
À ne pas confondre avec les forces prodigieuses présentées comme phénomènes ou curiosités humaines. Ici, la force est mise en scène comme un numéro construit, destiné au spectacle. Elle s’exprime à travers des démonstrations publiques, des défis scénarisés et des dispositifs spectaculaires, faisant de l’homme ou de la femme fort(e) un artiste de la scène.
Ces articles n’ont pas pour but de juger ou de hiérarchiser les capacités, mais de replacer ces performances dans leur contexte de spectacle.
(Voir : Phénomènes. Curiosités. Prodiges – Les forces prodigieuses et résistances extrêmes)
Au tournant du XXe siècle, Bobby Pandour (1876-1920) s'est imposé comme l'un des pionniers de la culture physique moderne. D'origine polonaise, il parcourait l'Europe et les États-Unis en présentant un numéro de force et de pose plastique avec son frère Ludwik. Contrairement aux « colosses » de son époque qui misaient sur une masse impressionnante, Bobby Pandour était admiré pour son physique athlétique, symétrique et extrêmement découpé :
Il est considéré comme l'un des premiers athlètes à avoir mis l'accent sur la définition musculaire et l'esthétique du corps, plutôt que sur la seule force brute. Sur cette photo, on reconnaît son style caractéristique, avec sa moustache soignée et son costume de scène rayé. Il portait parfois un masque, comme ici, pour ajouter une touche de mystère à ses performances.
Bien que moins massif que certains de ses rivaux, il possédait une force réelle et était réputé pour sa capacité à porter son frère sur ses épaules tout en montant des escaliers en courant. Bobby Pandour reste aujourd'hui une figure culte pour les passionnés d'histoire du culturisme, symbolisant la transition entre les anciens hommes forts de foire et l'esthétique du bodybuilding moderne.

Eugen Sandow est l’une des figures majeures de la culture physique à la fin du XIXᵉ siècle. D’origine prussienne, il devint célèbre en Europe et aux États-Unis pour sa force, mais surtout pour la mise en valeur esthétique de son corps, inspirée des canons de la statuaire antique.
Il ne se présentait pas uniquement comme un homme fort, mais comme un modèle de discipline corporelle, associant entraînement, hygiène de vie et maîtrise de soi. Sandow joua un rôle fondamental dans la naissance du culturisme moderne et dans la transformation du corps athlétique en objet d’admiration publique.
Sandow débute sa carrière sur les scènes de music-halls, de théâtres et de variétés à la fin du XIXᵉ siècle. Il s’y produit lors de démonstrations de force et surtout de poses plastiques, où il présente son corps comme une œuvre vivante, inspirée de l’Antiquité. Ces exhibitions attirent un large public et relèvent pleinement du spectacle populaire.
En revanche, il se distingue progressivement des foires et des exhibitions foraines classiques. Contrairement aux « phénomènes » exhibés pour leur étrangeté, Sandow cherche à imposer une image respectable, éducative et moderne du corps athlétique. Il transforme la force en idéal esthétique et moral, s’adressant aussi bien aux élites qu’au grand public.

Photographie promotionnelle liée à l’ouvrage Strength and How to Obtain It, publié au tournant du XXᵉ siècle.
Ce type d’image participe à la diffusion d’un nouveau discours sur le corps : non plus seulement spectaculaire ou monstrueux, mais éducatif et normatif. Sandow y apparaît à la frontière entre l’artiste de scène, l’athlète et le pédagogue, incarnant une évolution majeure du spectacle de force vers la culture physique moderne.

