
À la fin du XIXᵉ siècle, dans un contexte marqué par l’industrialisation, les progrès techniques et la fascination pour la puissance mécanique, les spectacles populaires s’approprient l’imaginaire militaire et industriel. Canons, boulets, mitrailleuses et pièces d’artillerie, symboles de force et de modernité, deviennent des éléments centraux de certains numéros de cirque, de music-hall et de foire.
Ces attractions, souvent regroupées sous l’appellation générique de « numéros d’artillerie », ne relèvent pas du tir réel, mais d’une mise en scène spectaculaire mêlant prouesse physique, illusion mécanique et dramaturgie du danger. Hommes et femmes de force y affrontent symboliquement l’arme de guerre : ils retiennent des boulets à mains nues, reçoivent des projectiles sur le corps, déclenchent ou subissent des tirs simulés, ou encore sont projetés dans les airs par des dispositifs dissimulés.
Contrairement aux simples effets visuels, ces numéros reposent sur une force réelle, un entraînement rigoureux et une parfaite maîtrise du corps, exposant les artistes à des risques importants. Accidents, blessures et mutilations sont attestés, rappelant que le sensationnel s’appuyait sur une frontière ténue entre illusion et danger véritable.
L’originalité de ces spectacles réside également dans la place accordée aux femmes. Loin d’être de simples assistantes, certaines deviennent des figures majeures de ces numéros d’artillerie, incarnant une force physique et une audace qui bousculent les normes sociales de leur époque.
À la croisée du cirque, du théâtre et de l’imaginaire militaire, les hommes et femmes de force dans les numéros d’artillerie témoignent ainsi d’un moment particulier de l’histoire du divertissement, où la fascination pour la puissance — humaine comme mécanique — devient un spectacle à part entière.

Gros plan spectaculaire sur l'instant précis où l'homme-obus s'extrait de la bouche du canon.
Achilles est le nom de scène d’un artiste de force actif à la fin du XIXᵉ siècle – début du XXᵉ siècle, principalement sur les scènes de music-hall parisiens, notamment aux Folies-Bergère. Son identité civile reste incertaine, comme c’est souvent le cas pour les hommes de force de cette période.
Il se spécialise dans les numéros d’artillerie spectaculaire, où la force humaine est confrontée à des armes de guerre détournées à des fins scéniques. Contrairement aux hommes-obus projetés par un canon, Achilles incarne une force de résistance : son numéro consiste à recevoir ou arrêter un boulet de canon, démonstration mêlant puissance corporelle réelle, dispositifs techniques et illusion maîtrisée.
Son nom, emprunté au héros antique, s’inscrit dans l’esthétique héroïque de la Belle Époque, où l’homme fort est présenté comme un corps invulnérable, capable de dominer la machine et la violence moderne. Achilles représente ainsi une figure emblématique de ces artistes qui transforment l’imaginaire militaire en attraction de sensation, à la frontière entre performance physique, théâtre et illusion.

Bazin, dit “l’homme-canon”, est un artiste de force français actif dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Il appartient à cette génération d’hommes forts qui se produisent dans les cafés-concerts, les salles populaires et les foires urbaines, à une époque où la puissance physique constitue l’un des piliers du spectacle vivant.

Grand Concert du Cadran, 156 Quai d'Auteuil. Bazin l'homme canon. Affiche non identifiée. 1876. Source gallica.bnf.fr / BnF
Son numéro repose sur la manipulation et le port de charges exceptionnellement lourdes, notamment d’objets massifs associés à l’imaginaire militaire. Cette pratique associe force réelle, endurance et maîtrise corporelle, tout en s’inscrivant dans une tradition spectaculaire où l’exploit physique devient une démonstration publique.

