
Au XIXᵉ siècle, de nombreuses attractions reposent sur les illusions d’optique et les dispositifs visuels destinés à surprendre et émerveiller le public. Grâce à des jeux de miroirs, de transparences, d’éclairages et de projections, ces spectacles donnent l’impression de voir apparaître des images mouvantes, des fantômes, des paysages lointains ou des scènes impossibles. Présentées dans des théâtres, des cabinets scientifiques, des foires, des salons ou lors de grandes expositions, ces expériences visuelles mêlent divertissement populaire, curiosité scientifique et fascination pour les nouvelles technologies de l’image.
Dans le même temps, les grandes manifestations publiques et les expositions internationales deviennent elles aussi de véritables spectacles destinés à impressionner les visiteurs. Pavillons monumentaux, architectures audacieuses, machines spectaculaires et installations visuelles plongent le public dans des univers où la découverte scientifique, l’industrie et le divertissement se mêlent étroitement. Les expositions universelles présentent ainsi les progrès techniques et les cultures du monde entier à travers des dispositifs spectaculaires qui transforment la visite en véritable expérience visuelle et sensorielle.
Ces attractions et ces installations témoignent de l’intérêt croissant du public pour les phénomènes optiques et pour les nouvelles manières de représenter le monde par l’image. Elles constituent une étape importante dans l’évolution des spectacles visuels du XIXᵉ siècle et annoncent déjà certaines inventions qui conduiront plus tard à la photographie animée et au cinéma.

Fantasmagorie.
Spectacle d’illusion utilisant la lanterne magique pour projeter des images de fantômes et d’apparitions, très populaire en Europe à la fin du XVIIIᵉ et au début du XIXᵉ siècle.
Gravure du XIXᵉ siècle. Domaine public.
Chronologie des attractions optiques et illusions visuelles (1790-1900)
1790 : Europe. Les premières fantasmagories utilisent la lanterne magique pour projeter des images de fantômes et de spectres, créant des spectacles d’illusions particulièrement populaires.
Début du XIXᵉ siècle : Europe. Les spectacles optiques se multiplient dans les foires, les cabinets scientifiques et les salons, mêlant curiosité scientifique et divertissement. 1830 : Europe. Apparition de dispositifs comme les polyoramas et diverses boîtes optiques permettant d’observer des images transformées par la lumière, la transparence ou la perspective.
1830-1870 : Europe. Les spectacles visuels fondés sur les illusions d’optique connaissent un grand succès dans les théâtres et les lieux de divertissement.
1851-1900 : Europe et Amérique. Les expositions universelles présentent de nombreux dispositifs spectaculaires et installations visuelles qui participent au développement des expériences immersives.
Fin du XIXᵉ siècle : Europe et États-Unis. Le développement des jouets optiques et des appareils d’animation d’images marque une étape décisive vers les premières images animées et l’invention du cinéma.

Principe du panorama immersif du XIXᵉ siècle. Depuis une plateforme centrale, les visiteurs observent une immense peinture circulaire représentant une ville ou un paysage, donnant l’illusion d’un point de vue réel à 360°. Reconstitution inspirée des panoramas présentés en Europe au XIXᵉ siècle.
Le Cinéorama est imaginé par l’ingénieur français Raoul Grimoin-Sanson. L’installation propose aux visiteurs une expérience totalement inédite : simuler une ascension en ballon au-dessus de Paris grâce à un dispositif de projection circulaire. Au centre de la salle se trouve une nacelle de ballon reconstituée, dans laquelle prennent place les spectateurs. Tout autour d’eux, sur une toile circulaire géante, sont projetées des images filmées depuis un véritable ballon captif.

