01 Jan
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Une mémoire en construction

Paris n’a jamais cessé de construire, transformer, déplacer, reconstruire ses théâtres.
Certains ont traversé les siècles. D’autres ont disparu en quelques années, emportés par un incendie, une faillite, une guerre, une percée haussmannienne ou un simple changement de mode. 

On estime que plus de trois cents théâtres différents ont existé dans la capitale depuis le 17e siècle. Beaucoup ont changé de nom. Certains ont déménagé. D’autres ont été rebâtis à quelques rues de leur adresse d’origine. Un même lieu peut avoir connu plusieurs vies, plusieurs appellations, plusieurs publics. 

Ce chapitre ne prétend pas figer une liste définitive. Il rassemble, au fil des recherches, les lieux identifiés, documentés, illustrés. Certains articles sont complets. D’autres sont en cours d’enrichissement. Les archives, les plans, les gravures et les photographies apparaissent peu à peu. 

Chaque théâtre est une histoire en soi : une façade disparue, une salle incendiée, une troupe célèbre, un quartier transformé. 

Le travail avance progressivement. La mémoire aussi.


Ambigu / Théâtre de l'Ambigu ou Ambigu-Comique  

Temple élevé à la muse du crime, de la haine, de la dissimulation et de toutes les horreurs mélodramatiques. Le Pégase des auteurs, qui font de la prose ronflante pour ce théâtre, n'est jamais rétif, le directeur de l’entreprise, écuyer fort habile, l'a dressé à ne redouter rien des mains les plus inexpérimentées. Grâce à M. Franconi, le cheval ailé d’Apollon fait, de la meilleure grâce du monde, des écarts ridicules, des pointes du plus mauvais goût, et des pas capables de compromettre tous les cavaliers qui n'auraient jamais parcouru que les sentiers du Parnasse classique. Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités Paris. Chez J-N Barba Librairie. 1825. 

1769 : Construction du Théâtre Audinot (premier nom de ce théâtre parisien) sur le Boulevard du Temple (Nicolas-Médard Audinot, ancien comédien de l’Opéra-Comique) : première salle de l’Ambigu Comique. Architecte : Jacques Cellerier. 

1769 (9 juillet) : Inauguration : 

1770 : Le théâtre a déménagé au 50-52 boulevard du Temple. C'est à cette adresse que l'Ambigu-Comique a gagné en notoriété. 

1786 : le théâtre a de nouveau changé d'adresse pour s'installer au 2 boulevard Saint-Martin. C'est à cette époque que le nom "Ambigu-Comique" a été adopté. 

1800 : Fermeture du théâtre (suite à la proclamation de la liberté des théâtres 

1801 : Réouverture du Théâtre de l'Ambigu Comique. 

1827 : Nuit du 13 au 14 juillet : Incendie dans le théâtre, alors que l’on venait de répéter ’La Tabatière’ pièce de Lemaitre, dans laquelle figurait un feu d’artifice, en moins d’une heure salle et scène furent entièrement détruites. 

L'incendie du théâtre de l'Ambigu-Comique le 13 juillet 1827. Boisselier, Antoine , Peintre En 1827 Musée Carnavalet, Histoire de Paris

1828 (7 juin) : Le théâtre ré ouvrit ses portes au public, à l’angle de la rue de Lancry, entre le boulevard Saint-Martin et la rue de Bondy, près du boulevard du Temple (L’Ambigu, boulevard St Martin), sur les plans des architectes d’Hittrof et Lecointe, en déménageant l’Ambigu perd son épithète de ‘Comique’. 

1847 : Restauration de la salle 

1887 : 28 septembre : Réouverture après des travaux d’embellissement et de sécurité.

Ambigu-Comique... Le Tour du monde d'un gamin de Paris. Pièce à grand spectacle en 5 actes et 11 tableaux de M. Ernest Morel... : affiche non signé] ; lithographie, non signée. 1904. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Façade du Théâtre de l'Ambigu, 10ème arrondissement, Paris. Blancard, Hippolyte , Photographe. Vers 1890. Musée Carnavalet.

1920 : Le théâtre est transformé en salle de cinéma. 

1954 : La salle reprend sa vocation de théâtre. 

1961(octobre) à juillet 1962 (juillet), la scène de l'Ambigu-Comique accueille les enregistrements de l'émission de la RTF Les optimistes du lundi. Animée par Jean Nohain, elle propose selon la tradition du music-hall une alternance de sketchs comiques, de chansons et de numéros – par exemple de prestidigitation. 

1966, le théâtre est, en dépit de nombreuses manifestations et d’un spectaculaire défilé de la profession tout entière, définitivement fermé et démoli. Les services du ministre de la Culture, André Malraux, promettent d’abord que la salle serait préservée, puis que le bâtiment le serait, alors que les travaux de démolition avaient déjà commencé. 

Le site est aujourd’hui un immeuble de bureaux.


Eden Théâtre

L'Eden-Théâtre, situé au 7 rue Boudreau à Paris (9ème arrondissement), a eu une histoire relativement courte mais marquante. 

1883 : L'Eden-Théâtre a été construit au début des années 1880 par les architectes William Klein et Albert Duclos. Il a été inauguré le 7 janvier 1883.

Son architecture était très particulière, inspirée par l'orientalisme et évoquant un temple hindou ou un bazar des Mille et Une Nuits. Avec environ 4 000 places, c'était le plus grand théâtre de Paris après l'Opéra Garnier à l'époque. 

Le théâtre a ouvert ses portes avec le ballet "Excelsior!". Il a ensuite accueilli d'autres ballets spectaculaires. Un événement notable fut la représentation unique à Paris de l'opéra "Lohengrin" de Wagner en 1887.

Façade de l' Éden-Théâtre à Paris lors de son inauguration le 7 janvier 1883. Le côté ouest de l'opéra parisien voisin, le Palais Garnier , est visible en arrière-plan à gauche. D'après le dessin de M. Schmitt, l'un des architectes. Les théâtres parisiens disparus, 1402–1986. Philippe Chauveau. (1999).

1890 Octobre : Malgré son succès initial, l'Eden-Théâtre a rencontré des difficultés financières, il a été renommé Théâtre Lyrique, mais a fermé ses portes avant la fin de l'année faute de fonds. 

1892 Novembre : Il a rouvert sous le nom de Grand Théâtre, proposant des pièces de théâtre et des concerts. 

1893 (12 décembre) : Un plus petit théâtre, appelé Comédie-Parisienne, a été aménagé dans l'un des foyers du Grand Théâtre. Ce petit théâtre est l'ancêtre de l'actuel Théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet.

Vue de l’Auditorium. Artiste non identifié. Scan de Béatrice de Andia, (1998). Paris et ses théâtres : architecture et décor, p. 142. Paris: Action artistique de la ville de Paris. Crédit: Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

1895 Mai : Confronté à des problèmes financiers persistants, le colossal Eden-Théâtre a finalement été démoli . 

L'emplacement de l'ancien Eden-Théâtre est aujourd'hui occupé par le square de l'Opéra-Louis Jouvet.

Grand bal de bienfaisance au bénéfice de la Société́ de Prévoyance et de Secours. Ce "Grand bal de bienfaisance" a été organisé le samedi 27 février 1886, à Paris, en France. L'événement a eu lieu au prestigieux Eden-Théâtre. Le bal était organisé au profit de la "Société de Prévoyance et de Secours, L'Avenir". Il s'agissait d'une société de secours mutuel, une forme courante d'organisation d'aide sociale en France au XIXe siècle, avant l'établissement généralisé d'un système de sécurité sociale étatique. Ces sociétés visaient à fournir un soutien mutuel à leurs membres en cas de besoin, comme la maladie ou le chômage. Les fonds récoltés étaient spécifiquement destinés aux "dames & demoiselles du commerce". Cela indique que la "Société de Prévoyance et de Secours, L'Avenir" était probablement une organisation dédiée à soutenir les femmes travaillant dans le commerce à Paris. Cela pouvait inclure les vendeuses, les marchandes ou les femmes occupant d'autres rôles commerciaux.

Source : Eden-Théâtre. Grand bal de bienfaisance au bénéfice de la Société́ de Prévoyance et de Secours, L'Avenir, pour les dames & demoiselles du commerce. Samedi 27 février 1886. Orchestre dirigé par M. Wittman... Affiche non identifiée. 1886. Source gallica.bnf.fr / BnF.

Eden-Theâtre. Grand succès de curiosité, escamotage d’un cheval vivant par M Velle. La sorcellerie noire. Intercalée dans Eden-Revue Le Grand. Ballet Fantaisiste. Fauteuils de balcon. 3f. Promenoirs. Dessinateur anonyme. Charles Lévy : imprimeur. 1887. Musée Carnavalet, histoire de Paris.

Une particularité intéressante de l'Eden-Théâtre était la présence d'un vélodrome souterrain, où les bourgeois venaient apprendre à faire de la bicyclette. Cet espace existe toujours et fait partie aujourd'hui du Musée du Parfum Fragonard.


L’Empire

41, Avenue de Wagram, Paris 17e

1886 : Le lieu est mentionné comme salle de spectacle, sur l’emplacement d’un grand jardin situé au no 39 bis du boulevard de l’Étoile (nom à l’époque de l’avenue de Wagram), le propriétaire, associé à un entrepreneur de spectacle (Marius Combes), fit construire une première salle de spectacle de bal-concert-attractions dénommée ‘Concerts Marius Combes’. 

1894 : Concert d'été, dans les galeries du jardin de la Salle Wagram. 

1896 : Repris sous le nom d'Étoile-Palace, le plus grand jardin d'été de Paris (3 000 places). 

1904 : Construction d’une salle 1906 : L’établissement transformé en café-concert est nommé ‘l’Étoile-Palace’ 

1910 : Le cinéma vient s'y inviter de temps en temps, 

1913 : Nouveaux travaux pour rouvrir sous le nom d'Empire. 

1920 : Marius Combes en fait un Opéra populaire, où il produira des pièces tombées dans le domaine public, dont les Huguenots, Guillaume Tell, la Juive, la Traviata, etc. 

1921 : Vendu et entièrement démoli. 

1924 : Il laisse sa place à un music-hall, le nouvel Empire, la salle est entièrement reconstruite par Oscar Dufrenne (assassiné en 1933 au Palace) et Henri Varna.

Programme du 27 février au 12 mars 1925.

1924 – 1932 : le chanteur de revue Émile Audiffred (le Prince des nuits Parisienne, écrira la presse) devient le directeur artistique. 

L'Empire devient alors la plus brillante salle de Paris et d'Europe où l'on vient applaudir de nombreux Artistes internationaux des années folles

Recueil. Salles de café-concert. Documents iconographiques. 1863-1918. Source gallica.bnf.fr / BnF

1932 : il devient la propriété de Pathé-Natan. 

1933 : Un certain Serge Alexandre, de son vrai nom Stavisky, escroc du scandale du Crédit municipal de Bayonne (et dont la mort violente est demeurée une énigme policière) dirige le théâtre de l'Empire, pour complaire à une actrice et chanteuse viennoise, Rita Georg. 

1936 - 1937 : Retour au music-hall, les frères Amar prennent la direction de l’Empire en proposant des spectacles de music-hall-cirque. Ils présentent bien sûr des numéros de cirque de grande qualité, mais laissent également une part importante aux variétés.

1937 : L'Empire devient un des hauts-lieux de l’opérette parisienne : Luis Mariano joue pendant plus de six mois La Belle de Cadix. 1

937 – 1940 : 0n y fit jouer quelques pièces de théâtre, sans grand succès 

1940 – 1945 : L'Empire ferma ses portes pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale.

Le théâtre pendant l’occupation.

1946 : C'est une salle de cinéma qui rouvrit. 

1949 : La salle fut retransformée en théâtre, où se succédèrent pièces et opérettes. 

1955 : Fermeture, nouveaux travaux et devient un Cinérama. 

1960 : Re fermeture. 

1962 (5 février) : Inauguration d’une salle de 1 200 places qui projette des films en cinérama, ‘L'Empire Cinérama Théâtre Abel Gance’, avec une façade constituée d'une verrière de 250 m2 

1975 : Il devient propriété de la S.F.P. (Société Française de Production) pour y enregistrer les émissions de télévision en public et il est utilisé comme et salle événementielle 

L'École des fans (1977-1998). L'Académie des neuf (1982).  La remise des César du cinéma (1984). Le petit théâtre de Bouvard (1984). Mardi cinéma (1984-1986). 

1976 (19 mai) : C’est dans la salle qu'est enregistré le premier tirage du loto. 

1999 : Nouveau propriétaire : groupe français Altarea (propriétaire d'une quinzaine de centres commerciaux en France, dont Bercy Village)

Façade du théâtre au début du XXe siècle.

2005 (13 février) : Démolition du Théâtre de l'Empire, suite à l'explosion provoquée par la défectuosité du groupe de sécurité d'un chauffe-eau, faisant sept blessés légers. La salle fut démolie à la suite du sinistre

Aujourd'hui : Un hôtel cinq étoiles, le Renaissance Arc de Triomphe, avec un commerce.


Folies Dramatiques

Folies Dramatiques - Boulevard du Temple, 3e, puis 44, Rue de Bondy - Boulevard Saint-Martin, 10e (Actuelle 40, Rue René Boulanger)

1830 (1832) : Le théâtre est établi à l'emplacement de l'ancien Ambigu-Comique, détruit par un incendie en 1827 dans la nuit du 13 au 14 juillet : Incendie dans le théâtre, alors que l’on venait de répéter ’La Tabatière’ pièce de Lemaitre, dans laquelle figurait un feu d’artifice, en moins d’une heure salle et scène furent entièrement détruites. 