Affiche Sandow, The Human Dumbbell Affiche de la fin du XIXᵉ siècle faisant la promotion d’un numéro de force de Eugen Sandow, présenté dans le cadre des spectacles de vaudeville dirigés par Florenz Ziegfeld Jr.
Grete Wolfram est une athlète et artiste de force allemande active au début du XXᵉ siècle. Spécialisée dans le lancer du poids et le maniement de massues lourdes (Keulenschwingen), elle appartient à cette génération de femmes fortes qui évoluent à la frontière du sport, du cirque et du spectacle de variétés.
Elle est reconnue comme détentrice d’un record féminin germano-autrichien, mention explicitement portée sur les documents promotionnels la concernant, ce qui inscrit son parcours dans une logique de performance mesurée et officiellement attestée. Son image publique, fondée sur la démonstration de puissance corporelle, rompt volontairement avec les normes féminines de son époque et participe à l’émergence d’une figure féminine forte, affirmée et spectaculaire.
Grete Wolfram se produit principalement dans l’espace germanophone, en Allemagne et dans les territoires austro-hongrois, au sein de circuits mêlant spectacles de force, exhibitions athlétiques et numéros de scène. Son activité est attestée vers 1905–1915, période durant laquelle ces disciplines connaissent un fort succès populaire.

Le portrait montre Grete Wolfram dans une pose statique et frontale, tenant une massue lourde, symbole central de sa discipline. La mise en scène insiste sur la stabilité, la puissance et la maîtrise du corps, renforcée par les accessoires de force et l’inscription imprimée soulignant son statut de recordwoman.
Henry Joignerey est un homme fort français actif à la fin du XIXᵉ siècle, figure emblématique des spectacles de force de la Belle Époque. Il se produit notamment au Concert de La Scala, boulevard de Strasbourg à Paris, l’une des grandes salles de café-concert où se mêlent numéros athlétiques, acrobaties et attractions spectaculaires.
Sa renommée repose sur un numéro particulièrement frappant : soulever un cheval et son cavalier tout en étant suspendu, exploit présenté comme atteignant 750 kilos. Comme souvent à l’époque, le chiffre participe autant à la fascination qu’à la performance réelle, la démonstration étant conçue pour impressionner et nourrir le mythe de la force surhumaine.
Henry Joignerey s’inscrit dans une tradition d’hommes forts se réclamant de l’imaginaire antique, d’où le surnom d’« Hercule », et incarnant une vision héroïque et spectaculaire du corps masculin. Si sa vie privée demeure peu documentée, sa carrière témoigne de l’âge d’or des spectacles de force, où la puissance physique devient un art de scène et un argument publicitaire majeur.

Cette affiche annonce un spectacle de force présenté au Concert de la Scala, situé boulevard de Strasbourg à Paris, à la fin du XIXᵉ siècle. Elle met en avant Henry Joignerey, surnommé « l’Hercule », réalisant un numéro spectaculaire consistant à soulever un cheval et son cavalier, pour un poids annoncé de 750 kilos.
Par son graphisme et ses chiffres impressionnants, l’affiche illustre parfaitement le sensationnalisme et l’esthétique héroïque des spectacles de force de la Belle Époque.
Jack de Fer, de son vrai nom Jean-François-Marie-Ferdinand de Fer, plus couramment appelé Jean Fer, fut l’un des hommes forts français les plus remarqués de la fin du XIXᵉ siècle. Athlète de spectacle, il incarne cette époque où la force physique devient un véritable numéro de scène, mêlant performance réelle et mise en scène héroïque.
Connu pour ses démonstrations de puissance spectaculaires, notamment des numéros de portés et de résistance, il se produisit dans les grandes salles parisiennes, en particulier aux Folies-Bergère, haut lieu du divertissement populaire. Son nom de scène, Jack de Fer, participe pleinement à l’imaginaire forain de l’époque, évoquant une force brute, presque mythique, destinée à frapper l’imagination du public.
Figure emblématique du monde du spectacle, Jean Fer illustre la frontière alors ténue entre athlétisme, attraction et représentation, à une époque où les hommes forts étaient à la fois artistes, performers et symboles vivants de la puissance humaine.