1900. Paris. Affiche du Ballon Cinéorama. Affiche annonçant l’attraction du Cinéorama de Raoul Grimoin-Sanson à l’Exposition universelle de 1900, près de la tour Eiffel, proposant aux visiteurs une projection panoramique simulant un voyage en ballon.
Le système utilise dix projecteurs synchronisés disposés en cercle sous la salle. Chacun projette une portion de film sur l’écran panoramique, créant une image continue de 360 degrés. Les films avaient été tournés depuis un ballon au-dessus de Paris. Le spectateur a alors l’impression de s’élever progressivement dans les airs, de voir la ville s’éloigner sous ses pieds et de survoler les paysages.
Le dispositif était extrêmement ambitieux pour l’époque : projection panoramique à 360°, synchronisation de plusieurs projecteurs, illusion immersive complète. Cependant, l’installation fut rapidement fermée pour des raisons de sécurité : la chaleur dégagée par les lampes des projecteurs dans la fosse technique présentait un risque d’incendie.
Malgré sa courte exploitation, le Cinéorama reste une réalisation majeure. Il est souvent considéré comme l’un des ancêtres des projections panoramiques modernes, du cinéma immersif et même des simulateurs de vol.

1900. Paris. Pavillon du Cinéorama à l’Exposition universelle. Vue extérieure du pavillon du Cinéorama, installé à proximité de la tour Eiffel lors de l’Exposition universelle de 1900. Cette attraction imaginée par l’inventeur français Raoul Grimoin-Sanson proposait aux visiteurs une expérience spectaculaire simulant un voyage en ballon au-dessus de Paris grâce à un système de projection panoramique entourant les spectateurs. Malgré l’enthousiasme suscité par cette innovation, l’exploitation de l’attraction fut très brève et demeure aujourd’hui l’un des épisodes les plus singuliers des premières expérimentations du cinéma immersif.

1900. Paris. Le Cinéorama – simulation d’un voyage en ballon. Gravure illustrant l’expérience proposée par le Cinéorama de Raoul Grimoin-Sanson à l’Exposition universelle de 1900 : les spectateurs, installés dans une nacelle de ballon, assistent à une projection panoramique simulant un vol au-dessus de Paris.

1900 : Paris. Exposition universelle. Dispositif du Cinéorama Cette gravure montre la fosse technique du Cinéorama, conçu par l’ingénieur français Raoul Grimoin-Sanson pour l’Exposition universelle de 1900. Le dispositif reposait sur dix projecteurs disposés en cercle, destinés à projeter simultanément des images sur un écran panoramique de 360 degrés, entourant les spectateurs installés dans une nacelle de ballon afin de simuler une ascension au-dessus de Paris. Les images avaient été filmées depuis un ballon captif.
Si le projet fut largement présenté comme l’une des attractions les plus spectaculaires de l’exposition, son fonctionnement réel et la durée effective des projections restent aujourd’hui discutés par les historiens du cinéma. Source : Louis Poyet, gravure du dispositif du Cinéorama, Scientific American Supplement, n°1287, 1 septembre 1900.

1900 : Paris. Dispositif de prise de vues du Cinéorama Gravure montrant la plate-forme circulaire équipée de dix caméras synchronisées utilisée pour filmer les images panoramiques du Cinéorama imaginé par Raoul Grimoin-Sanson pour l’Exposition universelle de 1900. Installé dans une nacelle de ballon captif, ce dispositif permettait d’enregistrer simultanément une vue complète à 360 degrés destinée à être projetée sur l’écran circulaire entourant les spectateurs. Source : illustration technique du Cinéorama, vers 1900.
Spectacles d’illusions et projections fantastiques
À la fin du XVIIIᵉ siècle et au début du XIXᵉ siècle, l’Europe découvre un type de spectacle spectaculaire fondé sur les illusions d’optique : la fantasmagorie. Ces représentations utilisent la lanterne magique, un appareil de projection permettant d’afficher sur un écran ou dans la fumée des images peintes sur des plaques de verre.
Dans une salle plongée dans l’obscurité, le projectionniste fait apparaître devant le public des figures fantastiques : spectres, démons, squelettes ou personnages surnaturels. Les images semblent surgir de l’ombre, se déplacer, grandir ou disparaître, créant une impression d’apparition presque réelle.
Ces spectacles connaissent un grand succès à la fin du XVIIIᵉ siècle, notamment grâce aux représentations organisées à Paris par l’illusionniste Étienne-Gaspard Robertson vers 1798. Les fantasmagories sont ensuite présentées dans de nombreux théâtres, cabinets scientifiques et salons en Europe.
Au-delà du divertissement, ces spectacles témoignent de l’intérêt croissant pour les phénomènes optiques et pour les possibilités offertes par la projection lumineuse. Les fantasmagories constituent ainsi l’une des étapes importantes dans l’évolution des spectacles visuels et annoncent déjà certaines techniques qui conduiront plus tard à la projection cinématographique.
Note : Le terme fantasmagorie apparaît à la fin du XVIIIᵉ siècle pour désigner ces spectacles d’illusions utilisant la lanterne magique. Dans certains textes anciens, on rencontre aussi l’orthographe phantasmagorie, plus proche de l’étymologie grecque (phantasma, apparition). L’orthographe moderne et la plus couramment utilisée en français est aujourd’hui fantasmagorie.