Son premier directeur est le dramaturge Léopold Chandezon.Il se situait sur le boulevard du Temple, célèbre à l'époque et surnommé le "boulevard du Crime" en raison de la popularité des mélodrames aux thèmes violents qui y étaient joués dans ses nombreux théâtres. Sous la direction de Frédérick Lemaître, les Folies-Dramatiques deviennent un lieu important pour le genre du mélodrame. 

Plus tard, il se transforme en un temple de l'opérette classique, accueillant des œuvres de compositeurs tels qu'Offenbach, Lecocq et Messager.

Boulevard du Temple (?). Partie de la salle et extérieur du théâtre des Folies-Dramatiques 1862 . Dessin p. A. Potémont,1862- 1863. Source gallica.bnf.fr / BnF

1862 : Comme de nombreux autres théâtres du boulevard du Temple, les Folies-Dramatiques sont démolies dans le cadre des transformations urbaines de Paris menées par Haussmann. Le théâtre est reconstruit et rouvre ses portes à un nouvel emplacement, 44 rue de Bondy (aujourd'hui 40 rue René Boulanger). Il continue de fonctionner comme théâtre jusqu'en 1930.

Folies-Dramatiques. Cliquette, grand succès, pièce mêlée de chant... musique de Louis Varney. 1893. Henri Dumont (affichiste). Illustrateur. Source gallica.bnf.fr / BnF

1930, la salle est transformée en cinéma. 

1922 : Il rouvre brièvement comme théâtre avant sa conversion définitive en cinéma. 

Voir : Ambigu / Théâtre de l'Ambigu ou Ambigu-Comique 


Hôtel de Bourgogne

L’Hôtel de Bourgogne désignait jusqu'au XVIe siècle la résidence des ducs de Bourgogne à Paris. Il était également connu sous le nom d'Hôtel d'Artois 

1548 : 30 août : la société des Confrères de la Passion et de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, fondée par le roi Charles VI en décembre 1402, achete un des lots de l’Hôtel, et y construit une salle de spectacle, rue Mauconseil (actuellement rue Étienne Marcel) pour présenter des mystères. Cette confrérie avait le monopole des représentations théâtrales à Paris. L'Hôtel de Bourgogne est ainsi devenu l'une des premières salles de théâtre permanentes à Paris. 

1578 : Les confrères de la Passion cédèrent par bail leur salle à diverses troupes, tout en continuant à jouer. En effet, ils durent à cette date, accepter la concurrences des comédiens venus de l’extérieur de Paris et qui voulaient depuis longtemps se produire dans la ville. 

1599 : Les « Comédiens ordinaires du Roy » créés par Valleran Le Conte, prennent possession de la salle ; ils la partagent à partir de 1600 avec les Gelosi, première troupe italienne en résidence qui rencontre un énorme succès, suivie par plusieurs autres troupes italiennes dont celle des Comici fedeli entre 1610 et 1623. A cette époque, on ne jouait pas alors à heure fixe, dans cette salle. Les comédiens, en effet, attendaient que la foule des spectateurs soit suffisamment nombreuse pour démarrer.

Abraham Bosse, Les Comédiens de L'Hôtel de Bourgogne, vers 1633-1634

1677 : L’aventure des Confrères de la Passion prend fin, la confrérie est dissoute. Ses biens sont transférés à l’Hôpital général. La dissolution s'inscrivait dans la politique générale de Louis XIV visant à renforcer le contrôle de l'État sur les institutions. Le transfert des biens à un organisme royal comme l'Hôpital Général renforçait cette centralisation.

Dessin de l'intérieur du théâtre de l'Hôtel de Bourgogne par Pierre A. Wille, le jeune (1767).

1680 : Un édit de Louis XIV ordonne la fusion de la troupe avec celle du théâtre de Guénégaud, laquelle résultait déjà de la réunion en 1673 des comédiens du théâtre du Marais avec la troupe de l'Illustre Théâtre de Molière. C'est ainsi qu'est fondée une troupe unique et permanente : la Comédie-Française (21 octobre 1680) La Comédie-Française fut nommée sous deux autres noms également, Théâtre-Français et la Maison de Molière. 

1783 : Le théâtre fut démantelé et transformé en halle au grain. L'emplacement central de l'Hôtel de Bourgogne, dans un quartier commerçant de Paris, était stratégique pour une halle au grain. La proximité d'autres marchés et des voies de communication facilitait le transport et la distribution des céréales.

Façade du théâtre, au XVIIIe siècle, connu sous le nom d'Hôtel de Bourgogne à l'époque où il était utilisé par les Comédiens Italiens

1885 : Destruction totale de l’Hôtel de Bourgogne pour permettre le percement des rues Étienne-Marcel et Turbigo. Après avoir servi de résidence ducale, de théâtre majeur pendant des siècles, puis de halle au grain, l'Hôtel de Bourgogne n'avait plus la même importance fonctionnelle dans le Paris moderne du XIXe siècle. Son intérêt historique n'a pas suffi à le sauver face aux impératifs de l'urbanisme de l'époque. 

Aujourd'hui, le seul vestige de l'Hôtel de Bourgogne est la Tour Jean sans Peur, située rue Étienne-Marcel. Cette tour médiévale est ouverte au public et permet de découvrir une partie de l'histoire de ce lieu, restaurée une première fois en 1893 et puis en 1992.

Tour Jean-sans-Peur.


Plaque près de l'emplacement de l'ancien théâtre de l'Hôtel de Bourgogne


Le théâtre des Bouffes du Nord

Bouffes du Nord
Adresse : 37 bis, boulevard de la Chapelle, Paris 10ᵉ arrondissement.
(Officiellement désigné sous le nom de Théâtre des Bouffes du Nord, l’établissement est le plus souvent appelé les Bouffes du Nord dans l’usage courant et la mémoire collective.)

1876 : Le théâtre des Bouffes du Nord est inauguré au 37 bis, boulevard de la Chapelle, dans un secteur alors en pleine transformation urbaine, à proximité immédiate des grandes gares du Nord et de l’Est. Conçu comme un théâtre populaire, il s’inscrit dans la tradition des salles destinées à un public large, mêlant comédies, vaudevilles, opérettes et spectacles légers. 

Fin du XIXᵉ siècle : Les Bouffes du Nord connaissent une activité soutenue. La salle participe à la vie culturelle d’un quartier animé, fréquenté par une population diverse, composée à la fois d’habitants du faubourg et de voyageurs de passage. Le théâtre s’impose comme un lieu de divertissement accessible, sans prétention monumentale. 

Début du XXᵉ siècle : Comme de nombreuses salles parisiennes, le théâtre traverse une période d’adaptation face à l’évolution des goûts du public et à l’apparition de nouveaux loisirs. Son activité devient plus irrégulière, alternant spectacles et périodes de moindre fréquentation. 

Années 1930–1950 : Le théâtre connaît un lent déclin. L’entretien du bâtiment est réduit au strict minimum et la salle perd progressivement son rôle central dans la vie culturelle du quartier. À partir du milieu du XXᵉ siècle, les Bouffes du Nord cessent toute activité régulière et tombent dans un état de quasi-abandon.

1974 : Le metteur en scène Peter Brook découvre la salle, alors délabrée mais encore intacte dans sa structure. Il choisit de s’y installer et engage une restauration volontairement minimaliste, respectueuse de l’état du lieu. Cette démarche marque un tournant décisif dans l’histoire des Bouffes du Nord. 

À partir de 1974 : Les Bouffes du Nord deviennent un lieu majeur du théâtre contemporain. Sous l’impulsion de Peter Brook et du Centre International de Recherche Théâtrale, la salle accueille des créations qui rayonnent bien au-delà de Paris. L’esthétique du lieu, laissée volontairement brute, participe pleinement à son identité artistique. 

Fin du XXᵉ siècle – début du XXIᵉ siècle : Le théâtre s’impose comme une référence internationale. Les Bouffes du Nord accueillent des spectacles de théâtre, de musique et de formes hybrides, dans une continuité artistique marquée par l’exigence et l’ouverture. 

Aujourd’hui : Toujours en activité au 37 bis, boulevard de la Chapelle, les Bouffes du Nord demeurent une salle de spectacles emblématique du paysage culturel parisien. Leur histoire singulière, faite d’abandon puis de renaissance, illustre une autre manière de penser la relation entre architecture, mémoire et création contemporaine. 

Les Bouffes du Nord incarnent ainsi le passage d’un théâtre populaire du XIXᵉ siècle à un lieu majeur du théâtre international, sans rupture d’adresse mais avec une profonde transformation de sens et d’usage.


Les Bouffes

C’est ainsi que naguère, et jusqu’aux environs de 1830, on désignait dans le monde le Théâtre -Italien. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.


Palais de la boxe. Salle Wagram

39, avenue de Wagram, 75017 Paris

1865 : Une vaste salle de spectacles et de réunions est édifiée au 39 avenue de Wagram, dans un quartier en pleine transformation urbaine sous le Second Empire. Conçue dès l’origine comme un grand espace couvert polyvalent, elle accueille des bals, des concerts, des réunions publiques et divers événements mondains, sans porter encore le nom de Salle Wagram. 

Fin du XIXe siècle : Le lieu s’impose progressivement comme l’une des grandes salles parisiennes capables d’accueillir un public nombreux grâce à son volume, ses balcons et sa structure intérieure dégagée, favorable aux spectacles populaires et aux manifestations de grande ampleur. 

Début du XXe siècle : La salle est aménagée pour accueillir des spectacles sportifs et prend l’appellation de Palais de la Boxe, à une époque où la boxe professionnelle connaît un essor considérable à Paris. Le lieu est transformé pour recevoir un ring central, entouré de gradins et de balcons, offrant une visibilité optimale aux spectateurs. 

Années 1910 : Sous le nom de Palais de la Boxe, la salle devient l’un des principaux centres parisiens de la boxe professionnelle. Elle accueille des combats très suivis, nationaux et internationaux, contribuant à la popularité de ce sport-spectacle et attirant un public mêlant amateurs de sport, journalistes et personnalités du monde parisien. 

1914 : Une photographie de presse de l’Agence Rol montre l’intérieur du Palais de la Boxe, révélant une architecture monumentale, une grande capacité d’accueil et une scénographie entièrement tournée vers le spectacle pugilistique. Cette période marque l’apogée de l’activité du lieu avant l’interruption provoquée par la Première Guerre mondiale.

Agence Rol. Agence photographique (commanditaire). Palais de la boxe [intérieur de la salle] : [photographie de presse] / [Agence Rol]. 1914.  Source gallica.bnf.fr / BnF 

1914–1918 : Les activités du Palais de la Boxe sont fortement perturbées par la guerre. Aucune destruction majeure du bâtiment n’est attestée durant le conflit, mais l’organisation de grands événements sportifs est durablement interrompue. 

Années 1920 : Après la guerre, le lieu abandonne progressivement son identité exclusivement sportive. Il retrouve une vocation plus large et commence à être désigné sous le nom de Salle Wagram, appellation qui s’impose durablement à partir de cette période. 

Années 1930 : La Salle Wagram devient l’un des grands lieux parisiens de concerts, de bals et de réunions publiques. Elle accueille de grands orchestres, des galas, des manifestations culturelles et politiques, et s’inscrit pleinement dans la vie festive et sociale de la capitale. 

1939–1945 : Durant la Seconde Guerre mondiale, la Salle Wagram connaît une activité réduite et encadrée, comme beaucoup de grandes salles parisiennes. Les usages festifs sont limités et certains événements sont soumis à autorisation. Aucun bombardement ni incendie majeur n’est attesté pour la salle durant cette période, et le bâtiment traverse la guerre sans destruction connue. 

Après 1945 : La Salle Wagram retrouve une activité intense et devient un lieu emblématique de la vie musicale parisienne. Elle accueille de nombreux concerts, notamment de jazz, de musique populaire et de variétés, ainsi que des galas et des événements mondains. 

Seconde moitié du XXe siècle : La salle s’impose comme un espace majeur pour les concerts et les grandes manifestations culturelles, recevant de nombreuses vedettes françaises et internationales, tout en conservant sa configuration monumentale héritée de son passé de Palais de la Boxe. 

Aujourd’hui : La Salle Wagram demeure un lieu emblématique du paysage parisien, héritière directe du Palais de la Boxe, témoignant de l’évolution des usages du spectacle populaire, du sport à la musique, sur un même site depuis le XIXe siècle.


Pré-Catelan

Le Théâtre des Fleurs du Pré Catelan est le nom historique et enchanteur de ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare, l'un des plus beaux théâtres en plein air de Paris. Il est niché au cœur du Pré-Catelan dans le Bois de Boulogne (Paris 16e). Le Théâtre de Verdure est un lieu magique et saisonnier, réputé pour son cadre exceptionnel où l'art et la nature se rencontrent. 

1855 : Création des premiers espaces de spectacle : Après la fin de l'exploitation du Pré-Catelan comme carrière, le site est reconverti en jardin d'attraction. On y aménage notamment une salle de concert, un Théâtre de Verdure, dit « Théâtre des Fleurs », un café, un restaurant et un théâtre de magie. Le théâtre de magie (ou de prestidigitation) tenu par la grande magicienne Benita Anguinet, pouvait accueillir plus de 150 personnes. 

1856 : Le parc du Pré-Catelan, incluant le Théâtre de Verdure, est officiellement inauguré. 