Affiche publicitaire des Folies-Bergère (Paris), fin XIXᵉ siècle.
Ce type d’illustration servait à promouvoir les grands numéros de force présentés sur scène, en exagérant volontairement la puissance et l’héroïsation du corps. Les hommes forts, comme Jack de Fer, y étaient représentés dans une posture quasi mythologique, destinée à frapper l’imaginaire du public et à attirer les foules.
Kate Brumbach (1884–1952) est l’une des femmes fortes les plus célèbres de l’histoire du cirque et des spectacles de force. Née en Autriche dans une famille d’artistes de cirque, elle grandit dans un environnement où la force physique est un art transmis de génération en génération. Très jeune, elle se distingue par une puissance exceptionnelle. Son nom de scène, Sandwina, lui est donné après avoir vaincu le célèbre homme fort Eugen Sandow lors d’un défi public, exploit rare et largement médiatisé. Dès lors, elle devient une attraction internationale, se produisant en Europe et aux États-Unis, notamment dans les grands cirques et music-halls.
Sandwina réalise des numéros impressionnants : elle soulève des haltères dépassant ceux de nombreux hommes forts, porte des personnes à bout de bras et accomplit des démonstrations de force tout en conservant une apparence féminine soignée, brouillant volontairement les codes de genre de son époque.
Mariée à un homme de petite taille, souvent intégré à ses numéros, elle contrôle en grande partie sa carrière et jouit d’un statut respecté, loin de l’exploitation subie par d’autres artistes. Elle se retire progressivement de la scène dans l’entre-deux-guerres et meurt en 1952.

Cette photographie montre Kate Brumbach, dite Sandwina, posant aux côtés de son mari, de petite taille. La composition joue volontairement sur le contraste des gabarits afin de souligner la force et la stature exceptionnelle de l’artiste.
Sous le nom de Nino se cache un artiste ou un chef de troupe de la Belle Époque, principalement connu pour le spectaculaire numéro de la Roue de Nino, présenté notamment lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. Plus qu’un individu précisément identifié, Nino représente une signature artistique, associée à un exploit collectif mêlant force, équilibre et coordination humaine.
Le numéro consistait en une grande roue métallique actionnée par les corps mêmes des artistes, qui prenaient place à l’intérieur et autour de la structure. L’attraction reposait sur l’endurance physique, la maîtrise du mouvement et la synchronisation parfaite des participants, transformant l’effort humain en machine vivante.
Présentée comme l’un des temps forts des spectacles de l’époque, la Roue de Nino incarne l’engouement de la fin du XIXᵉ siècle pour les prouesses physiques, les dispositifs mécaniques et la célébration du corps mis à l’épreuve. Elle témoigne d’un moment où le spectacle exaltait la force humaine autant que le progrès technique, dans une mise en scène spectaculaire mais fondée sur un effort bien réel.

Sous le nom de Leitner, se dessine la silhouette d’un homme devenu symbole de la force à la Belle Époque. De son vrai nom Jean-Amable Leitner, il appartient à cette génération d’athlètes de spectacle pour lesquels la puissance du corps ne se mesurait pas seulement en kilos soulevés, mais aussi en regards émerveillés.
Surnommé « l’Hercule moderne », Leitner se produisit sur les scènes de music-hall et dans les grandes salles de divertissement, où ses démonstrations de force impressionnaient autant qu’elles fascinaient. Portés extrêmes, exercices de résistance, domination de charges imposantes : chaque numéro participait à construire l’image d’un homme défiant les limites ordinaires du corps humain.
Chez Leitner, la force était réelle, mais elle était aussi racontée. Mise en scène, amplifiée, presque mythifiée, elle s’inscrivait dans un imaginaire où l’athlète devenait héros. Il incarne ainsi une époque où la puissance physique était un spectacle à part entière, à la frontière du sport et du théâtre, et où l’homme fort occupait une place centrale dans le paysage du divertissement populaire.
À travers son parcours se lit tout un pan de l’histoire du spectacle : celui d’un monde où la fascination pour le corps, ses limites et ses exploits, nourrissait l’émerveillement du public et façonnait des figures devenues, avec le temps, presque légendaires.