Fantasmagorie avec projection de squelette à l’aide d’une lanterne magique. Gravure du XIXᵉ siècle.
Source : revue La Nature, 11 décembre 1880. Domaine public.

Fantasmagorie de Robertson dans l’ancienne cour des Capucines, Paris, 1797.
Source : gravure ancienne, domaine public.

Fantasmagorie avec projection d’apparition à l’aide d’une lanterne magique. Gravure du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.

Projection d’images à l’aide d’une lanterne magique devant un public familial. Gravure du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.
1862 : Londres
Au milieu du XIXᵉ siècle apparaît l’une des illusions scéniques les plus célèbres de l’histoire du théâtre : le « fantôme de Pepper ». Ce procédé optique permet de faire apparaître sur scène des personnages translucides, comme des spectres surgissant dans l’espace réel devant les spectateurs.
L’effet est popularisé en 1862 au Royal Polytechnic Institution de Londres par le scientifique britannique John Henry Pepper. Il s’appuie sur un dispositif imaginé auparavant par l’ingénieur Henry Dircks, qui avait conçu un système d’illusion reposant sur la réflexion d’une image dans une grande plaque de verre inclinée.
Le principe est relativement simple mais très efficace. Un acteur ou un objet est placé dans un espace caché, généralement sous la scène ou sur le côté. Son image est réfléchie par une grande plaque de verre disposée en biais entre la scène et le public. Selon l’éclairage utilisé, cette image réfléchie apparaît comme une silhouette transparente se mêlant aux décors et aux acteurs présents sur scène. L’effet donne l’impression qu’un fantôme surgit ou disparaît mystérieusement.

Schéma du dispositif du « fantôme de Pepper », montrant la position de la plaque de verre, de la lampe et de l’acteur produisant l’apparition spectrale.
Source : gravure explicative, XIXᵉ siècle, domaine public.
Cette technique connaît un immense succès dans les théâtres européens et américains de la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Elle est notamment utilisée dans les spectacles fantastiques, les adaptations de contes ou les pièces à effets spectaculaires, où l’apparition d’esprits ou de visions surnaturelles fascine le public.
Le « fantôme de Pepper » s’inscrit dans une longue tradition de trucages optiques et d’illusions visuelles qui se développent au XIXᵉ siècle aux côtés de la lanterne magique, des fantasmagories, des panoramas et d’autres spectacles d’images. Ces procédés témoignent de l’intérêt croissant du public pour les expériences visuelles mêlant science, théâtre et divertissement.
Aujourd’hui encore, le principe du fantôme de Pepper continue d’être utilisé dans certaines attractions, musées ou spectacles contemporains, preuve de l’efficacité durable de cette illusion inventée au XIXᵉ siècle.