1857 : Création du ‘Théâtre des Fleurs’. C'est le nom d'origine du lieu. Il est créé au cœur du Bois de Boulogne, réaménagé sous l'impulsion de Napoléon III. Le Théâtre des Fleurs est implanté dans le parc du Pré Catelan, un lieu de promenade et de divertissement mondain à l'époque. Son concept, celui du « théâtre de verdure », met en scène la nature elle-même. 

Début des années 1860 (vers 1861) : Le premier Théâtre de Verdure connaît un succès mitigé mais les difficultés financières et l'incertitude des recettes liées aux conditions météo entraînent sa faillite. L'État reprend la concession et réaménage le Pré-Catelan en jardin public.

Extérieur de la loge impériale au Théâtre des Fleurs du Pré Catelan, bois de Boulogne, 16ème arrondissement. Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit), Photographe. Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit), Tireur de photographies. Entre 1858 et 1862. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.


Bisson frères. Pré Catelan, Théâtre de marionnettes. 1860. © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Alexis Brandt


Le théâtre des fleurs du Pré Catalan en 1865.

Fin du XIXe siècle : Le Théâtre de Verdure offre à nouveau quelques représentations, mais tombe ensuite rapidement en désuétude 

1952 : L'association anglaise « les Amis de la France » propose de créer un jardin évoquant l'univers de William Shakespeare, sur l'emplacement de l'ancien ‘Théâtre des Fleurs’. 

1953 : Le Jardin Shakespeare est inauguré le 29 juin. Un nouveau Théâtre de Verdure, conçu par M. Joffet, conservateur en chef des jardins de Paris, est établi sur les vestiges de l'ancien ‘Théâtre des Fleurs’. Il s'inspire des œuvres de Shakespeare (Le Songe d'une nuit d'été, La Tempête, Macbeth, Hamlet, Comme il vous plaira). Le parc paysager est créé par le paysagiste Jean-Louis Sarthou (en remplacement des anciennes serres du Pré Catelan).

Recueil. Salles de café-concert. Documents iconographiques. 1863-1918. Source gallica.bnf.fr / BnF

Années 2000 à aujourd'hui : Le lieu est principalement exploité de manière saisonnière, de la fin du printemps à l'automne, dans le cadre du Festival du Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare. 

Aujourd'hui, le lieu est officiellement désigné comme le Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare, prolongeant la tradition du Théâtre des Fleurs créé au XIXe siècle en offrant une scène naturelle unique au cœur de Paris.


Salle de concert de la Société Olympique

Paris : adresse précise non formellement attestée située dans le quartier du Palais-Royal 

1769 : Fondation de la Société Olympique à Paris. Cette société musicale privée réunit des amateurs fortunés et des musiciens professionnels et s’inscrit dans le mouvement des concerts savants qui se développent dans la capitale à la fin de l’Ancien Régime. 

Années 1770 : La Société Olympique dispose d’une salle de concert dédiée à ses activités. Les sources ne permettent pas d’identifier avec certitude une adresse unique et officiellement nommée. Les travaux historiques situent toutefois cette salle dans le secteur du Palais-Royal, quartier alors très actif pour les spectacles, les académies musicales et les réunions mondaines. 

Années 1780 : La salle de concert de la Société Olympique devient l’un des lieux majeurs de la musique instrumentale à Paris. Elle est associée aux activités du Concert de la Loge Olympique, formation prestigieuse connue pour la qualité de ses interprètes et pour avoir commandé plusieurs œuvres à Joseph Haydn, dont les célèbres symphonies dites « parisiennes ». Le lieu accueille une élite sociale et artistique et participe au rayonnement musical international de Paris à la veille de la Révolution. 

1789 : Les événements révolutionnaires entraînent la disparition progressive des sociétés aristocratiques et privées. La Société Olympique cesse ses activités sous sa forme initiale, et la salle n’est plus identifiée comme un lieu autonome portant ce nom. 

Après 1789 : L’usage exact de l’espace devient difficile à documenter. Aucune continuité institutionnelle clairement attestée ne permet de suivre la salle comme entité stable au XIXe siècle. Le lieu disparaît des sources sous l’appellation de Salle de concert de la Société Olympique, absorbé par les profondes transformations urbaines, sociales et culturelles de Paris.

Salle de concert de la Société Olympique. Dorgez ou Dorgès , Graveur. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Salle des Machines

Salle des Machines du Château des Tuilerie à Paris. 

Voir : Théâtre des Tuileries (Salle des Machines)

Elévation de l'un des côtés de l'Amphithéâtre de la Salle des Machines du Château des Tuilerie à Paris. Anonyme , Graveur Inconnu , Editeur Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Théâtre Cluny

Théâtre de Cluny 71, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris, (à l'angle de la rue Saint-Jacques). 

1864 : Inauguration du théâtre de Cluny, également connu sous le nom de théâtre Cluny. Il a été construit sur l'emplacement de l'ancien couvent des Mathurins (datant de 1290). Durant la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le Théâtre Cluny était un lieu important pour l'opérette et le théâtre de boulevard. 

1875 : Gaston Marot : Auteur dramatique, directeur du Théâtre Cluny (en association avec Pourain). 

1866 : Il a brièvement été renommé Folies-Saint-Germain après des réaménagements. Durant cette courte période sous le nom de Folies-Saint-Germain, le théâtre a continué à proposer une programmation variée incluant de la comédie, du vaudeville et des pièces lyriques. 1866 : (27 Octobre) : La pièce inaugurale sous ce nouveau nom fut "Entrez ! Vous êtes chez vous !" de Saint-Agnan Choler. 

Au cours de sa période théâtrale, il a accueilli diverses productions, y compris des comédies, des vaudevilles et des pièces lyriques. Des compagnies d'opéra italien s'y sont également produites. 

1893 : M. Sirdey : Il est mentionné comme ayant obtenu la concession du théâtre de la ville de Paris et en étant le nouveau directeur en 1893. 

1907 : MM. Poncet frères : Ils sont mentionnés comme directeurs.

1920 : Gabriel Ténot : Il était directeur des théâtres Cluny, Ternes et Montrouge dans les années 1920. On trouve des mentions de lui en tant que directeur du Cluny en 1920, 1927 et 1928. 

A. Maurel : Il est mentionné comme administrateur général du Théâtre Cluny dans les années 1920 (notamment en 1920, 1927 et 1928). Bien qu'il soit qualifié d'administrateur général, il exerçait probablement des fonctions de direction importantes.

Théâtre Cluny. Le Papa de Francine, opérette en 4 actes [...], musique de Louis Varney. Affiche non identifiée. Source gallica.bnf.fr / BnF.

1933 : Transformation en cinéma : le Cluny-Palace Fernand Rivers : Directeur du Théâtre Cluny, l'année de sa transformation en cinéma 

1989 : Fermeture du cinéma 

1989 à aujourd'hui : Le lieu a connu d'autres affectations. En 1991, il a été brièvement remplacé par une "librairie internationale" (dont l'enseigne était encore visible récemment). Par la suite, il a abrité un magasin de micro-informatique. Aujourd'hui, le bâtiment abrite un centre de salles de sport. Si la façade du bâtiment a été conservée, il ne reste rien des aménagements intérieurs de l'ancien théâtre ou du cinéma. 

Note : Il existe également un "Théâtre Les Arts" à Cluny (une autre ville, en Saône-et-Loire), qui est un lieu de spectacle contemporain. Il ne faut pas le confondre avec l'ancien Théâtre Cluny de Paris. De plus, le Musée de Cluny à Paris propose parfois des spectacles vivants dans le cadre de sa programmation culturelle.


Théâtre d'été du Vert-Galant

Ce lieu était un célèbre Café-Concert-Théâtre d'été de Paris au XIXe siècle, installé sur le Quai du Louvre, en face de l'actuel Square du Vert-Galant, sur l'Île de la Cité. 

Avant 1765 : La pointe de l'Île de la Cité (futur Square du Vert-Galant) est donnée au roi Henri IV, dit le Vert-Galant, d'où le nom de l'établissement. 

1765 : La Société des Trois Bains établit à cet emplacement le premier bain public de Paris, installé sur la Seine (les "Bains" sont visibles sur l’illustration à côté du théâtre). 

Vers 1865 : Un café-concert façon guinguette et un petit théâtre en plein air s'installent à côté des célèbres bains, sur les quais ou le terre-plein du Pont-Neuf. C'est l'époque de l'installation visible sur l’illustration. 

1865-1879 : Le lieu devient une attraction populaire, offrant des spectacles légers, de la musique et des chansons. Un critique de l'époque (R. Prudent dans L'Illustration) le décrit comme un "petit théâtre en plein vent, aussi mignon que coquet", loué pour être une "agréable distraction" et populaire. 

1879 : Le café-concert et son théâtre d'été, installés sur la berge et donc vulnérables, sont détruits par une crue majeure de la Seine. 

Après 1879 : Le café-concert et le théâtre ne sont pas reconstruits. Le terrain, jugé inondable, est transformé. 

1884 : Le terrain est cédé à la Ville de Paris pour être aménagé en jardin public (l'actuel Square du Vert-Galant, situé sur l'île elle-même, et non sur la berge où se trouvait le théâtre).

Vue du palais du Louvre et du théâtre d'été du Vert-Galant, 1er arrondissement, Paris. Anonyme, Photographe. 19e-20e siècle. Musée Carnavalet.


Théâtre de Dix Heures

Voir : Lune Rousse / Théâtre de Dix Heures / Cabaret des Arts


Théâtre de l'Atelier

Voir : Théâtre de Montmartre


Le théâtre de l'Odéon / Théâtre de l'Égalité / Théâtre de l'Impératrice et Reine / Second Théâtre-Français  / Salle Luxembourg / Odéon-Théâtre de France / Odéon-Théâtre de l'Europe.

L’Odéon–Théâtre de l'Europe. Place de l’Odéon. 75006. Paris 

1767 : Le marquis de Marigny, alors directeur des Bâtiments du Roi, demande à Marie-Joseph Peyre et Charles de Wailly de travailler à un projet de nouvelle salle pour le Théâtre-Français. 

1770 (26 Mars) :  Un arrêt du Conseil du Roi ordonne l'exécution du chantier sur le terrain du jardin de l'hôtel du prince de Condé, dont celui-ci souhaite se défaire afin de s'installer au palais Bourbon. 

1779 (Mai) : Les travaux débutent. L'emplacement du théâtre est très légèrement modifié par rapport au projet initial, de manière à le rapprocher du palais du Luxembourg, demeure de Monsieur, frère du Roi, pour qu'il soit ‘un nouvel agrément pour leur habitation’. 

1782 : Inauguration du théâtre sous le nom de ‘Théâtre-Français’ par la reine Marie-Antoinette. Il est construit sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Condé, à proximité du jardin du Luxembourg. Les architectes sont Charles de Wailly et Marie-Joseph Peyre. Le théâtre se distingue par son architecture néoclassique et offre pour la première fois à Paris des bancs pour le public. 

1784 : Création de la pièce Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, qui attire une foule immense et marque les esprits.

Premier projet de l'Odéon. 1786. Dessin de Charles DeWailly. (1729-1798). Source gallica.bnf.fr / BnF.

1791 : Durant la Révolution française, la troupe du Théâtre-Français se divise. 

1793 : Fermeture du théâtre et arrestation des comédiens fidèles à la couronne. 

1794 : Le théâtre rouvre sous différents noms éphémères : Théâtre de l'Égalité, puis Théâtre du Peuple. 

1796 : Il prend le nom d'Odéon, à la mode antique. 

1799 (8 Mars) : Un premier incendie détruit entièrement la salle. Seuls les murs extérieurs subsistent. 

1808 : Reconstruction du théâtre par l'architecte Jean Chalgrin, qui lui donne le nom de Théâtre de l'Impératrice et Reine, bien que le public continue de l'appeler l'Odéon. 

1818 : Un second incendie ravage l'intérieur du théâtre.

Incendie du théâtre de l'Odéon. Musée Carnavalet, Histoire de Paris

1819 : Réouverture du Théâtre sous le nom de Second Théâtre-Français, restauré par Baraguey, architecte de la Chambre des Pairs. Un rideau de fer est équipé, qui isole la scène de la salle.

Place et théâtre de l'Odéon en 1820. Anonyme , Dessinateur. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.


Théâtre de l'Odéon (restauré en 1820) Orgiazzi, J. Giovanni Giacomo ou J. Alexis , Graveur. Donnet, Alexis , Dessinateur. 1821. Musée Carnavalet, Histoire de Paris

Lettre - Imprimé de haut en bas et de gauche à droite Au recto, "Théâtre de l'ODEON (restauré en 1820) pl.11// Plan du Rez-de-Chaussée -rue de corneille/rue de Vaugirard/rue de Molière.// Coupe sur la longueur// Coupes en travers / Côté intérieur au Théâtre - Pour l'intelligence de la / disposition des chassis de fer - - Côté intérieur à la Salle- Pour l'intelligence de la disposition de l'avant-scène /et du rideau // Vue intérieure de la Salle" ; Sous l'image en bas à gauche : " A. Donnet mens. et del."- "Orgazzi sculp." // "Echelles des plans : 0 à 40 mètres et 0 à 20 toises"- "Echelle des Elévations Géométrales : 0 à 20 mètres et 0 à 10 toises"


Odéon. 1854. Estampe. Gustave Doré (1832-1883). Source gallica.bnf.fr / BnF

1866 : Sarah Bernhardt a signé un contrat avec le théâtre, s'est produite à l'Odéon pendant plusieurs années (1866 – 1872). Elle a quitté l'Odéon pour rejoindre la Comédie-Française. 