Affiche vers 1900 annonçant Leitner, “l’Hercule moderne”, présenté au Casino de Paris. Par une mise en scène spectaculaire montrant l’homme de force soutenant des chevaux cabrés, cette illustration incarne le goût du sensationnel et la fascination pour les prouesses physiques dans les spectacles parisiens de la fin du XIXᵉ siècle.
Actifs au tournant du XXe siècle, Les Adally's étaient des attractions populaires des cirques et music-halls européens. Originaire de Dijon, comme l'indique l'adresse permanente sur la carte postale (68, rue de la Liberté), ce duo se présentait sous l'esthétique antique des « Gladiateurs ». Contrairement aux athlètes soulevant des poids avec leurs bras ou leur dos, leur numéro était basé sur une force dentaire et cervicale phénoménale :
Ils étaient capables de se suspendre ou de soulever des charges (parfois même l'un l'autre) uniquement à l'aide d'un embout de cuir serré entre leurs dents. Revêtus de tuniques en peau de léopard et de sandales à lacets montants, ils incarnaient l'image de la puissance antique très en vogue dans les spectacles de l'époque.
À cette époque, la ville de Dijon possédait une culture physique très ancrée, et la rue de la Liberté était le cœur battant de la vie commerciale où ces artistes pouvaient avoir leur bureau ou leur lieu d'entraînement. Comme beaucoup d'artistes de force, ils utilisaient ces cartes postales photographiques (réalisées ici par Louis Bauer) comme support promotionnel pour décrocher des contrats dans les plus grands établissements, à l'image des Folies-Bergère.

Les deux hommes figurant sur cette photographie sont les membres du duo Les Adally's, des artistes de force et acrobates spécialisés dans ce que l'on appelait à l'époque le « Travail de Mâchoire ».
Les frères Jadin forment un trio d’hommes forts actifs à la fin du XIXᵉ siècle. Le groupe est composé de Victor, Léon et Paul Jadin, trois frères qui se produisent ensemble dans le monde des spectacles de force et des exhibitions athlétiques.
Leur carrière repose sur des démonstrations de puissance physique combinant levées de poids, bris de chaînes, portés humains et exercices d’équilibre. À une époque où la force est encore largement présentée comme un spectacle autant que comme une discipline, ils incarnent une tradition d’athlètes-artistes, mêlant performance réelle et mise en scène.
Présentés comme une véritable dynastie, les frères Jadin exploitent l’image de la force familiale et collective, renforçant l’impact de leurs numéros auprès du public. Ils s’inscrivent dans la lignée des grands hommes forts de la Belle Époque, figures populaires situées à la frontière du sport, du cirque et de la foire.

Affiche française de la fin du XIXᵉ siècle consacrée aux frères Jadin, présentés comme « les rois des athlètes ». Elle met en scène leurs principaux numéros de force et souligne leur dimension familiale à travers des médaillons nommant Victor, Léon et Paul.
À la fin du XIXe siècle, Louis Cyr (1863-1912) s'impose comme une figure monumentale de la force physique. Originaire du Québec, ce colosse est rapidement considéré comme l'un des hommes les plus forts ayant jamais vécu, voyageant à travers l'Amérique du Nord et l'Europe pour démontrer sa puissance phénoménale.
Son répertoire de prouesses, illustré par cette photographie prise dans un studio professionnel de York, en Pennsylvanie, reposait sur une force brute authentique : Il s'est rendu célèbre en retenant, par la seule force de ses bras, quatre chevaux de trait tirant dans des directions opposées.
Détenteur de nombreux records mondiaux, il manipulait avec aisance des haltères massifs que peu d'hommes pouvaient simplement décoller du sol. Au-delà de ses exploits, Louis Cyr est devenu un symbole national au Canada, représentant un idéal de puissance et de persévérance. Bien qu'il ait dû prendre sa retraite en raison de problèmes de santé avant de s'éteindre à l'âge de 49 ans, ses records et son nom restent gravés dans l'histoire de la culture physique mondiale.