Principe des « Fantoches vivants », illusion scénique utilisant une plaque de verre pour superposer une image réfléchie aux acteurs visibles sur scène.
Source : gravure explicative, XIXᵉ siècle, domaine public.
Voir : Effets spéciaux. Trucs : Fantômes / Spectres
Note : Dans l’histoire du spectacle, on considère généralement que Dircks est l’inventeur du principe, tandis que Pepper est celui qui l’a rendu célèbre et utilisable au théâtre.
1862 : Première apparition du « fantôme de Pepper » à Londres La première démonstration publique du procédé connu sous le nom de « fantôme de Pepper » a lieu le 24 décembre 1862 au Royal Polytechnic Institution de Londres, un établissement réputé pour ses spectacles scientifiques et ses démonstrations visuelles destinées au grand public.
Le professeur John Henry Pepper y présente une nouvelle illusion théâtrale fondée sur un principe imaginé par l’ingénieur Henry Dircks. Le dispositif utilise une grande plaque de verre inclinée placée entre la scène et la salle. Un acteur, dissimulé dans un espace latéral ou sous la scène et fortement éclairé, voit son image se réfléchir dans cette plaque de verre. Pour les spectateurs, cette image apparaît alors sur le plateau sous la forme d’une figure translucide ressemblant à un fantôme.
Pour la démonstration, Pepper choisit une scène inspirée du récit de Charles Dickens, The Haunted Man and the Ghost’s Bargain. Sur scène, un personnage assis dans une pièce voit soudain apparaître devant lui l’image spectrale de son double. L’apparition semble surgir du néant, flotter dans l’air, puis disparaître progressivement grâce aux variations d’éclairage. L’effet provoque une véritable sensation auprès du public londonien. Les spectateurs, incapables de comprendre immédiatement le mécanisme optique, parlent d’une apparition surnaturelle d’un réalisme saisissant. Le succès est tel que l’illusion est rapidement reprise dans les théâtres britanniques, puis dans toute l’Europe et en Amérique.
Ce procédé deviendra l’un des effets spéciaux les plus célèbres du théâtre du XIXᵉ siècle, utilisé dans les spectacles fantastiques, les démonstrations scientifiques et les numéros de magie pendant plusieurs décennies.

Gravure montrant la plaque de verre inclinée qui reflète l’image d’un acteur caché, créant sur scène l’apparition d’un spectre. Procédé popularisé en 1862 par John Henry Pepper, d’après une idée de Henry Dircks.
John Henry Pepper est un scientifique et pédagogue britannique né en 1821. Il devient directeur scientifique du Royal Polytechnic Institution de Londres, un établissement consacré à la diffusion populaire des sciences et des découvertes techniques.
En 1862, Pepper présente au public une spectaculaire illusion théâtrale permettant de faire apparaître des fantômes sur scène. La démonstration connaît un immense succès et le procédé devient rapidement célèbre sous le nom de « Pepper’s Ghost », ou en français « fantôme de Pepper ».
Pepper consacre une grande partie de sa carrière à la vulgarisation scientifique, multipliant les conférences, démonstrations publiques et ouvrages destinés à expliquer les phénomènes scientifiques au grand public.

Henry Dircks est un ingénieur et inventeur britannique né en 1806. Passionné par les machines, l’architecture et les dispositifs optiques, il s’intéresse également à l’histoire des inventions et des automates.
Vers 1858, Dircks imagine un système d’illusion théâtrale utilisant une grande plaque de verre inclinée pour refléter l’image d’un acteur caché et créer l’apparition d’un fantôme sur scène. Ce dispositif, connu d’abord sous le nom de « Dircksian Phantasmagoria », se révèle difficile à installer dans les théâtres existants.
Lorsque John Henry Pepper reprend et adapte le procédé pour une démonstration publique en 1862, l’illusion devient rapidement célèbre et prend le nom de « fantôme de Pepper », même si l’idée originale revient à Henry Dircks.


« L’Antre du fantôme », illusion théâtrale utilisant le procédé du fantôme de Pepper pour faire apparaître une figure spectrale sur scène. Gravure du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.

« Ghosts on the Stage » : démonstration du procédé du fantôme de Pepper permettant de faire apparaître un spectre sur scène devant le public. Gravure du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.

Production de spectres au théâtre à l’aide du procédé du « fantôme de Pepper ». Gravure explicative du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.

Démonstration du procédé du « fantôme de Pepper » : apparition d’un spectre sur scène grâce à la réflexion d’une image dans une plaque de verre inclinée. Illustration du XIXᵉ siècle. Source : domaine public.

Apparition d’un spectre sur scène obtenue par le procédé du « fantôme de Pepper », utilisant une plaque de verre inclinée. Gravure du XIXᵉ siècle.
Source : domaine public.