Après le départ de Sarah Bernhardt, l'Odéon a vu se succéder plusieurs directeurs, chacun apportant sa propre vision artistique. Parmi eux, on peut citer Félix Duquesnel (jusqu'en 1880), Paul Porel, et d'autres encore. Cette période est marquée par une certaine stabilité administrative et une programmation variée, incluant des classiques et des œuvres contemporaines. 

Première Guerre Mondiale et l'entre-deux-guerres : La Première Guerre mondiale a naturellement affecté la vie théâtrale. L'entre-deux-guerres a été une période de bouillonnement artistique en France, et l'Odéon a continué à être un lieu important de création et de diffusion théâtrale, sous diverses directions.

Théâtre national de l'Odéon. Photographie de presse. Agence Rol. 1928. Source gallica.bnf.fr / BnF

Seconde Guerre Mondiale : Pendant l'Occupation allemande, la vie théâtrale a été soumise à la censure et à des difficultés considérables. Paul Abram, alors directeur, a été évincé en raison de ses origines juives. L'Odéon a connu une succession de directions temporaires.

Vue de la façade arrière de l'Odéon. Photographie du studio Chevojon. 1936. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Vue de la salle de l'Odéon. Photographie du studio Chevojon. 1936. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Vue de la salle et du rideau de scène de l'Odéon. Photographie du studio Chevojon. 1936. Source gallica.bnf.fr / BnF.

1946 – 1959 : Le Théâtre de l'Odéon a été officiellement rattaché administrativement à la Comédie-Française et s'est appelé Salle Luxembourg. 

1959 – 1968 : Il est renommé Odéon-Théâtre de France, l’orsque André Malraux, alors ministre de la Culture, a nommé Jean-Louis Barrault à la direction de l'Odéon, lui redonnant ainsi son autonomie et le renommant Odéon-Théâtre de France. 

1968 (Mai) : Le théâtre est occupé par les étudiants lors des événements de mai 68. 

1971 : L'Odéon devient le Théâtre National de l'Odéon axé sur la création et la recherche théâtrale. 

1990 : Sous l'impulsion de Giorgio Strehler, il prend le nom d'Odéon-Théâtre de l'Europe, avec pour mission de promouvoir le patrimoine dramatique européen. 

Aujourd'hui : L'Odéon-Théâtre de l'Europe est l'un des six théâtres nationaux français. Il dispose de deux salles : la salle historique Place de l'Odéon et les Ateliers Berthier. Il continue d'accueillir des productions théâtrales nationales et internationales, contribuant au rayonnement de la culture européenne. L'Odéon est le plus ancien théâtre-monument de Paris et son histoire est intimement liée à celle de la France. Son architecture imposante et sa riche programmation en font un lieu culturel emblématique de la capitale.


Théâtre de la Comédie Caumartin

25, rue Caumartin, 75009 Paris

1906 : Ouverture d’un café-concert sous le nom d’Euterpia, installé au 25 rue Caumartin, à l’emplacement d’un ancien hôtel particulier. Le lieu s’inscrit dans le réseau dense des établissements de spectacles et de divertissement qui caractérisent le quartier à la veille de la Première Guerre mondiale. 

1907 : Transformation rapide du café-concert en théâtre de 250 places sous le nom de Comédie Royale. La salle s’oriente vers le répertoire de la comédie de boulevard, un genre alors particulièrement populaire auprès du public parisien. La programmation met en avant des auteurs reconnus comme Georges Feydeau, Mirande, Rip et Tristan Bernard, contribuant à asseoir la notoriété du lieu. 

1911 (fin d’année) : Sous la direction de Lucien Mayrargue, le théâtre connaît une période de forte activité artistique. Les succès se multiplient avec des œuvres de Porto-Riche, Pierre Véber, Sacha Guitry, Mouézy-Eon et Louis Verneuil, inscrivant la salle dans l’actualité théâtrale contemporaine et confirmant son positionnement dans le théâtre de divertissement de qualité. 

1923 : Le théâtre, désormais dirigé par René Rocher, prend le nom de Comédie Caumartin. Directeur expérimenté, celui-ci revendique une identité artistique affirmée pour la salle, qu’il qualifie de « théâtre petit, mais pas petit théâtre », soulignant l’ambition artistique du lieu malgré sa capacité modeste. 

1932 : Fermeture du théâtre dans un contexte marqué par les difficultés économiques et les transformations profondes du paysage théâtral parisien. L’activité scénique cesse et la salle disparaît temporairement de la vie culturelle de la capitale. 

1952 : Réouverture du théâtre après la Seconde Guerre mondiale, à l’issue d’une rénovation complète conduite par René Sancelme. La Comédie Caumartin reprend une activité théâtrale dans un Paris en reconstruction, mais dans un environnement culturel profondément renouvelé. 

Seconde moitié du XXe siècle : Comme de nombreuses petites salles de boulevard, la Comédie Caumartin voit son activité décliner progressivement face à l’évolution des pratiques culturelles, à la concurrence d’autres formes de spectacles et à la mutation du quartier. L’exploitation théâtrale devient intermittente puis cesse. 

Époque contemporaine : Le Théâtre de la Comédie Caumartin n’existe plus en tant que lieu de représentation. Le bâtiment du 25 rue Caumartin a été réaffecté à d’autres usages. La mémoire du théâtre subsiste aujourd’hui à travers les archives, les répertoires de spectacles et les témoignages de la vie théâtrale parisienne du début du XXe siècle.


Les Théâtres de la Gaité

Il y a eu au moins trois salles de spectacle notables à Paris portant le nom de "Gaîté" (ou une variation de ce nom) et ayant marqué l'histoire du théâtre et du music-hall parisien. 

1 - La Gaîté Lyrique (ou Théâtre de la Gaîté) 

2 - Le Théâtre de la Gaîté-Montparnasse 

3 - La Gaîté-Rochechouart 

4 - Le Théâtre de la Gaîté-Rive Gauche 

Historiquement, il y a également eu d'autres lieux à Paris utilisant le terme "Gaîté" dans leur nom, souvent des cafés-concerts ou des music-halls qui ont disparu ou changé d'usage, comme : Gaîté Saint-Antoine Gaîté-Parisienne

Ancien théâtre de la Gaité Anonyme , Dessinateur-lithographe Musée Carnavalet, Histoire de Paris

Théâtre de la Gaité Vallée de larmes, séjour de tristesse, antre de douleurs, de remords et d'ennui. Le mélodrame y règne sous les traits de Marty, qui promène chaque soir, sur la scène, le poignard du traître ou la phrase sentencieuse du vertueux tyrannisé. La direction de ce théâtre est confiée aux soins de madame Bourguignon, qui s'est associée l'acteur que nous venons de nommer. 

Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités Paris. Chez J-N Barba Librairie. 1825.


Théâtre de la Gaité  1 -  Gaîté Lyrique

La Gaîté Lyrique (3bis rue Papin, 3e arrondissement) 

L'histoire du Théâtre de la Gaîté Lyrique est complexe et s'étend sur plus de deux siècles, marquée par des déménagements, un incendie, des fermetures, et une transformation en lieu dédié aux cultures numériques. 

1759 : Création du Théâtre des Grands-Danseurs du Roi par Jean-Baptiste Nicolet, d'abord une simple baraque en bois sur le Boulevard du Temple (le "Boulevard du Crime"). 

1792 : L'établissement est rebaptisé Théâtre de la Gaîté (ou temporairement Théâtre d'Émulation). 

1808 : Une nouvelle salle est reconstruite et agrandie sur le Boulevard du Temple, portant sa capacité à 1800 places.

Plaque de fondation, pose de la première pierre du Théâtre de la Gaîté Lyrique en reconstruction, le 20 juin 1808. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.

1835 : La salle est détruite par un incendie et reconstruite la même année. 

1862 : Le théâtre est démoli pour faire place aux grands travaux d'urbanisme du Baron Haussmann (notamment l'aménagement de la Place de la République). 

1862 : Un nouveau théâtre de la Gaîté, conçu par l'architecte Alphonse Cusin, est inauguré au 3 bis, rue Papin (près du Square des Arts et Métiers), son emplacement actuel. 

1873 : Sous la direction de Jacques Offenbach, le théâtre devient un lieu de triomphe pour l'opérette. 

1876 – 1878 : Le lieu est temporairement appelé Théâtre-Lyrique-National et crée des opéras comme Le Timbre d'argent de Camille Saint-Saëns.

Le Petit journal 1894

1908 : L'établissement est officiellement rebaptisé Théâtre municipal de la Gaîté-Lyrique. Années Folles : Les célèbres Ballets Russes de Serge Diaghilev s'y produisent régulièrement, avec un immense succès. 

1963 : Le théâtre ferme ses portes faute de moyens pour financer les travaux nécessaires, et l'édifice se détériore. 

1974 – 1978 : L'école de cirque Carré Silvia-Monfort occupe une partie des lieux. 

1984 : La façade, le vestibule et le foyer sont classés à l'inventaire des monuments historiques. 

1989 – 1991 : Une partie de la salle à l'italienne est détruite pour aménager un parc d'attractions pour enfants appelé "Planète Magique". Le parc ferme rapidement après un dépôt de bilan, laissant le lieu à l'abandon. 

2001 : La Mairie de Paris rachète le bâtiment et décide de le transformer en un lieu dédié aux musiques actuelles et aux arts numériques. 2011 : La Gaîté Lyrique rouvre ses portes après d'importants travaux de modernisation menés par l'architecte Manuelle Gautrand. Elle se consacre à l'exploration des cultures numériques et post-Internet. 

2023 : La Gaîté Lyrique lance un nouveau projet appelé la "Fabrique de l'époque", centré sur les cultures populaires et les enjeux contemporains, porté par un collectif d'acteurs (Arty Farty, ARTE, makesense, SINGA, et Actes Sud).


Théâtre de la Gaité  2 - Gaîté-Montparnasse


Le Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (26 rue de la Gaîté, 14e arrondissement) 

Le Théâtre de la Gaîté Montparnasse est un lieu emblématique de la vie culturelle parisienne dont l'histoire, débutant comme café-concert, a connu de multiples transformations. 

1867 : Construction : L'entrepreneur François Jamin récupère des matériaux de démolition du Théâtre de l'Exposition universelle de 1867. 

1868 (septembre) : Le café-concert ouvre ses portes, l'entrée est alors située au 67, chaussée du Maine. Il accueille des divettes et danseurs. 

1875 : François Jamin présente sa première revue, intitulée « Vive la Gaîté ». La tradition de la revue perdure jusqu'en 1899. 

1896 : Une nouvelle entrée est ouverte sur la rue de la Gaîté et l'éclairage au gaz est remplacé par l'électricité. 

Début du XXe siècle : Des artistes de renom tels que Maurice Chevalier, Colette, Georgius, Yvette Guilbert, Dranem et Mayol s'y produisent. Années 1930 : La mode du café-concert décline. L'établissement sombre un temps dans le registre du nu. Pendant la guerre (1939-1945) : L'établissement redevient un lieu de music-hall et de chansonniers, accueillant notamment la célèbre Fréhel. 

1945 : Agnès Capri loue la salle et y installe un théâtre d'avant-garde. 

1955 : Le théâtre est fermé suite à des difficultés financières. 

1958 : Le théâtre rouvre, entièrement rénové et modernisé, sous l'impulsion de Michel Fagadau. Il se tourne vers des pièces de théâtre, des sketches et des récitals poétiques. Juliette Gréco y fait ses débuts. 

1988 : Le théâtre est menacé de démolition, mais il est sauvé grâce à la mobilisation du monde du spectacle. 

Depuis 1998 : La direction du théâtre est assurée par Louis-Michel Colla (toujours en poste aujourd'hui). 

2003 : La salle est entièrement remise à neuf. 

Aujourd'hui : Le Théâtre de la Gaîté-Montparnasse est aujourd'hui classé monument historique. Sa programmation est axée sur le théâtre contemporain, les comédies et les one-man shows.


Théâtre de la Gaité  3 - Rochechouart

Le Théâtre de la Gaîté-Rochechouart, situé au 15, boulevard de Rochechouart (Paris 9e), a connu une riche histoire, passant du statut de temple du music-hall à celui de cinéma populaire avant de disparaître. 

1865-1867 (Vers) : Création du Café-Concert. Installation dans un vaste hangar aménagé, initialement nommé simplement "La Gaîté", puis rapidement Gaîté-Rochechouart. 

1876 : L'artiste de music-hall Émilie Bécat devient propriétaire, relançant la popularité du lieu. 

1882 (Vers) : Sous la direction de Richard et Varlet, l'établissement devient l'un des cafés-concerts les plus réputés de Paris. 

Belle Époque : Le lieu accueille les plus grandes stars de l'époque comme Mistinguett, Fréhel et Maurice Chevalier. L'artiste Toulouse-Lautrec immortalisera le lieu dans ses affiches.

1923 (21 janvier) : Un incendie dévaste le théâtre. Il est rapidement reconstruit. 

1924 - 1930 : Après la reconstruction, la salle connaît quelques années de créations théâtrales (comédies, opérettes), mais elle perd de sa superbe. 

1930 (Vers) : La salle est intégrée au circuit des salles de quartier, proposant des représentations de pièces à la semaine, avant que l'avènement du cinéma parlant ne lui porte le coup de grâce. 

