l'homme qui se dévisse la tête, au Cirque Rancy. 1904 et 1905

La Vie de Kosta Kosta a voyagé un peu partout, se produisant dans des cirques et des foires aux États-Unis et en Europe. Il était l'une des attractions phares des sideshows, où les "freaks" (individus aux particularités physiques réelles) et les illusionnistes se côtoyaient. Son numéro a été très populaire et a connu de nombreuses imitations. Il est intéressant de noter que des variantes de cette illusion existent encore aujourd'hui, parfois utilisées dans des spectacles de magie ou des musées de curiosités, mais Kosta a été l'un des artistes les plus célèbres à la populariser. Il est décédé relativement jeune, en 1912, à l'âge de 39 ans, mais son nom est resté associé à l'une des illusions les plus marquantes et mystérieuses du monde du spectacle forain.


Les artistes et les numéros du Nouveau Cirque

À la fin des années 1880 et au début des années 1890, le Nouveau Cirque de Paris se distingue par une programmation fondée sur la diversité et la mise en scène des numéros spectaculaires. Le spectacle y est conçu comme une succession de tableaux dynamiques, pensés pour un public urbain en quête de sensations nouvelles.

Les numéros équestres constituent l’un des piliers de la programmation. Cavaliers, amazones et attelages y déploient des figures complexes mêlant vitesse, précision et élégance. À ces performances s’ajoutent des numéros de force et d’équilibre, portés par des artistes spécialisés dans la manipulation d’objets lourds et les exercices de maîtrise corporelle.

Des ensembles chorégraphiés et des intermèdes de fantaisie burlesque rythment l’ensemble, assurant la cohésion du spectacle et maintenant l’attention du public. Par cette combinaison d’exploits individuels et de scènes collectives, le Nouveau Cirque incarne l’évolution du cirque de la fin du 19e siècle, devenu un spectacle structuré, narratif et résolument moderne.

Affiche du Nouveau Cirque, réalisée vers 1891, attribuée à Jules Chéret, lithographie en couleurs destinée à la promotion des spectacles et numéros présentés rue Saint-Honoré à Paris.


The eccentric’s Wanerson’s

Actifs à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, les Wanersons s’inscrivent dans la tradition des numéros excentriques, mêlant acrobatie et comique visuel. Leur art repose sur le déséquilibre volontaire, la chute feinte et la transformation du corps en outil burlesque. Leur répertoire combine postures improbables, chutes contrôlées et détournement d’objets du quotidien — tables, chaises ou tonneaux — utilisés comme agrès. Ce désordre apparent masque une grande précision technique et une parfaite maîtrise corporelle.

Le travail collectif joue un rôle central dans leurs numéros, avec des figures en miroir et des enchaînements rapides qui accentuent l’effet de chaos organisé. À la croisée de l’acrobatie, de la pantomime et du clown, les Wanersons incarnent une forme populaire de spectacle physique, fondée sur la surprise immédiate et le rire.

The eccentric’s Wanerson’s Great Attraction Anonyme Après 1888. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Violonistes

Deux violonistes, duo dynamique , vers 1900. Photographie de studio. Artiste inconnu.

Ce duo, avec sa combinaison unique et de présentation visuelle originale, aurait sans aucun doute été une attraction populaire et mémorable dans l'effervescence des music-halls dans la période de la fin du XIXe siècle et le tout début du XXe siècle. C'est une époque où le music-hall était en plein essor, où les artistes se faisaient photographier pour la promotion de leurs numéros, et où l'enfance sur scène, notamment les jeunes prodiges, était très appréciée.