Illusion scénique produisant l’apparition d’un fantôme grâce à une plaque de verre inclinée et à une projection lumineuse. Gravure du XIXᵉ siècle.
Source : domaine public.
Kaiserpanorama (vers 1880). Vision stéréoscopique collective Vers 1880 : Allemagne
Le Kaiserpanorama apparaît en Allemagne vers 1880 et devient rapidement une attraction populaire dans de nombreuses villes d’Europe centrale, notamment à Berlin, Hambourg et Vienne. Ce dispositif collectif de vision stéréoscopique permet au public d’observer des photographies donnant une impression de relief et de profondeur.
L’appareil se présente sous la forme d’une grande table circulaire en bois, entourée de sièges et équipée de nombreux oculaires. Les spectateurs s’installent tout autour et regardent chacun à travers un viseur individuel. À l’intérieur du dispositif, un mécanisme fait défiler lentement une série de photographies stéréoscopiques.
Chaque image est composée de deux vues légèrement différentes correspondant à la vision de l’œil droit et de l’œil gauche. Grâce au système optique du Kaiserpanorama, ces deux images se combinent dans le regard du spectateur et produisent une illusion de relief très convaincante.

Kaiserpanorama vers 1880. Les visiteurs sont installés autour d’un appareil circulaire pour observer des vues stéréoscopiques à travers des oculaires individuels. Gravure du XIXᵉ siècle. Domaine public.
Les séries présentées proposent un véritable voyage visuel autour du monde. Le public peut découvrir des paysages lointains, des monuments célèbres, des scènes de la vie quotidienne dans différents pays, des événements historiques ou encore des curiosités naturelles. À une époque où les voyages restent rares pour la majorité de la population, ces images offrent une forme de tourisme imaginaire très apprécié.
Les Kaiserpanoramas sont installés dans des galeries, des cafés ou des salles de divertissement et attirent un public nombreux. Les images sont régulièrement renouvelées afin d’inciter les visiteurs à revenir découvrir de nouvelles vues.
Très répandu entre 1880 et le début du XXᵉ siècle, le Kaiserpanorama constitue une étape importante dans l’histoire des attractions optiques et des spectacles d’images immersifs, annonçant déjà l’attrait du public pour les images en relief et les dispositifs collectifs de vision qui précèdent l’essor du cinéma.

Kaiserpanorama conservé au musée zoologique de Copenhague.
Source : photographie historique, domaine public.
Présenté lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900, le Mareorama est une attraction immersive qui simule un voyage en mer. Les visiteurs prennent place sur la reconstitution d’un pont de navire tandis que de vastes panoramas peints représentant l’horizon et les ports méditerranéens défilent autour d’eux. Des mouvements mécaniques, des effets de vent et de lumière complètent l’illusion d’une traversée maritime.

Mareorama – Exposition universelle de Paris, 1900.
Schéma illustrant le dispositif de l’attraction : un pont de navire reconstitué est installé au centre tandis que de vastes panoramas maritimes peints défilent autour des visiteurs pour simuler une traversée en mer.

Affiche du Mareorama – Exposition universelle de Paris, 1900.
Publicité pour l’attraction simulant un voyage en mer à bord d’un navire reconstitué, installée face à la gare du Champ-de-Mars, près du quai d’Orsay.
Le Pleorama est une attraction immersive imaginée par l’architecte allemand Karl Friedrich Schinkel. Les spectateurs prennent place dans une véritable barque installée dans un bassin, tandis qu’un vaste décor panoramique peint se déploie tout autour d’eux.
Grâce aux jeux d’éclairage et aux mouvements de l’eau, l’ensemble crée l’illusion d’un voyage réel sur une rivière ou un lac.
Le dispositif associe plusieurs éléments spectaculaires : décor panoramique peint, eau réelle, mouvement du bateau et effets de lumière.
Le Pleorama est souvent considéré comme l’un des ancêtres des attractions immersives modernes. Il annonce les dispositifs spectaculaires des expositions universelles et préfigure notamment le Mareorama présenté à Paris en 1900.

Affiche annonçant un spectacle de Pleorama – 1858.
Programme d’une attraction présentant des panoramas animés illustrant différents paysages et scènes de voyage, projetés dans une salle de spectacle.

Karl Friedrich Schinkel — Les rives de la Spree près de Stralau, vers 1817.
Paysage peint par l’architecte et artiste allemand, connu pour avoir imaginé le dispositif immersif du Pleorama, attraction berlinoise simulant un voyage en barque au milieu d’un décor panoramique.