Concert des Porcherons. 29, Place Cadet... Bazin, l'homme canon.1875. , Léon Choubrac (1847-1885). Illustrateur. Source gallica.bnf.fr / BnF
Bazin est également actif dans le domaine de la lutte, discipline alors étroitement liée aux spectacles de force. À ce titre, il affronte d’autres champions de son époque et subit notamment une défaite face au lutteur anglais Tom Cannon, figure reconnue de la lutte professionnelle. Cet épisode rappelle que, malgré la mise en scène héroïque, ces artistes s’inscrivent aussi dans des pratiques compétitives bien réelles. (Voir : Les artistes et figures du spectacle populaire : Lutte. Boxe)
George Loyal, connu sous le nom de scène Loyall, the Human Cannon Ball, est un artiste de sensation actif aux États-Unis à la fin du XIXᵉ siècle, avec une période d’activité attestée environ entre 1885 et 1905. Il appartient à la première génération d’artistes spécialisés dans le numéro de l’homme-canon, une attraction emblématique des grands spectacles populaires nord-américains.
Son numéro repose sur la projection du corps humain hors d’un canon, grâce à un dispositif mécanique dissimulé (ressorts ou air comprimé), la détonation et la fumée relevant de l’illusion scénique. Particularité notable, l’image montre qu’un second artiste féminin intervient directement dans la performance : suspendue en hauteur, elle est chargée de saisir l’homme projeté par les mains, transformant le tir en un exercice de précision et de coordination à deux, et non en une simple trajectoire balistique.

Cette interaction accentue considérablement la tension dramatique du numéro. Le danger perçu ne repose plus uniquement sur la projection, mais sur la rencontre en plein vol des deux corps, où la moindre erreur semble fatale. George Loyal incarne ainsi une forme particulièrement élaborée du numéro d’artillerie humaine, mêlant prouesse mécanique, risque spectaculaire et chorégraphie aérienne, caractéristiques majeures des grandes attractions de la fin du XIXᵉ siècle.
Sous le nom de scène John Holtum, se cache l’une des figures les plus spectaculaires et controversées de la force de la fin du XIXᵉ siècle. Né au Danemark en 1845, Holtum commence sa vie comme marin dès l’âge de 15 ans. Les travaux physiques intensifs des chantiers navals, puis ses séjours en Californie, contribuent à forger une musculature hors du commun. Il débute sa carrière comme homme fort à San Francisco, avant de revenir en Europe vers 1870, porteur d’un numéro inédit qui fera sa célébrité : le rattrapage de boulet de canon à mains nues. Contrairement aux hommes-obus projetés par l’artillerie de spectacle, Holtum se tient face au canon, recevant un projectile d’environ 50 livres (22 kg) lancé à pleine puissance. Pour limiter les dégâts, il porte des gants enduits de résine et un rembourrage sur la poitrine, sans que cela n’annule le danger extrême du numéro.
Les risques sont bien réels : lors de ses premières tentatives, Holtum perd trois doigts, preuve tangible de la violence de l’impact. Malgré cela, il persiste et transforme cette prouesse en attraction majeure des scènes de music-hall et des grands établissements comme les Folies-Bergère, où il est présenté comme le « Roi des boulets de canon ». Confiant dans l’authenticité de sa force, Holtum lance régulièrement un défi public, offrant jusqu’à 3 000 francs à quiconque serait capable de reproduire son exploit. Aucun concurrent ne parvient à relever le défi avec succès, renforçant l’aura quasi légendaire de l’artiste. À travers Holtum s’exprime toute une époque où la force humaine, mise en scène au contact direct des machines de guerre, devenait un spectacle fascinant, dangereux et profondément spectaculaire.

Cette photographie montre un numéro d’homme-canon (ou homme-obus) exécuté aux États-Unis, très vraisemblablement dans le courant des années 1930, période durant laquelle ce type d’attraction connaît un essor important dans les foires, expositions régionales et spectacles itinérants.