1932 ou 1933 : La salle est officiellement transformée en cinéma et prend le nom de Cinéma Gaîté-Rochechouart. 

Milieu du XXe siècle : Le cinéma devient un "temple" du cinéma populaire, spécialisé dans la projection de films de genre (westerns, péplums, films d'arts martiaux, etc.).

Le cinéma en 1946 - Photo libre de droit (Domaine Public)

1978 (juillet) : Une deuxième petite salle de 203 places est aménagée, généralement au sous-sol, tandis que la grande salle (environ 900 places) reste intacte. 

1987 (23 juin) : Le cinéma ferme définitivement ses portes, victime de la vague de fermetures des grandes salles parisiennes des années 1980. (Certaines sources indiquent 1988).


Théâtre de la Gaité  4 - Gaîté-Rive Gauche

Le Théâtre de la Gaîté Rive Gauche, situé au 6, rue de la Gaîté dans le 14e arrondissement de Paris, a connu plusieurs vies et noms avant de prendre son appellation actuelle. Dès 1860 : À ses débuts, le lieu est une salle de spectacle dédiée aux revues dans le quartier animé de Montparnasse. 

Avant 1986 : Le lieu est également connu sous le nom de cinéma Rive Gauche, après avoir été un ancien cabaret de Montparnasse. 

1986 : Sous l'impulsion d'Alain Mallet, le cinéma est transformé en théâtre privé sous le nom de Théâtre Rive Gauche. Il est considéré comme le dernier théâtre privé créé à Paris à cette époque. Il accueille de jeunes metteurs en scène et de nouveaux styles théâtraux. 

1994 : La salle est enregistrée sous le nom de Théâtre Gaîté Rive Gauche dans certaines archives (bien que le nom d'usage public le plus fréquent soit resté "Théâtre Rive Gauche" pendant longtemps). 

Années 2000 : Le Théâtre Rive Gauche gagne en popularité, notamment grâce à des Molières remportés par des spectacles qu'il a accueillis. 

2010 : La direction est reprise notamment par Éric-Emmanuel Schmitt, Bruno Metzger et Francis Lombrail, qui se consacrent à la création contemporaine et à la révélation d'auteurs. Le théâtre est réduit à environ 400 places pour améliorer le confort et agrandir la scène. 

2025 : Le théâtre est repris par l'équipe du Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (Louis-Michel Colla et Angélique Thomas-Colla) et est officiellement et clairement rebaptisé Théâtre de la Gaîté-Rive Gauche. Il rouvre le 7 juin 2025 après des travaux de réaménagement de la salle et du plateau. 

Note : I est important de noter que ce théâtre est distinct du Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (26, rue de la Gaîté) et de La Gaîté Lyrique (rue Papin).


Théâtre de la Michodière

4 bis, rue de la Michodière, 75002 Paris

1925 : Gustave Quinson et Marcel-Eugène Colas décident de faire construire un théâtre rue de la Michodière. Le projet, confié à l’architecte Blysen, se heurte à une contrainte réglementaire imposant la conservation des habitations existantes, ce qui conduit à une prouesse technique avec un nouveau bâtiment porté par la structure du plafond de la salle. L’aménagement intérieur, décoré par Ruhlmann, privilégie le cadre de scène. La salle, d’environ 850 places, est inaugurée en novembre et accueille dès l’ouverture Pierre Blanchar et Harry Baur, installant immédiatement le lieu parmi les grandes scènes parisiennes. 

1927 : Victor Boucher reprend la direction du théâtre pour plusieurs années et impose une programmation largement tournée vers la comédie contemporaine, rencontrant un premier grand succès avec Vient de paraître. 

1929 : Victor Boucher triomphe avec Le Sexe faible d’Édouard Bourdet, succès qui associe durablement le Théâtre de la Michodière à l’œuvre de cet auteur. 

1932 : Édouard Bourdet renoue avec le succès grâce à La Fleur des pois, confirmant la place du théâtre dans le paysage de la comédie parisienne. 

1934 : Bourdet revient avec Les Temps difficiles, poursuivant une collaboration fructueuse avec la scène de la Michodière. 

1935 : Après le succès de Bichon de Jean de Letraz, Fric-Frac d’Édouard Bourdet connaît un triomphe durable avec Victor Boucher, Arletty et Michel Simon à l’affiche. 

1937 : Victor Boucher propose à Yvonne Printemps de le rejoindre à la direction du théâtre, période marquée notamment par la création de Léocadia de Jean Anouilh avec Yvonne Printemps, Marguerite Deval, Victor Boucher et Pierre Fresnay. 

1941 : En dépit du contexte troublé, le théâtre crée Hyménée d’Édouard Bourdet avec Annie Ducaux et Hélène Perdrière, témoignant d’une continuité artistique. 

1942 (21 février) : Victor Boucher meurt prématurément, mettant fin à une direction qui a profondément marqué l’identité du Théâtre de la Michodière. 

1942-1943 : Pierre Fresnay et Yvonne Printemps lui succèdent et inaugurent leur direction avec Père d’Édouard Bourdet, poursuivant une politique résolument tournée vers la création contemporaine. 

1946 : Le théâtre accueille Le Voyageur sans bagage de Jean Anouilh, Le Dîner de famille de Jean-Bernard Luc et Auprès de ma blonde de Marcel Achard, confirmant son rôle moteur dans la comédie moderne. 

1947 : Savez-vous planter les choux ? rencontre un large succès public. 

1948 : K.M.X. Labrador de Jacques Deval est créé avec Gérard Philipe et Claude Génia, illustrant l’attractivité de la scène. 

1950 : François Périer connaît un retour triomphal avec Bobosse d’André Roussin, joué sur une longue série de représentations. 

1953 : Pierre Fresnay et Yvonne Printemps proposent à François Périer de partager la direction artistique, période marquée par de nombreux succès dont Gog et Magog, Le Neveu de Rameau, L’Idée fixe, La Preuve par quatre, les premières pièces de Françoise Dorin et plusieurs créations d’André Roussin. 

1975 : Pierre Fresnay meurt, mettant un terme à l’une des directions les plus prestigieuses du théâtre. 

1977 : Yvonne Printemps disparaît à son tour. 1980 : Sous la direction de Félix Ascot, le théâtre se distingue avec la création de L’Habilleur de Ronald Harwood. 

1981 : La création française de Le Président de Thomas Bernhard marque une ouverture vers un répertoire plus contemporain, tandis que Jacques Crépineau devient directeur et poursuit la politique de création. 

Depuis la fin du XXᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui : Le Théâtre de la Michodière demeure une scène active et emblématique de la comédie parisienne, inscrite dans une continuité artistique fidèle à son histoire


Théâtre de la Potinière

Théâtre de la Potinière (connu aujourd'hui sous le nom de La Pépinière Théâtre)
7, rue Louis-le-Grand Paris 2ème

Voir : Théâtre de la Potinière / Théâtre Isola / Théâtre George VI / Théâtre des Deux-Masques / Théâtre Louis-le-Grand / Biothéâtre / Pépinière-Opéra / La Pépinière-Théâtre

1919 (3 mai) : Inauguration du Théâtre de la Potinière, par Saint-Granier et Gaston Gabaroche. Dédié aux revues "spirituelles et cancannières" (ex : Danseront-ils ?, Vas-y-voir). L'actrice Arletty s'y produit. Cette salle élégante, en forme d’écrin, a été édifiée selon les plans de l’architecte Bouteille, et décorée par Mélano de Cassina. 

1920 : Raoul Audier prend la direction et crée "Les Goûters à la Parisienne" (thé-concert). Le répertoire alterne comédies et revues. 

1935 : Le théâtre est transformé en salle de cinéma. 

1937 : Théâtre Isola : Les frères Vincent et Émile Isola y présentent un spectacle de prestidigitation. 

1938 : Théâtre George VI : Max Danset en devient le directeur et le rebaptise. (À l’occasion de la visite du Roi d’Angleterre, le directeur d’alors, Marc Danset à donner la salle, le nom de Théâtre Georges VI au théâtre) 

1940-1942 : Théâtre Louis-le-Grand : Présente des spectacles de music-hall pendant l'Occupation. 

1942 : Théâtre de la Potinière : Jean de Turenne reprend la direction et lui redonne son nom initial. 

1948 – 1958 : Direction de Martine de Breteuil, avec une programmation axée sur les comédies et les vaudevilles. 1958 : Fermeture du théâtre. 

1961 (janvier) : Théâtre des Deux-Masques : Ouverture avec la pièce OSS 117. 

1962 - 1973 : Théâtre de la Potinière : Le théâtre reprend son nom, maintient une programmation de comédies. 

1974 : Biothéâtre : Repris par Pierre Sala, il devient un lieu de théâtre expérimental (ex : Zelmen ou la Folie de Dieu d'Elie Wiesel). 

1978 : Théâtre de la Potinière : Pierre Sala le renomme à nouveau Théâtre de la Potinière. 

1984 : La salle est utilisée comme plateau d'enregistrement pour l'émission télévisée "Le Petit Théâtre de Bouvard" sur Antenne 2. 

1993 : Pépinière Opéra : Repris et rebaptisé, se consacre initialement au théâtre musical (inauguration avec la comédie musicale Les Innocentines). 

2008 : La Pépinière Théâtre : Caroline Verdu, Antoine Coutrot et Emmanuel de Dietrich reprennent la direction. Le théâtre s'affirme comme un lieu de création et de révélateur de talents, alternant théâtre musical et théâtre de recherche. 

Aujourd'hui : La Pépinière Théâtre : Le théâtre continue d'être une scène majeure du théâtre privé parisien, accueillant de grands succès (ex : Intra Muros, Les Gros Patinent Bien). 

Note :  le nom de ‘Potinière’ a été choisi pour deux raisons principales, liées à son répertoire initial et à une référence mondaine de l'époque : Référence à un lieu célèbre de Deauville : Les fondateurs du théâtre, Saint-Granier et Gaston Gabaroche, ont choisi ce nom en faisant allusion à un célèbre établissement de Deauville (la station balnéaire très prisée). La « Potinière » de Deauville était un lieu de rencontre mondain où l'on se rendait pour bavarder et se tenir au courant des dernières nouvelles et rumeurs. Annonce de son répertoire : Le terme "potinière" (du mot "potin", qui signifie bavardage, commérage, rumeur) était en phase avec le genre de spectacles que le théâtre présentait à son ouverture en 1919 : des revues "spirituelles et cancannières". Le nom annonçait un lieu où l'on venait s'amuser, rire des commérages de l'époque et assister à des spectacles légers. 

Cette salle élégante, en forme d’écrin, a été édifiée selon les plans de l’architecte Bouteille, et décorée par Mélano de Cassina. 

En 1938, l’occasion de la visite du Roi d’Angleterre, incite le directeur d’alors, Marc Danset à donner la salle, le nom de Théâtre Georges VI. La pièce de Van den Bergue J’ai dix sept ans durera jusqu’au début de la guerre. Réouvert sous le nom très provisoire de Théâtre Louis le Grand, il redeviendra Potinière sous la Direction de Jean de Turenne en 1942.


Théâtre de la Potinière / Théâtre Isola / Théâtre George VI / Théâtre des Deux-Masques / Théâtre Louis-le-Grand / Biothéâtre / Pépinière-Opéra / La Pépinière-Théâtre  

La Pépinière-Théâtre . 7 rue Louis-le-Grand, 75002. Paris. 

Le théâtre a connu de nombreux changements de direction et de noms au fil des décennies : 

1919 : 3 Mai : Inauguration de la salle sous le nom de Théâtre de la Potinière par Saint-Granier et Gaston Gabaroche. 

1919-1937 : Théâtre de la Potinière

Jean Marcel, directeur de la Potinière, 1929 Extrait du Programme original de "Qu'en pensez-vous" (Potinière, 1929)

1935–1937 : La salle a brièvement été transformée en cinéma ? Il est probable que la salle ait simplement été exploitée comme un cinéma sans changer de nom de manière significative ou en adoptant un nom éphémère qui n'a pas laissé de trace importante dans les archives théâtrales. 

1937 : Le nouveau directeur décide de rebaptiser le théâtre Théâtre Isola. Ce changement de nom ne dure qu'une seule année. Les détails précis sur la période où le Pépinière-Théâtre s'est appelé Théâtre Isola sont très rares et difficiles à trouver. Cette période fut brève et n'a pas laissé de trace significative dans l'histoire du théâtre parisien.

1938 : Max Danset, qui avait été l'administrateur de Raoul Audier (un ancien directeur du théâtre), prend la direction de la salle. 

1938-1940 : Danset rebaptise le théâtre en Théâtre George VI, en référence au théâtre Édouard VII voisin. Cette période est relativement courte dans la longue histoire de cette salle.

Théâtre de la Potinière... Gilles et Julien, vedettes Columbia... Affiche. (1932- 1938 ?)

1940-1942 : La salle change à nouveau de nom et devient le Théâtre Louis-le-Grand, Sous cette appellation, le théâtre présente principalement des spectacles de music-hall. 

1942-1958 : Après cette brève période, Jean de Turenne reprend la direction de la salle, et elle retrouve son nom d'origine : Théâtre de la Potinière.