Photographie réalisée à la fin du XIXᵉ siècle, représentant Louis Cyr lors d’une démonstration publique de force. L’image montre l’athlète supportant le poids de deux policiers assis sur un tonneau, utilisés à la fois comme charge réelle et comme témoins de l’exploit. Ce type de photographie avait pour fonction de documenter et d’attester visuellement les performances exceptionnelles, à une époque où l’image servait de preuve auprès du public. Entre spectacle et démonstration, ce document illustre le recours croissant à la photographie pour fixer et authentifier les exploits physiques hors normes.
Son record le plus célèbre est d'avoir soulevé une plateforme chargée de 18 hommes, représentant un poids total de 1 967 kg (4 337 livres). Il a réussi à soulever un poids de 251 kg (553 livres) avec un seul doigt. Une autre source mentionne un poids de 242 kg (534 livres) pour cet exploit. À l'âge de 19 ans, il a soulevé de terre jusqu'à ses épaules une pierre pesant officiellement 233 kg (514 livres), un exploit qui est resté longtemps inégalé. Il a levé 124 kg (273 livres) au-dessus de sa tête avec la main droite. Il a soulevé un haltère de 73,7 kg (162,5 livres) pour 36 répétitions consécutives avec le bras droit. Il a maintenu à bras tendus latéralement 44 kg (97 livres) de la main droite et 40 kg (88 livres) de la main gauche.

Affiche publicitaire américaine consacrée à Louis Cyr, imprimée à la fin du XIXᵉ siècle, très probablement vers 1898. Elle est destinée au marché nord-américain et s’inscrit dans la grande tradition des affiches de défi et de promotion des hommes forts.
Note : Bien que relevant du numéro d’homme fort présenté sur scène, l’ampleur des performances de Louis Cyr le place à la frontière des forces prodigieuses, tant ses capacités ont parfois été perçues comme hors du commun, au-delà même du cadre du spectacle.
Monsieur Verhaert, artiste de cirque du Cirque Molier, était un homme fort célèbre dans les années 1920. Il était connu pour ses prouesses athlétiques extraordinaires, notamment : Recordman du monde du soulevé de terre : Il a établi un record en soulevant 1040 kg. Port de charges incroyables : Il était capable de porter un piano et sa pianiste sur ses épaules, ainsi qu'un appareil impressionnant supportant deux chevaux de selle et leurs amazones. Ces exploits ont été immortalisés par l'Agence Rol, qui a pris de nombreuses photographies de Monsieur Verhaert lors de ses performances au Cirque Molier. Ces photos sont aujourd'hui conservées à la Bibliothèque nationale de France et témoignent de la force et du talent de cet artiste hors du commun.

Agence Rol. Agence photographique. 3/7/23, cirque Molier, répétition, exercice de M. Verhaert : photographie de presse. 1923. Source gallica.bnf.fr / BnF
Niram est un artiste de force et d’acrobatie actif à la fin du XIXᵉ siècle, connu pour ses démonstrations dites de « travail herculéen » présentées dans les grandes salles de spectacles populaires, notamment les hippodromes.
Sa spécialité repose sur des numéros combinant force extrême, équilibre et suspension, où il supporte, souvent en position renversée, des structures portant chevaux et cavaliers. Ces performances, soigneusement mises en scène, s’inscrivent dans la tradition des hommes forts de la Belle Époque, qui cherchaient à repousser les limites du corps humain tout en fascinant le public par des images spectaculaires.
Peu d’éléments sont connus sur sa vie personnelle, mais Niram incarne pleinement cette génération d’artistes pour qui la force physique devient un art scénique, à mi-chemin entre prouesse athlétique, acrobatie et mythe héroïque.