Le canon est monté sur un camion motorisé, configuration typique de ces années, permettant à l’attraction de se déplacer de ville en ville. L’inscription « Stewart » visible sur la portière du véhicule renvoie très probablement à la troupe ou à l’organisation Stewart, nom bien connu dans le monde des attractions à sensation. À cette époque, les numéros d’homme-obus sont fréquemment associés à des artistes renommés tels que le Capitaine Stewart, ou à des membres de son organisation spécialisée dans les projections humaines, même si l’identité précise de l’artiste propulsé ici ne peut être établie avec certitude. La posture du corps — parfaitement allongé, bras tendus, trajectoire maîtrisée — indique un artiste hautement expérimenté, capable de contrôler immédiatement son orientation après l’expulsion, compétence essentielle pour atteindre le filet ou la zone de réception. Ce niveau de maîtrise confirme qu’il s’agit d’un professionnel aguerri, appartenant à un circuit structuré de spectacles à grand public. Cette image offre un témoignage rare de la réalité physique de ces numéros modernes : loin des seules affiches illustrées, elle montre un athlète bien réel exécutant un saut périlleux à grande vitesse devant une foule nombreuse. Elle illustre la transition entre les attractions fixes du XIXᵉ siècle et les grandes attractions mobiles du XXᵉ siècle, où la technologie, le transport motorisé et le goût du sensationnel se conjuguent pour renouveler le spectacle.
Frank A. Robbins est un entrepreneur et directeur de spectacles américain actif à la fin du XIXᵉ siècle et au tout début du XXᵉ siècle. Son nom apparaît régulièrement sur des affiches de cirques, de foires et de spectacles itinérants aux États-Unis, où il est présenté non comme l’artiste principal, mais comme le producteur et organisateur de numéros spectaculaires, parmi lesquels figure celui de l’« Human Cannon Ball ».
Le numéro de l’homme-canon, ou femme-canon, repose sur la projection d’un artiste hors d’un canon à l’aide d’un système mécanique ou pneumatique dissimulé, et non par l’explosion réelle de poudre, contrairement à ce que suggèrent les représentations graphiques. Dans les spectacles associés à Robbins, ce numéro est mis en scène comme un acte de grâce, de beauté et de sensation, combinant danger apparent, trajectoire aérienne et réception maîtrisée, souvent dans un filet ou sur une plateforme hors champ.


Linda et Emanuel Zacchini (duo mixte)
Cette photographie montre Linda et Emanuel Zacchini, artistes de la célèbre famille Zacchini, spécialisés dans le numéro de double homme-obus en duo mixte. La scène saisit un instant spectaculaire : Linda vient d’être propulsée hors du canon tandis qu’Emanuel se trouve encore à moitié engagé dans la bouche du canon marqué « X-15 ».
Pris lors d’une représentation à St. Petersburg (Floride) en janvier 1970, ce cliché documente un numéro moderne de canon humain utilisant un système à air comprimé. Une dépêche de presse datée du 5 février 1970 (Tampa, Floride) précise que ce duo fut gravement blessé quelques semaines plus tard à Jacksonville, à la suite d’une collision lors de la réception dans le filet. L’image témoigne à la fois de la virtuosité technique du duo mixte et de l’extrême danger inhérent à ce type de numéro.

Cette seconde photographie représente Duina Zacchini et sa sœur Vittoria, dite “Chacha”, toutes deux artistes de la famille Zacchini. Elles posent ensemble à l’intérieur du canon, leurs prénoms inscrits à la main sur le rebord, soulignant leur identité scénique.
Contrairement au duo mixte Linda–Emanuel, il s’agit ici d’un numéro de double homme-obus féminin, plus ancien, présenté dans un cadre de spectacle traditionnel. L’image insiste moins sur l’instant de propulsion que sur la mise en scène et la cohésion du duo, illustrant la transmission familiale et la place importante des femmes dans l’histoire des numéros de canon humain.
La famille Zacchini était une véritable dynastie du cirque, et presque tous les membres de la famille ont, à un moment ou à un autre, participé au numéro de l'homme-obus. D'après les documents que vous avez partagés et l'histoire de cette lignée : Le patriarche, Edmondo Zacchini : C'est lui qui a inventé le mécanisme moderne du canon à air comprimé (pour remplacer les systèmes à ressorts trop dangereux). Les sept fils d'Edmondo : Ils ont presque tous pratiqué le numéro. Parmi eux, Emanuel Zacchini (que l'on voit sur votre photo du canon X-15) était l'un des plus actifs. La nouvelle génération (les femmes) : Comme le montrent vos photos, les femmes de la famille ont pris une place centrale. Outre Linda, Duina et sa sœur Vittoria (dite « Chacha ») ont formé des duos célèbres.

