
Conçue par l’ingénieur George Washington Gale Ferris Jr. pour l’Exposition universelle de Chicago de 1893, la grande roue Ferris marque une rupture spectaculaire dans l’histoire des attractions mécaniques. Pensée comme la réponse américaine à la tour Eiffel de Paris, elle incarne la puissance industrielle, l’audace technique et le goût du vertige propre à la fin du XIXᵉ siècle.

Haute d’environ 80 mètres, la roue repose sur une structure métallique colossale animée par deux moteurs à vapeur. Dotée de cabines fermées, véritables salons suspendus, elle peut accueillir jusqu’à 2 160 passagers simultanément, offrant une expérience inédite : s’élever lentement au-dessus de la ville, dominer l’horizon et goûter à une sensation de vertige maîtrisé.

Plus qu’une simple attraction, la grande roue de Ferris s’impose comme un symbole. Elle inaugure une nouvelle catégorie de spectacles mécaniques, où la machine elle-même devient un numéro, et ouvre la voie à des générations d’attractions de sensation dans les fêtes foraines, parcs d’amusement et expositions internationales. Un tournant majeur, à la croisée de l’ingénierie, du divertissement populaire et de l’imaginaire moderne.

1893 : elle est construite et exploitée pour l’Exposition universelle de Chicago. 1894–1895 : après l’Exposition, elle est démontée puis remontée à Lincoln Park (Chicago), où elle fonctionne encore quelque temps comme attraction publique. 1904 : elle est à nouveau démontée et transférée à l’Exposition universelle de Saint-Louis. 1906 : jugée obsolète et coûteuse à entretenir, la structure est définitivement démantelée (certaines pièces sont détruites à l’explosif).

La Grande Roue de Paris est construite spécialement pour l’Exposition universelle de 1900, dans un contexte de rivalité technologique et symbolique entre les grandes nations industrielles. Elle est inaugurée en avril 1900 et installée avenue de Suffren, en face de la Galerie des Machines, à l’emplacement de l’actuel Village Suisse, à proximité immédiate du Champ-de-Mars et de la tour Eiffel.

Avec un diamètre d’environ 100 mètres, la Grande Roue devient l’une des attractions majeures de l’Exposition. Inspirée des grandes roues américaines apparues dans les années 1893–1895, elle incarne la fascination pour la mécanique, la hauteur et la vue panoramique. Ses cabines fermées accueillent le public pour une ascension lente, offrant une vision inédite de Paris vu d’en haut, transformant le paysage urbain en spectacle.

Contrairement aux manèges forains traditionnels, la Grande Roue relève d’une architecture de loisir monumentale, conçue comme une installation temporaire, mais spectaculaire. Elle fonctionne pendant toute la durée de l’Exposition en 1900, puis reste en activité jusqu’aux années 1920, avant d’être démontée.

À la croisée de l’ingénierie, du divertissement et de la mise en scène de la modernité, la Grande Roue de Paris marque une étape décisive dans l’histoire des attractions mécaniques. Elle annonce l’essor des grands manèges urbains et des parcs d’attractions du début du XXᵉ siècle, tout en prolongeant l’héritage des expositions universelles comme laboratoires du spectacle moderne.







Les photographies suivantes documentent le démontage de la Grande Roue de Paris, entrepris au début des années 1920. Cabines déposées, rayons détendus et segments de la jante retirés révèlent la nature éphémère de cette attraction monumentale, conçue pour l’Exposition universelle de 1900. Le chantier marque la fin d’un symbole de la modernité spectaculaire de la Belle Époque.