Jeu de dames, texte de Raoul Praxy, mise en scène de Jacques-Henri Duval. Théâtre de la Potinière, 20-12-1947 Photographie de George-Henri. (1919-2012). Photographe Source gallica.bnf.fr

1961-1962 : Théâtre des Deux-Masques. On ignore les raisons exactes de ce changement de nom ponctuel. Sous cette appellation, la pièce "OSS 117" avec Claudine Coster y est présentée. Le Théâtre des Deux-Masques a principalement existé au 6 rue Fontaine (Paris 9ème) de 

1905 à 1924, après avoir porté d'autres noms. Le nom a été réutilisé de manière éphémère en 1961-1962 au Pépinière-Théâtre (7 rue Louis-le-Grand, Paris 2ème). Il est donc important de distinguer ces deux périodes et adresses pour comprendre l'histoire de ce nom de théâtre à Paris.

Programme Théâtre de la Potinière : Déshabillez-vous Madame. 1959

1962-1975 : Théâtre de la Potinière 

1975-1978 : Biothéâtre 

1975 : Pierre Spivakoff prend la direction du théâtre, et décide de le rebaptiser Biothéâtre. Sous la direction de Spivakoff, le Biothéâtre se distingue par une programmation axée sur des spectacles novateurs, souvent engagés et explorant de nouvelles formes d'expression théâtrale. 

Dans les années 1980 : L'émission de Philippe Bouvard, "Le Petit Théâtre de Bouvard", y a été enregistrée. 

1978-1993 : Théâtre de la Potinière 

1993-2008 : Pépinière-Opéra. Sous la direction de Pierre Jacquemont, avec une orientation vers le théâtre musical et de recherche.

Depuis 2008 : La Pépinière-Théâtre - Caroline Verdu en prend la direction et continue une programmation alternant théâtre musical et théâtre de recherche, se positionnant comme un lieu de découverte de talents. De nombreux spectacles créés ou accueillis à La Pépinière-Théâtre ont été remarqués et ont parfois remporté des Molières. Capacité actuelle : La salle a une capacité de 347 places.

Source photos : https://tpa.fr/actualite-theatre-paris/letheatreestvivant-theatre-de-la-pepiniere-590.html


Théâtre de la Renaissance

Théâtre de la Renaissance. 20 Bd Saint-Martin. 75010. Paris. 

1838 : Sous l'impulsion de figures littéraires majeures du Romantisme comme Victor Hugo et Alexandre Dumas, ainsi qu'Anténor Joly et Casimir Delavigne, est fondée la troupe de la "Renaissance". Cette première troupe s'installe dans la salle Ventadour. La première pièce jouée par cette troupe est Ruy Blas de Victor Hugo, qui rencontre un grand succès. Cependant, cette première initiative ne débouche pas immédiatement sur la construction d'un théâtre portant le nom de "Renaissance". 

1871 : Incendie du Restaurant Deffieux. Sur le boulevard Saint-Martin, le restaurant Deffieux est détruit par un incendie durant la Commune de Paris. 

1872 : Anténor Joly, l'un des fondateurs de la troupe de 1838, obtient l'autorisation d'ériger un théâtre sur l'emplacement du restaurant incendié. 

1872 : Le théâtre est construit en seulement huit mois selon les plans de l'architecte Charles de Lalande (assistant de Charles Garnier), il adopte le style d'un théâtre à l'italienne, avec une décoration intérieure luxueuse en rouge et or. 

1873 (8 Mars) : Inauguration du Théâtre de la Renaissance. Le théâtre ouvre ses portes au public. Le succès est immédiat et son prestige s'affirme rapidement.

Madame le Diable, opéra féérique d'Henri Meilhac et Arnold Mortier. Documents iconographiques. 1882. Source gallica.bnf.fr / BnF

1901 : Le théâtre est repris par Firmin Gémier 

1902 (Octobre) : Lucien Guitry lui succéde 

1909 : Albert Tarride dirige le théâtre. 

1913 : Direction : Cora Laparcerie 

1928 – 1933 : Direction : Marcel Paston. 

Fin des années 1930 : Pierre Stuart-Layner

Façade du théâtre de la Renaissance, 10ème arrondissement, Paris. Anonyme , Photographe. 19e-20e siècle. Musée Carnavalet.


Le Théâtre de la Renaissance. Plan de 1925, prix des places et administration.

1942 : Henri Varna, déjà propriétaire de plusieurs théâtres parisiens, acquiert le théâtre menacé de destruction. 

1956 (Octobre) : La comédienne Véra Korène prend la direction du théâtre qui est restauré dans le style Second Empire. 

1978 : Francis Lopez succède à Véra Korène et met à l'affiche ses opérettes. 

1981 – 1988 : Michèle Lavalard dirige le théâtre. 

1989 - 1993 : Elle est remplacée par Niels Arestrup. 

1993 : La nouvelle société La Française de Théâtre SA, reprent le théâtre de la Renaissance, sous la direction de Christian Spillemaecker et Bruno Moynot (les deux dirigent également le Splendid Saint-Martin), le théâtre accueille des pièces et spectacles comiques qui remportent des grands succès. 

1994 (14 Juin) : Le Théâtre de la Renaissance est reconnu pour sa valeur patrimoniale et est classé Monument Historique.

Théâtre De La Renaissance Salle ©Dimitri Bourriau

Depuis 1993 : Sous la direction de Christian Spillemaecker et Bruno Moynot (également directeurs du Splendid Saint-Martin), le théâtre se spécialise dans les pièces et spectacles comiques qui rencontrent un large succès public. 

2010 : Cinquante théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont fait partie le théâtre de la Renaissance, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés.


Théâtre de Monsieur, rue Feydeau

Le Théâtre de Monsieur (futur Théâtre Feydeau) 

Les jardins de l'Hôtel Briçonnet, 19 rue Feydeau. 75002.

Le "Théâtre de Monsieur" fait référence à un établissement théâtral parisien de la fin du XVIIIe siècle, ainsi nommé en l'honneur de son protecteur, Monsieur, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII. 

1789 : Monsieur, frère du roi, obtient l'autorisation de constituer une troupe pour jouer de l'Opéra-Comique (ainsi que de l'opéra bouffon, du théâtre italien et du Vaudeville). 

1789 : La troupe, baptisée Théâtre de Monsieur, s'installe provisoirement dans la Salle des Machines du Palais des Tuileries. 

1789 (6 octobre) : La troupe doit quitter la Salle des Machines après le retour de Louis XVI et de la famille royale de Versailles aux Tuileries. 

1790 (10 janvier - 31 décembre) : En attendant la construction d'une nouvelle salle, la troupe loue un emplacement à la foire Saint-Germain. 

1791 (6 janvier): Le théâtre est inauguré dans sa nouvelle salle, construite dans les jardins de l'Hôtel Briçonnet, rue Feydeau. C'est à ce moment que l'établissement est le plus souvent identifié au Théâtre de Monsieur. 

1791 (24 juin) : À la suite de la fuite manquée de Louis XVI, la direction juge plus prudent de rebaptiser sa salle théâtre français et italien de la rue Feydeau. 

1791 (29 juiin) : Puis le nome : Théâtre français et Opera-buffa. 

1791 – 1792 : Le théâtre connaît un succès en alternant des opéras-comiques français et des opéras italiens (dont des pasticcios). Des œuvres comme Le Barbier de Séville y sont reprises (dès mars 1791).

Élévation du théâtre de Monsieur, rue Feydeau par Mrs Legrand et Molinos. Prieur, Armand Parfait, Graveur. En 1791. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.

1792 (10 août) : L'emprisonnement du roi (Louis XVI) entraîne la fermeture de la salle et le départ de ses fondateurs, marquant la fin du nom "Théâtre de Monsieur" sous cette direction. 

1792 – 1806 : L'établissement poursuit ses activités sous différents noms, notamment en 1798 où il est rebaptisé Théâtre Lyrique de la rue Feydeau. 

1795 (27 janvier) : La salle accueille la troupe des Comédiens-Français du théâtre de la Nation (Odéon) et prend alors le nom de théâtre français de la rue Feydeau 

1801 – 1829 : En 1801, il est souvent appelé Théâtre Feydeau. Il fusionne avec l'Opéra-Comique en 1806, ce qui en fait la salle principale de l'Opéra-Comique. 

1829 (16 avril) : Le Théâtre Feydeau est fermé pour vétusté et menaçant de s'effondrer. Il est définitivement démoli. La troupe rejoint temporairement le Théâtre Ventadour.

Donnet, Alexis; Orgiazzi, J. (1821). Architectonographie des théâtres de Paris , planches volume, planche 7 .

Note Importante : Il ne faut pas confondre le Théâtre de Monsieur (de la Révolution) avec la troupe de Molière, qui fut appelée la "Troupe de Monsieur" (dans les années 1658-1665), en référence à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV (également appelé "Monsieur"). La question se réfère bien à l'établissement de la fin du XVIIIe siècle qui a donné naissance au Théâtre Feydeau.


Théâtre de Montmartre

Théâtre de Montmartre, rues Dancourt et d'Orsel, 18ème arrondissement, Paris. 

(Actuel Théâtre de l'Atelier, 1 place Charles Dullin. 75018 Paris)

1812 – 1822 : Construit sous Louis XVIII, par l'architecte Louis-Pierre Haudebourt. 

1822 (23 novembre) : Le Montmartre : Inauguré,( sous le nom de ‘théâtre des Jeunes Élèves’, puis ‘théâtre Montmartre’), il est construit par le comédien Jean-Pierre Seveste. C'était initialement un théâtre de faubourg (Montmartre et le village d'Orsel étaient encore en périphérie de Paris) qui proposait principalement des vaudevilles et des opéras-bouffes. 

Jusqu'en 1849 : Le théâtre est exploité par la famille Seveste (Jean-Pierre puis ses fils, Jules et Edmond).

Théâtre de Montmartre, rues Dancourt et d'Orsel, 18ème arrondissement, Paris. Brichaut, Albert , Photographe. Entre 1870 et 1901. Musée Carnavalet.

1848 : Théâtre du Peuple : Le théâtre est symboliquement rebaptisé au lendemain de la Révolution de 1848, mais redevient rapidement le Théâtre Montmartre. 

1860 : Théâtre de Montmartre : Avec l'annexion des communes limitrophes à Paris, le théâtre (situé Place Dancourt, future Place Charles-Dullin) entre officiellement dans la capitale. 

1905 : Charles Dullin y fait ses débuts de comédien.

 Le théâtre en 1900

1913 – 1022 : Le théâtre Montmartre cesse provisoirement de servir l’art dramatique et lyrique pour devenir un cinéma : le Montmartre. 

1922 – 1940 : Charles Dullin (1885-1949) rachète le cinéma, lui redonne sa fonction de théâtre et le renomme « Théâtre de l'Atelier » (en référence au nom de sa troupe). Sous sa direction, le lieu devient un foyer d'excellence, de recherche théâtrale et de mise en scène exigeante, montant des pièces de Pirandello, Calderon, Aristophane ou Shakespeare. 

1940 - 1973 : Charles Dullin confie le théâtre à André Barsacq, qui poursuit l'œuvre de Dullin et met en scène de nombreux auteurs prestigieux (Anouilh, Marcel Aymé, Dostoïevski). 

1965 (22 mars) : Le Théâtre de l'Atelier est inscrit aux Monuments Historiques. 

1974 : Une direction collégiale s’installe pour deux ans entre Pierre Franck, Michel Fagadau, Loïc Volard et Jean-Claude Houdinière. 

1976 - 1998 (Décembre) : Pierre Franck dirige l’Atelier avec son épouse Danièle Franck. 

1999 - 2015 : Laura Pels, une riche productrice de théâtre et mécène achète le théâtre de l’Atelier et le dirige de janvier 1999 à janvier 2015

 Le théâtre en 2010

2019 (janvier)  2022 : Marc Lesage reprend la direction du théâtre. Depuis 2022 (janvier) : Directrice : Rose Berthet


Théâtre Déjazet

Le Théâtre Déjazet, situé au 41 boulevard du Temple à Paris (75003), est un lieu chargé d'histoire, étant le seul théâtre rescapé de l'ancien « Boulevard du Crime »

1770 : À cet emplacement s'élève un bâtiment de jeu de paume, bâti sous Louis XVI. 

Révolution Française : La salle est transformée en établissement de bains. 

1851 : Le lieu est inauguré comme salle de spectacle-concerts sous le nom de ‘Folies Mayer’ (dirigé par le Chanteur Comique Mayer). C'est le réel berceau de l'opérette. 

1854 (3 février) : La salle est renommée ‘Folies-Concertantes’ sous la direction du compositeur Hervé, qui y invente l'Opéra Bouffe et l'Opérette. 

1854 (21 octobre) : Elle rouvre sous le nom de « Folies-Nouvelles » (850 places),après une restauration totale confiée aux architectes Édouard Renaud et Boileux et aux décorateurs Charles-Antoine Cambon et Thierry. 

1859 : La célèbre comédienne Virginie Déjazet (1798-1875), qui veut offrir au jeune Victorien Sardou un cadre digne de ses productions, obtient le privilège d'exploitation de la salle et sa reconnaissance comme théâtre à part entière. Le 27 septembre, le lieu prend le nom de théâtre Déjazet (également appelé Folies-Déjazet), appellation qu'il conservera durant l'essentiel de son histoire. Virginie Déjazet le dirige avec l'aide de son fils, Joseph-Eugène.

Virginie Déjazet. 1874.

1862 : Tous les théâtres du boulevard du Temple sont démolis en raison des travaux d'Haussmann, sauf le Théâtre Déjazet qui est le seul à survivre. 

1870 (3 juin) : Virginie Déjazet quitte la direction (date de sa représentation d'adieu). 

1876 - 1880 (mai) : L'acteur Jean-Auguste-Hilarion Ballande (1820-1887) reprend la direction et nomme la salle le ‘Troisième Théâtre-Français’, se consacrant au théâtre classique. 