Hugo Zacchini : Il fut l'un des plus célèbres de la fratrie, réalisant des sauts records aux États-Unis. Un savoir-faire gardé secret Le succès de cette famille reposait sur deux choses que l'on devine dans vos images : La technologie : Le canon X-15 ou le canon Duina/Chacha étaient des machines complexes dont les réglages étaient jalousement gardés secrets par la famille. La coordination : Les photos de duo montrent que le danger ne venait pas seulement de la propulsion, mais de la nécessité pour les deux artistes de ne pas se percuter en plein vol ou dans le filet.
Miss Holton est une artiste de spectacle présentée aux Folies-Bergère vers la fin du XIXᵉ siècle, associée à un numéro utilisant l’imaginaire du canon. La lithographie la représente faisant face à un tir de boulet, dans une mise en scène volontairement spectaculaire et ambiguë. Il n’est pas possible de déterminer avec certitude la nature exacte de son numéro : l’image ne permet pas de savoir si elle recevait réellement le projectile, si celui-ci était arrêté, dévié, ou s’il s’agissait d’un effet visuel destiné à suggérer le danger sans exposition réelle. Rien n’indique non plus qu’elle ait été projetée par le canon.
Ce type de représentation repose avant tout sur la suggestion du risque et sur la fascination du public pour la puissance mécanique et le sensationnel, caractéristiques des spectacles de la Belle Époque.
La lithographie a été réalisée par F. Appel, dont l’atelier était situé 12 rue du Delta à Paris, sans que d’autres sources permettent aujourd’hui de préciser davantage le contenu exact de la performance.

Folies-Bergère. Tous les soirs Miss Holton : affiche non identifiée. 1895. Source : gallica.bnf.fr / BnF
Miss Lala, de son vrai nom Anna Olga Albertina Brown, née en 1858 à Stettin (alors en Prusse, aujourd'hui en Pologne), est une figure emblématique et fascinante de l'acrobatie et du cirque du 19ème siècle.
Elle était connue pour sa force exceptionnelle et ses numéros aériens audacieux, souvent réalisés au Cirque Fernando à Paris, un lieu célèbre de l'époque qui attirait les foules et de nombreux artistes.
Ses performances les plus célèbres incluaient des prouesses d'équilibre et de force dentaire. Elle était notamment capable de :
Soulever un canon avec les dents : Un numéro stupéfiant qui lui a valu le surnom de "Femme Canon" ou "La Mulatresse-Canon". Elle était hissée à de grandes hauteurs, suspendue par une mâchoire d'acier qu'elle tenait entre ses dents, et le canon était attaché à cette mâchoire. Accrochée à un trapèze par les dents : Elle se balançait et réalisait des figures impressionnantes, suspendue uniquement par sa force dentaire.

Miss Lala
Miss Lala était une artiste de renommée internationale, et sa renommée a été immortalisée par le peintre impressionniste Edgar Degas, qui l'a représentée dans son célèbre tableau "Miss Lala au Cirque Fernando" (1879). Cette œuvre met en lumière la singularité et la puissance de l'artiste.

L'acrobate Miss LaLa fit sensation lors de son numéro au Cirque Fernando à Paris. Elle est ici représentée suspendue aux poutres du dôme par une corde serrée entre ses dents. Degas recherchait des sujets modernes et saisissants, se concentrant sur des figures aux poses saisissantes. En janvier 1879, il réalisa une série de dessins au Cirque Fernando, dont une étude au pastel de Miss La La (Londres, Tate Gallery), qui culmina avec ce tableau. Nous contemplons le spectacle comme le ferait le public, les yeux rivés sur l'exploit audacieux qui se déroulait au-dessus de nous.
Miss Lala faisait partie de la Troupe Kaïra, un collectif d'artistes de cirque itinérants. Ce nom de troupe apparaissait souvent sur les affiches aux côtés du nom de Miss Lala, notamment pour des représentations dans des lieux prestigieux comme les Folies Bergère à Paris.

Miss Lala, alias Okga (au centre), entourée de la troupe Kaira. De gauche à droite : sa partenaire aérienne Kaira Blanche, Petite Kaira et Popischill.
La Troupe Kaïra était probablement composée d'autres artistes qui complétaient les numéros de Miss Lala, apportant une dimension collective aux spectacles de force et d'acrobatie. On mentionne parfois "Miss Kaïra et Olga" ou "Miss Lala Olga Kaira", suggérant que le nom "Kaïra" pouvait aussi être utilisé comme un pseudonyme par d'autres artistes de la troupe, ou même comme un nom générique pour l'ensemble du groupe autour de Miss Lala. Bien que Miss Lala soit l'artiste la plus célèbre associée à ce nom, la Troupe Kaïra représentait l'ensemble des talents et des performances qui contribuaient au succès de leurs spectacles, souvent axés sur des démonstrations de force, d'agilité et de virtuosité aérienne.

