Virtuoses de scène

Awata

Awata est un jongleur japonais actif en Europe à la fin du XIXᵉ siècle, principalement entre 1890 et 1905. Il se produit dans les grands music-halls parisiens à une époque où le public se passionne pour les artistes venus d’Asie. Spécialisé dans la jonglerie de balles et d’objets, Awata se distingue par la précision de son geste et une présentation très codifiée, où la virtuosité technique se conjugue à une esthétique exotique soigneusement construite pour la scène occidentale.

Cette affiche, réalisée vers la fin des années 1890, annonce les représentations d’Awata aux Folies-Bergère, où il est programmé tous les soirs. Elle le montre exécutant un numéro de jonglerie sophistiqué, entouré d’accessoires et vêtu d’un costume orientaliste richement décoré. L’image illustre parfaitement l’esthétique publicitaire de la Belle Époque, mêlant virtuosité circassienne, fascination pour l’exotisme et culture du spectacle de masse à la veille du XXᵉ siècle.


Emilia Rose

À la fin du XIXᵉ siècle, lorsque les scènes européennes vibrent au rythme de la Belle Époque, Emilia Rose s’impose comme l’une des artistes les plus singulières et admirées de son temps. Vers 1895, son nom brille au sommet des affiches de music-halls et de cirques, porté par une iconographie spectaculaire signée du célèbre imprimeur Adolph Friedländer. Spécialiste de l’antipodisme, cet art rare qui consiste à jongler, équilibrer et manipuler des objets avec les pieds, Emilia Rose défie la gravité avec une aisance troublante. Suspendue entre force et grâce, elle exécute ses numéros dans des postures inversées, offrant au public une vision à la fois audacieuse et d’une grande élégance. Son costume délicatement orné de fleurs, emblématique de la mode des années 1890, accentue encore ce contraste entre prouesse athlétique et raffinement féminin. Mais Emilia Rose ne se contente pas de l’exploit. Visionnaire, elle est l’une des premières artistes à faire dialoguer le cirque et la modernité commerciale. Dès 1893–1895, elle intègre à son numéro un objet inattendu : un flacon géant de l’élixir Odol, produit d’hygiène buccale tout juste lancé en 1892. Manipulé avec une précision vertigineuse, l’objet devient à la fois agrès, curiosité et symbole du progrès. À travers elle, le spectacle populaire se transforme : l’artiste devient image, l’exploit devient réclame, et la piste se fait vitrine du monde moderne. Emilia Rose incarne ainsi une époque où le cirque ne se contentait plus d’émerveiller, mais participait pleinement au rêve, à la nouveauté et à l’imaginaire de son temps.

Cette affiche spectaculaire de la Belle Époque met en scène Emilia Rose, grande vedette de l’antipodisme à la fin du XIXᵉ siècle. Imprimée par le célèbre atelier Adolph Friedländer, elle illustre l’artiste dans une série de poses inversées, exécutant ses équilibres et manipulations d’objets avec les pieds, signature de son art. Au centre de la composition apparaît un élément insolite et moderne : un flacon géant d’Odol, intégré directement au numéro. L’affiche mêle ainsi virtuosité acrobatique, élégance féminine et réclame commerciale, témoignant d’une époque où le cirque devient aussi vitrine du progrès et de la modernité.


King Pepp

King Pepp est un artiste comique spécialisé dans la jonglerie burlesque, actif au début du XXᵉ siècle, probablement années 1910–1920. Son personnage associe les codes du clown élégant et du gentleman excentrique, héritier à la fois du clown blanc et du comique de music-hall. King Pepp développe un numéro fondé sur la jonglerie d’objets détournée par le gag, l’illusion de mouvement et la caricature gestuelle. Il se produit principalement en Europe occidentale (France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni), dans les cirques, théâtres de variétés et music-halls, où ce type de jonglerie comique rencontre un large succès auprès du public urbain.

Affiche illustrée en couleur, Europe, vers 1915–1925.
Publicité pour l’artiste King Pepp, représenté en tenue de gentleman caricatural exécutant un numéro de jonglerie comique, avec des balles figurées en rotation graphique.


Walter Bellonini

Walter Bellonini est un artiste de cirque européen actif à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, reconnu pour un registre pluridisciplinaire mêlant jonglerie, équilibre et clown excentrique. Héritier de la tradition des artistes-complets, il incarne une figure typique du cirque et du music-hall de la Belle Époque, où l’exploit technique se conjugue étroitement au jeu comique et à la transformation corporelle. Son travail repose sur la virtuosité manuelle, la précision gestuelle et une forte présence scénique, utilisant le grotesque, la caricature et la rupture des codes classiques du clown blanc. Il se produit principalement en Europe occidentale, notamment en France, dans les cirques et théâtres de variétés, avec une diffusion internationale par l’image et l’affiche.

Cette affiche lithographiée française, datable des années 1890–1900, présente Walter Bellonini comme Jongleur – Équilibriste – Clown excentrique. La composition caricaturale, centrée sur une tête surdimensionnée et un corps stylisé, accentue la dimension comique et spectaculaire de l’artiste, tout en montrant ses différents registres de jeu. Imprimée par Charles Lévy (Paris), cette affiche appartient à la grande tradition de la publicité circassienne de la Belle Époque, où l’artiste est mis en scène comme une figure immédiatement reconnaissable, à la frontière entre prouesse technique et personnage grotesque.