Cette affiche annonce un spectacle de force herculéenne présenté à l’Hippodrome, mettant en vedette Niram. Elle le représente exécutant un numéro spectaculaire en position renversée, soutenant une structure portant plusieurs chevaux et leurs cavaliers, image conçue pour impressionner le public et illustrer l’extrême puissance attribuée à l’artiste.
Charles Denis Vichot (1876-1945), un célèbre homme fort français qui se produisait sous le nom de scène de « Sampson ». Dans les années 1900, il était l'une des attractions phares des Folies-Bergère à Paris, où il présentait ses exploits pendant des séries de représentations comme celle indiquée sur l'affiche.

Son spectacle reposait sur des prouesses de force athlétique pure : Sa spécialité consistait à briser des chaînes en acier en gonflant simplement ses muscles ou en tirant dessus, une image devenue son emblème publicitaire. Sur scène, il réalisait des numéros de force impressionnants où il jonglait avec des poids ou supportait des charges énormes. Avec sa moustache caractéristique et sa musculature imposante, il incarnait l'idéal de puissance de la Belle Époque. Contrairement à d'autres athlètes de son temps, il a connu une longue carrière et a marqué l'histoire du music-hall français avant de s'éteindre à l'âge de 69 ans.

Comme le montre ce portrait en débardeur rayé, Vichot cultivait une image de force élégante, caractérisée par une moustache en croc parfaitement cirée et une musculature harmonieuse. Cette photo illustre parfaitement la transition entre l'athlète de foire et la star de cabaret, mêlant performance physique et charisme visuel.
Sous le nom de scène Samson, se cache Victor Delamarre (1888–1961), l’un des plus célèbres hommes forts canadiens du début du XXᵉ siècle. Né au Québec, Delamarre acquiert une renommée internationale grâce à des performances de force exceptionnelles, dont certaines restent encore aujourd’hui des références dans l’histoire de l’haltérophilie et du spectacle athlétique.
Contrairement à de nombreux « monstres de foire » du XIXᵉ siècle, Samson incarne une force authentique, mesurée et démontrée publiquement. Il se produit dans des salles prestigieuses, notamment en Europe, où il est présenté comme “The Strongest Man on Earth”. Son image s’inscrit à la croisée du sport, du music-hall et du divertissement populaire, à une époque où la force physique devient un spectacle à part entière.
Son nom, son identité et ses exploits ne font l’objet d’aucun doute sérieux : Victor Delamarre appartient pleinement à l’histoire des grands hommes forts, entre prouesse réelle et mise en scène spectaculaire.

Affiche du Royal Aquarium de Londres, haut lieu du divertissement populaire au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Elle met en scène Victor Delamarre, dit Samson, célèbre homme fort canadien, présenté comme « le plus fort homme du monde ». L’image illustre la mise en spectacle de la force réelle à travers une iconographie héroïque et théâtralisée, caractéristique de l’époque.
Dans les années 1920, Siegmund « Zishe » Breitbart (1883-1925) parcourt les cirques d'Europe et des États-Unis pour réaliser des exploits herculéens. Alors considéré comme « l'homme le plus fort du monde », cet athlète d'origine juive polonaise devient une véritable star internationale.

Sur cette photographie, il exécute l'un de ses numéros les plus spectaculaires : il se maintient au sol pour supporter le poids massif d'un bloc de pierre posé sur sa poitrine. Face à lui, son assistant, souvent un membre de sa famille ou de sa troupe, brandit une lourde masse. Dans un instant de tension absolue, l'assistant porte le coup final pour briser la pierre, prouvant ainsi la résistance physique exceptionnelle de Breitbart. C'est lors d'une autre démonstration de force en 1925 que l'invincible Breitbart se blessa au genou avec un clou rouillé. Cette blessure superficielle provoqua une infection qui lui fut fatale à l'âge de 42 ans.