Miss Lala et troupe Kaira, 1880.
Miss Realta est une artiste de force active à la fin du XIXᵉ siècle, connue pour des numéros spectaculaires mettant en scène la puissance physique féminine dans un registre fortement marqué par l’imaginaire militaire. Présentée comme « la véritable femme mitrailleuse », elle incarne une figure de force et de résistance, utilisant des objets lourds et symboliques,notamment un canon, comme éléments centraux de sa performance.
Les sources iconographiques la montrent portant ou manipulant un canon, suggérant un exploit de force statique ou dynamique, plutôt qu’un numéro de projection. Aucun élément ne permet d’affirmer avec certitude qu’elle ait été propulsée par un canon : le dispositif semble ici relever davantage de la mise en scène spectaculaire que d’un mécanisme réel de lancement humain. Son numéro s’inscrit dans une tradition de spectacles où la force féminine est volontairement dramatisée, associée à des symboles de puissance, de danger et de maîtrise, afin de frapper l’imagination du public. Comme pour de nombreux artistes de cette période, la frontière entre performance réelle, exagération visuelle et discours publicitaire demeure volontairement floue.

Le 2 avril 1877, Rossa Mathilda Richter (Zazel) effectue un numéro aérien inédit et spectaculaire au Royal Aquarium de Londres en devenant le premier boulet de canon humain. Zazel est envoyée par un canon à ressort dans les airs avec une trajectoire estimée approximativement à 21m pour atterrir dans un filet de sécurité.

À partir de 1880, Phineas Taylor Barnum repère ce numéro et lui propose de participer à une tournée à travers la France et les États-Unis. En 1891, à l'âge de vingt-huit ans, Zazel fait une chute à cause d'un équipement défectueux et se casse le dos. Blessée, elle est suspendue dans un plâtre complet pendant plusieurs mois, mais bien qu'elle se soit rétablie, elle ne travaillera plus jamais. Elle retourne en Angleterre pour vivre à Upper Norwood, au sud de Londres. En 1912, elle se marie avec George Oscar Starr, attaché de presse de Phineas Taylor Barnum et directeur du Barnum Show à Londres.

Folies-Bergère. La Vraie Zazel. 1879. Illustrateur : Jules Chéret. Source gallica.bnf.fr
La place de Zazel dans le Livre Guinness des records du monde en tant que premier boulet de canon humain est contesté, certains affirmant que le titre appartient au couple australien, Ella Zuila et George Loyal. Il apparait également que cette attraction à grande sensation eut un énorme succès en Amérique vers les années 1870 avec l'artiste Miss Lulu, un trapéziste travesti et fils adoptif de William Leonard Hunt, également connu sous le nom de scène "The Great Farini" qui déposa le brevet compte tenu du succès.

Affiches de cirque. (1875-1935). Hippodrome : Zazel de Farini (femme-canon) / illustration d'Aubert. Source gallica.bnf.fr / BnF . Fonds Jean Villiers (1925-1997).

Illustration : La femme Mélinite tous les soirs. Affiche non identifiée. 1887. Champs Élysées. Cirque d'Été́. Source gallica.bnf.fr / BnF
La presse adopte le terme pour qualifier une autre révélation du moment : une jeune danseuse au rythme qualifié d’explosif, la chanteuse Jane Avril (1868-1943), ‘la Femme Mélinite’ que Toulouse-Lautrec immortalise en 1892 dans un petit tableau intitulé Jane Avril. La Mélinite dansant, huile sur carton conservée au musée Musée Toulouse-Lautrec, à Albi. Le surnom est d’autant plus opportun pour une femme-canon sans nom, annoncée au programme du Cirque d’Été (Cirque des Champs-Élysées) en 1887. (source : BnF)
Mélinite : Acide carbo-azotique. Explosif particulièrement puissant qui se compose d'acide picrique. Il est utilisé pour charger les obus et augmenter ainsi les effets de l'explosion. Il a été découvert par Eugène Turpin que XIXe siècle.
(voir Artistes de Music-Hall : Jane Avril . Jardin de Paris)