1880 (17 septembre) : La salle est rachetée par Desmottes et retrouve définitivement son nom de ‘Théâtre Déjazet’, retrouvant un certain succès avec des vaudevilles. 

1881 (1 septembre) : Desmottes cède sa place au comédien Henri Luguet. 1881 (16 décembre) : Un arrêté préfectoral ordonnant la fermeture du théâtre pour raisons de sécurité. 

1882 (26 décembre) : Ayant entrepris d'importants travaux de remise aux normes, son successeur, Marcel Villars, rouvre le théâtre 

1883 (30 juin) : Marcel Villars fait faillite. 

1883 – 1884 : Henri Charpentier 

1884 – 1885 : Charles Galabert 

1885 (Septembre à novembre) : Achille Campisiano 

1885 (novembre) – 1886 (février) : Maurice Simon 

1886 : Le théâtre retrouve un peu de stabilité avec l'arrivée du comédien Henri Boscher qui mise avec bonheur sur un jeune auteur, Léon Gandillot. 

1895 (3 mars) : Boscher cède son fauteuil au comédien Edmond Calvin dit Calvin fils[3]. Celui-ci fait installer l'électricité et c'est une salle entièrement restaurée qui rouvre le 6 avril, portant en son fronton une statue de Virginie Déjazet dans le rôle de Garat. 1897 - 1916 : Direction du journaliste Georges Rolle. Il administre la salle jusqu'à sa mort en 1916.

1916 - 1939 : Sa femme et ses trois enfants (ses trois enfants, Georges, Paule et Emma) lui succèdent. 

1939 (20 avril) : Le théâtre ferme définitivement au début de la guerre et est transformé en cinéma, voyant sa capacité réduite de 900 à 500 places.

Façade du théâtre Déjazet, 37, 39 et 41 boulevard du Temple, 3ème arrondissement, Paris Anonyme, Photographe. 1920. Musée Carnavalet.

1944 : Marcel Carné y tourne les scènes d'intérieur du film Les Enfants du paradis. 

1964 : Le cinéma est rebaptisé ‘Le France’. 

1976 : Le cinéma est menacé de disparition, mais est sauvé in extremis. 

1977 (8 février) : Coluche inaugure le ‘Déjazet Music-Hall’. 

1977 (29 novembre) : Fermeture administrative 

1981 (11 mai) : Fermeture par commission de sécurité. 

1981 – 1983 : Travaux 

1983  (22 mars) : Réouverture sous condition poursuite de travaux. 

1986 - 1992 : Le lieu se consacre essentiellement aux artistes libertaires et anarchistes. Le lieu est parfois connu sous le nom de TLP (Théâtre Libre de Paris). 

1990 : Le ministère de la Culture inscrit la salle aux monuments historiques. 

1992 : Le TLP ferme. 

1999 : Le théâtre est classé monument historique.

Depuis : Il retrouve une programmation plus traditionnelle et éclectique (one-man-shows, théâtre, comédies musicales, concerts).


Théâtre des Capucines (Salle des Capucines)

Théâtre des Capucines (Salle des Capucines) est une salle de spectacle parisienne située au 39, boulevard des Capucines (2e arrondissement). 

1898 : Le théâtre ouvre ses portes, il a été fondé par Max Maurey et Alphonse Franck. Il était situé dans un immeuble qui abritait auparavant un magasin avec trois étages et une annexe dans la cour. Cet immeuble avait été loué dès 1889 aux frères Émile et Vincent Isola. 

1892 : La salle devint le Théâtre Isola. Les frères Isola Émile (1860-1945) et Vincent (1862-1947) en prirent la direction jusqu'en 1897. Les frères Isola y créèrent des numéros de prestidigitation.

Salle des Capucines. L'Isolisme attraction nouvelle créée et présentée par les frères Isola. (Affiche non identifiée). 1890. Source gallica.bnf.fr / BnF

1895 : Des travaux de rénovation ont été confiés à l'architecte Édouard-Jean Niermans pour transformer l'espace en théâtre. Après Alphonse Franck, plusieurs directeurs se sont succédé, dont Octave Pradels (en 1899) et Armand Berthez (de 1908 à 1932).Le théâtre proposait une variété de spectacles, notamment des comédies musicales et des revues. On y a joué, entre autres, la comédie musicale Une femme par jour. 

1905 : Sacha Guitry : Le célèbre dramaturge, acteur et réalisateur a présenté sa pièce Le KWTZ

Paris Théâtre des Capucines.cpa.

1919 : Octobre : La célèbre actrice Arletty (Léonie Bathiat) a fait ses débuts au Théâtre des Capucines dans la revue CGT roi (fait clairement référence à la Confédération Générale du Travail (CGT)). Elle s'y est produite régulièrement pendant une dizaine d'années, notamment dans des opérettes de Rip (Rip était le pseudonyme de l'auteur et librettiste français Georges Thenon (1862-1941).

1928 : Il rouvre ses portes 

Dans les années 50 : Le jeune Serge Lama retrouvait en ce lieu son père. Son père fut baryton au Théâtre des Capucines quatre ans durant. 

1963 : 8 octobre : Serge Gainsbourg inaugure les Mardis de la chanson.

Collection 25 cm - Au Théatre des Capucines (1963) - Edition remasterisée Digipack

1973 : 29 juin : Le théâtre a fermé ses portes. 

1993 : Le bâtiment a été rénové et transformé en un musée à la gloire des parfums Fragonard par Agnès Costa de Beauregard, héritière du parfumeur. Le musée du Parfum Fragonard est toujours situé à cette adresse aujourd'hui.


Théâtre des Deux-Ânes

Voir : Cabaret des Météques (Les Météques) / Taverne des Truands


Théâtre des Fleurs du Pré Catelan

Voir : Pré-Catelan


Théâtre des Gobelins

Voir : Théâtre Saint-Marcel / Théâtre des Gobelins


Théâtre des Mathurins

Adresse d’origine : 36, rue des Mathurins, Paris 8e arrondissement

1898 : La comédienne Marguerite Deval prend la direction d’une salle aménagée à l’emplacement d’un ancien lieu de concert, lui-même situé dans l’enclos d’une ancienne ferme dépendant de l’ordre religieux des Mathurins, où se trouvait autrefois un cimetière, l’architecte Siclis ayant transformé les lieux pour créer un nouveau théâtre adapté à son art. 

1898–début des années 1900 : Marguerite Deval s’impose rapidement comme l’âme du théâtre, où elle se sent enfin « chez elle », et y fait débuter comme auteur un très jeune Sacha Guitry, fils de Lucien Guitry, dont elle transforme la première comédie Le Page en fantaisie musicale, tout en interprétant également des œuvres de Tristan Bernard et Nozière. 

1900–1905 (dates variables selon les sources) : Le théâtre connaît un succès croissant avec la création de Nono, première véritable pièce de Sacha Guitry, qui marque durablement la scène parisienne et contribue à l’identification du lieu avec son nom. 

Années 1900–1910 : De nouveaux travaux, entrepris par Bernheim et un oncle de Sacha Guitry, modifient la salle, souvent désignée alors comme le « Théâtre Sacha Guitry », appellation d’usage plus que dénomination officielle. 

1921 : Jules Berry loue le théâtre pour plusieurs saisons, poursuivant une programmation tournée vers la comédie et l’interprétation contemporaine. 

1923 : La salle est agrandie, afin de mieux répondre aux exigences du public et des productions. 

1927 : René Saunier reprend la direction du théâtre et y accueille la compagnie des Pitoëff, marquant un tournant artistique important vers un théâtre de création plus exigeant. 

1930–1933 : Un intermède de comédies de boulevard s’installe sous la direction de Jean Sarrus, période de transition avant un retour affirmé à la création dramatique. 

1934–1939 : Le théâtre retrouve un répertoire de création ambitieux avec les Pitoëff, Georges et Ludmilla, soutenus discrètement par leur fidèle ami Jacques Hébertot, jusqu’à la mort de Georges Pitoëff en 1939. 

1939–1953 : Marcel Herrand, puis Jean Marchat, dirigent la salle avec leur compagnie Le Rideau de Paris, dans le même esprit de théâtre exigeant et engagé, période qui s’achève avec la mort de Marcel Herrand en 1953. 

1953–années 1980 : La direction est reprise par Radiffé, veuve d’Harry Baur, qui maintient le Théâtre des Mathurins parmi les hauts lieux de la création dramatique parisienne, jusqu’à la fin de cette période. 

Depuis les années 1980 : Le Théâtre des Mathurins poursuit son activité comme théâtre privé, alternant comédies contemporaines, seuls-en-scène et créations, et demeure aujourd’hui encore un lieu actif du paysage théâtral parisien.


Théâtre des Tuileries (Salle des Machines)

Le Théâtre des Tuileries, principalement connu pour avoir été la Salle des Machines dans le Palais des Tuileries, a connu une histoire riche et mouvementée, souvent liée aux événements politiques majeurs de la France. 

1659 – 1662 : La Salle des Machines est construite par l'architecte Louis Le Vau et l'ingénieur Vigarani, dans l'aile nord du Palais des Tuileries, sous le règne de Louis XIV. Elle était destinée aux grandes représentations royales et aux spectacles à machinerie spectaculaire. 

1662 (7 février) : Inauguration avec l'opéra Ercole amante de Francesco Cavalli. 

1671 (17 janvier) : Création de la tragédie-ballet Psyché de Molière. Cependant, la salle est peu utilisée par la suite, Louis XIV privilégiant Versailles. 

1770 : Les comédiens de la Comédie-Française s'y installent provisoirement, la salle de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés étant devenue vétuste.

17ième siécle

1775 (23 février) : La Comédie-Française y crée Le Barbier de Séville de Beaumarchais. 

1782 : Départ de la Comédie-Française : La troupe quitte la Salle des Machines. 

1789 (janvier) : La troupe du « théâtre de Monsieur » (futur Opéra-Comique) s'y installe. 

1789 (octobre) : Le retour forcé du roi Louis XVI et de sa famille aux Tuileries met fin aux représentations théâtrales.

Salle de spectacles, plan au rez-de-chaussée, et plan à la hauteur des premières loges de la salle des machines du Château des Tuileries. Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques, avec leur explication, vol. 9 (Paris, 1772). Planches de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

1789 – 1792 : Le Palais des Tuileries est la résidence forcée de Louis XVI et de sa famille. 

1793 (10 mai) : La salle est réaménagée par l'architecte Gisors pour devenir le lieu de réunion de la Convention nationale, avec une nouvelle décoration « sévère et imposante ». La salle était jugée mal adaptée à l'acoustique pour les débats. 

1795 (26 octobre) : La Convention cesse de siéger dans cette salle. 

1808 (novembre) : Un nouveau théâtre de la cour est aménagé par l'architecte Fontaine dans le Palais des Tuileries (probablement dans une autre partie que la Salle des Machines, bien que l'appellation Théâtre des Tuileries puisse désigner l'ensemble des salles du Palais). La première représentation est l'opéra La Griselda de Paër, en présence de Napoléon.

Billet pour le spectacle donné au théâtre du palais des Tuileries, le 6 janvier 1814

1867 (juin) : Une salle de spectacle provisoire est réaménagée à l'emplacement de l'ancienne Salle des Machines (qui était dans la partie centrale du palais) pour accueillir des repas officiels lors de l'Exposition Universelle de Paris (notamment le dîner en l'honneur du tsar Alexandre II). 

1871 (24 mai) : Le Palais des Tuileries, y compris la Salle des Machines/Théâtre, est incendié par les Communards, pendant la semaine ‘sanglante’ (21 - 28 mai 1871).

Gravure de l'incendie des Tuileries, 1874. Archives nationales.

1882 – 1883 : La Troisième République décide de raser les ruines du palais, y compris les vestiges de la salle de spectacle, qui n'est pas reconstruite.


Théâtre des Variétés 

Théâtre des Variétés . 7, Boulevard Montmartre, 75002. Paris 

Le théâtre doit sa création à Marguerite Brunet, dite Mademoiselle Montansier, une figure marquante du théâtre de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Elle avait déjà dirigé avec succès un théâtre à Versailles avant de s'installer à Paris pendant la Révolution. Grâce à la protection de Napoléon Ier, elle obtient l'autorisation de construire une nouvelle salle sur les Grands Boulevards, un lieu de promenade très prisé.

Mlle Montansier

1807 : Construction du Théâtre n° 7 du Boulevard Montmartre 

1807 : 24 Juin : Inauguration du théâtre avec Le Panorama de Momus, un vaudeville de Marc-Antoine Désaugiers. Les artistes obtinrent un immense succès et le charmant théâtre retentit ce soir-là pour la première fois des applaudissements qui devaient se répéter des milliers de fois. Mademoiselle Montansier dirige le théâtre jusqu'en 1819.

Le théâtre des Variétés vers 1820.

On jouait alors des vaudevilles de Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers (1772-1827, chansonnier, poete, goguettier, et vaudelliste francais), tels que : 

1807 : Une heure de folie, créée le 15 octobre . 

1807 : Taconnet chez Ramponneau, ou le Réveillon de la Courtille, créée le 23 décembre. 

1808 : Monsieur et Madame Denis, ou la Veille de la Saint-Jean, créé le 23 juin. 

1809 : Le Départ pour Saint-Malo, ou la Suite des Trois Étages,créée le 25 juillet. 

1810 : La Petite Cendrillon, ou la Chatte merveilleuse créée le 12 novembre. 

1811 : L’Ogresse, ou la Belle au bois dormant, créé le 28 août. 

1812 : Les Auvergnats, ou l'Eau et le Vin, créé le 25 août. 

1813 : Le Dîner de Madelon, ou le Bourgeois du Marais, créée le 6 septembre. 

1814 : Le Retour des lys, créé le 3 mai, à l'occasion de l'entrée de Louis XVIII dans la capitale. 

1815 : Le Bouquet du roi, ou le Marché aux fleurs, créé le 23 août.

Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers, en tant que vaudevilliste, a travaillé au Théâtre des Variétés à partir de son inauguration le 24 juin 1807. En 1815, il est devenu directeur du Théâtre du Vaudeville (probablement la cause de son départ du Théâtre des Variétés). 

1820-1830 : Direction Mira Brunet

Le théâtre des Variétés et les rotondes des panoramas, boulevard Montmartre, vers 1820, actuel 2ème arrondissement. Anonyme , Peintre. Entre 1815 et 1825. Musée Carnavalet.

1834 : Le théâtre s'ouvre sur le passage des Panoramas grâce à la création de la galerie des Variétés, renforçant son attractivité. 

1830-1836 : Direction François-Victor-Armand Dartois

Le théâtre des Variétés et les rotondes des panoramas, boulevard Montmartre, vers 1820, actuel 2ème arrondissement. Anonyme , Peintre. Entre 1815 et 1825. Musée Carnavalet.

1836 : Philippe-François Pinel du Manoir (ou Dumanoir) (1806-1865, dramaturge et librettiste français), prend la direction des Variétés. Dumanoir était un auteur dramatique fécond et fêté qui ne laissa pas moins de cent quatre-vingt-quatorze pièces de théâtre, dont plusieurs furent créées aux Variétés : 

1837 : Le Chevalier d’Éon, avec Jean-François Bayard 

1838 : Madame et Monsieur Pinchon, avec Jean-François Bayard et Adolphe d'Ennery. 

1839 : La Canaille, comédie-vaudeville en 3 actes,, avec Théophile Marion Dumersan, 

1842 : Ma maîtresse et ma femme, comédie-vaudeville avec Adolphe d'Ennery. 

1843 : Le Capitaine Roquefinette, avec Adolphe d'Ennery. 

1845 : Boquillon à la recherche d'un père, avec Jean-François Bayard. 

1846 : La Baronne de Blignac, avec Eugène Nyon. 

1847 : Léonard le perruquier, avec Clairville. 

1850 : Lully ou les Petits Violons de Mademoiselle, avec Clairville. 

1853 : Les Folies dramatiques, avec Clairville.


1837 : La direction des Variétés passait entre les mains de Jean-François-Alfred Bayard, auteur dramatique prolifique. Cette année, les Variétés affichent sept pièces de Bayard.

1839 : Direction Armand-François Jouslin de la Salle 

1840 : Direction Pierre-Joseph Leroy. On joue pour la première fois aux Variétés une pièce d’un auteur qui devait par la suite faire merveille sur cette scène Le Fin Mot de Labiche. 

1840-1847 : Direction Louis-Victor-Nestor Roqueplan 

1847-1849 : Direction Édouard Morin (John Bowes, propriétaire) 

1849-1851 : Direction Jean-Baptiste Thibeaudeau-Milon (John Bowes, propriétaire) 

1851-1854 : Direction Marie-Anne Carpier (John Bowes, propriétaire)

1855 : Direction Paul Laurencin et Zacheroni (John Bowes, propriétaire). Puis direction Hippolyte et Théodore Cogniard. 

1855 : 18 Mars : Le Figaro publiait les comptes d’exploitation du Théâtre des Variétés: le passif s’élevait à 2.300.000 francs… Le cher M. Carpier est remercié et pendant quelques mois Mr. Bowes lui-même prend la direction de son théâtre en collaboration avec MM. Laurencin et Zacheroni.

1856-1869 : Direction Hippolyte Cogniard et Jules Noriac 

1869-1891 : Direction Eugène Bertrand 

1864-1880 : Jacques Offenbach devient la figure emblématique du théâtre. Ses opérettes, pleines d'esprit et de mélodies entraînantes, connaissent un immense succès :

1864 : La Belle Hélène 

1866 : Barbe-Bleue 

1867 : La Grande-Duchesse de Gérolstein 

1868 : La Périchole 

1869 : Les Brigands


Le Théâtre des Variétés devient le temple de l'opéra-bouffe parisien, attirant un public nombreux et enthousiaste. 

La collaboration avec Offenbach reprend après la guerre, mais le compositeur décède en 1880.

Les Variétés vers 1900

1892-1914 : Direction Fernand Samuel

Fernand Samuel, le directeur des Variétés de 1892 à 1914, photographié à son bureau en 1900.

1907 : on y projette un film de 90 minutes, qui serait le premier long métrage produit en Europe. 

1914-1940 : Direction Max Maurey 

1914-1918 : Première Guerre Mondiale : Au début de la guerre, la mobilisation générale a entraîné le départ de nombreux artistes et techniciens, ce qui a perturbé le fonctionnement normal du théâtre. Progressivement, l'activité reprend, mais la programmation évolue. On continue à proposer des spectacles, mais un effort est fait pour s'adapter au contexte (Pièces patriotiques et revues à la gloire de l'effort de guerre, Des spectacles au bénéfice des victimes de la guerre, des blessés et des œuvres de bienfaisance.)

Le théâtre des Variétés au cours de la Première Guerre mondiale, en 1916.

1919-1936 : Cet entre-deux-guerres (Les Années folles), Max Maurey, auteur dramatique et homme de théâtre accompli, ne donna pas moins de soixante-six spectacles sur la scène des Variétés que l’on disait être alors ‘le plus parisien des théâtres de Paris’. 

1940-1943 : Direction Émile Petit 

1944-1945 : Direction Max Maurey et Émile Petit 

1939-1945 : Seconde Guerre Mondiale : Au début du conflit et pendant l'Occupation allemande, l'activité théâtrale est à nouveau perturbée. De nombreux artistes sont mobilisés ou choisissent de quitter Paris. Sous l'Occupation, les théâtres sont soumis à la censure allemande. Les pièces et les artistes sont contrôlés, et certaines œuvres sont interdites. Le Théâtre des Variétés, comme d'autres, continue de fonctionner, mais doit faire des compromis avec les autorités occupantes. 

1946-1947 : Direction Max Maurey et Denis Maurey 

1947-1975 : Direction Denis et Marcel Maurey

1950 : Avec les danseurs Térésa et Luisillo, puis avec le grand Maurice Chevalier, les Variétés inauguraient la formule du récital qui connut de très grands succès, sans oublier les grandes comédies : 

1953, c’est La Cuisine des Anges d’Albert Husson avec Jean Parèdes et Palsambleu ! de Sacha Guitry avec Lana Marconi. 

1954 : Patachou et Jean Rigaux. /  Frère Jacques d’André Gillois avec Fernand Gravey et Gisèle Pascal. 

1955 : Charmante Soirée de Jacques Deval avec Michel Simon. 

1956 : Les Enfants d’Edouard de Marc-Gilbert Sauvajon avec Denise Grey et Pauline Carton. 

1958 : Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. 

1959 : Les Frères Jacques. / Un Rossignol Chantait de Robert Lamoureux avec Dany Robin. 

1960 (1966 et 1967) : Fernand Raynaud 

1964 : Raymond Devos. 

1968 : Fernandel s’installe aux Variétés pour cinq mois. En compagnie de son ami Rellys, il joue Freddy de Robert Thomas. 

1972 : Patachou. / Reprise de la comédie familiale d’André Roussin : Les Oeufs de l’Autruche 

1973 : Pierre Perret, Thierry le Luron. / Pièce de Marcel Aymé ‘Les 4 Vérités’ 1974 : Barbara, Herbert Pagani. 

1975 : Jacques Martin. 

Durant cette période, il est important de noter que le Théâtre des Variétés fut le tremplin de deux comiques qui marqueront le cœur des Français : André Raimbourg dit Bourvil et Louis de Funès.


1974 : La façade et le vestibule sont classés Monuments Historiques, et la salle est inscrite au titre des monuments historiques.

1975 : Jean-Michel Rouzière, directeur du théâtre du Palais-Royal, prend la direction des Variétés. Pour la première fois dans l’histoire, les deux salles construites par la Montansier sont réunies sous la même direction. 

1978 : Octobre : La célèbre Cage aux folles de Jean Poiret s’installe aux Variétés avec Michel Serrault et Michel Roux, prolongeant l’énorme succès de ce spectacle, créé au Palais-Royal. 

1980 : 3 Novembre : ‘L’Intoxe’, comédie de Françoise Dorin, avec Jeanne Moreau et Jacques Dufilho, dans une mise en scène de Jean-Laurent Cochet. 

1982 : ‘Chéri’ de Colette avec Michelle Morgan 

1984 : ‘Le Bluffeur’ avec Jean Lefèbvre 

1985 : ‘N’Ecoutez pas, Mesdames!’, (pour centenaire de la naissance de Sacha Guitry) avec Pierre Dux, Micheline Boudet, Micheline Dax, Jacques François, Jackie Sardou et Jacques Jouanneau. 

1986 : Janvier : Les Dégourdis de la 11ème Compagnie de Mouëzy-Eon et Daveillans. 

1987 : Février : ‘C’est Encore Mieux l’Après-midi’, de Ray Cooney, adapté par Jean Poiret, avec Pierre Mondy et Jacques Villeret. 

1988 : Novembre : ‘La Présidente’ de Maurice Hennequin et Veber, adapté par Jean Poiret 

1989 : 14 Février : Disparition de Jean-Michel Rouzière, après treize années de superbes spectacles aux Variétés. 

1989 : Décembre : M. Francis Lemonnier (Président Directeur général) succède à Jean-Michel Rouzière

1991 : Jean-Paul Belmondo (notre célèbre comédien) fait l’acquisition des Variétés et en prend la direction. 

1992 : 31 janvier :  La Trilogie Marseillaise, qui fut créée sur ce plateau, adaptée et mise en scène par Jean-Luc Tardieu, revient à l’affiche pour cinq mois de soleil et de rires, avec Jean-Pierre Darras dans le rôle de César. 

1993 : Septembre : Création d’un auteur français contemporain Francis Veber au titre provocant, ‘Le Dîner de Cons’ et c’est un véritable triomphe. Jacques Villeret et Claude Brasseur, puis Michel Roux, réunissent en 700 représentations plus de 600.000 spectateurs. 

1996 : Octobre : ‘La Puce à l’Oreille’ de Georges Feydeau avec Jean-Paul et une mise en scène de Bernard Murat. 

1998 : Janvier : ‘Le Mari, la Femme et l’Amant’ de Sacha Guitry, Pierre Arditi, Évelyne Bouix et Bernard Murat. 

1999 : Janvier : ‘Duo pour violon seul’, avec Francis Huster et Cristiana Reali, dans une mise en scène de Bernard Murat. 

2000 : ‘Le Nouveau Testament’ avec Jean-Pierre Marielle et Françoise Fabian, et Bernard Murat à la mise en scène. 

2001 : ‘Joyeuses Pâques’ de Jean Poiret, avec Pierre Arditi et Barbara Schultz, dans mise en scène de Bernard Murat. 

2002 : ‘Panique au Plazza’ de Ray Cooney avec Martin Lamothe et de Pierre Mondy à la mise en scène. 

2003 : ‘par Remue-Ménage’ d’Alan Ayckbourn, mise en scène par Pierre Mondy. 

2004 : Février :  Les Chevaliers du Fiel. 

2004 : ‘Avis de tempête’ de Dany Laurent, avec Roland Giraud et Véronique Jannot et -Luc Moreau à la mise en scène

Panneau Histoire de Paris « Théâtre des Variétés ».

2004 : Novembre : Jean-Manuel Bajen rachète le Théâtre des Variétés à Jean-Paul Belmondo et entreprend sa restauration. Il créer même une toute nouvelle salle de spectacle dans les combles du Théâtre Le Petit Théâtre des Variétés. 

2005 : ‘Si c’était à refaire’ de Laurent Ruquier, avec Isabelle Mergault et Pierre Palmade. 

2006 : ‘Pierre & Fils’ de et mis en scène par Christophe Duthuron, avec Pierre Palmade et Pierre Richard. 

2007 : ‘Fugueuses’, de par Pierre Palmade avec Line Renaud et Muriel Robin. 

2008 : ‘Croque monsieur’, d’Isabelle Mergault 

2009 : ‘Le Quatuor’, groupe musical et humoriste. 

2010 : septembre à : mai 2011 : ‘Le dîner de cons’ est à nouveau monté avec le duo Chevallier et Laspalès. 

2012 : ‘Adieu, je reste !’, d’Isabelle Mergault et D. Cohen, avec Chantal Ladessous et Isabelle Mergault, dans une mise en scène d’Alain Sachs. 

2013 : ‘Divina’, de Jean Robert-Charrier, avec Amanda Lear, une mise en scène de Nicolas Briançon et des costumes de Jean-Paul Gaultier. 

2015 : Septembre : ‘Ne me regardez pas comme ça !’, d’Isabelle Mergault, avec Sylvie Vartan (son premier grand rôle sur les planches) et Pierre Deny. 

2016 : Septembre : ‘A droite à gauche’ de Laurent Ruquier, Francis Huster et Régis Laspalès. (Jean-François Balmer reprit le rôle de Francis Huster en deuxième partie de saison). 

2017 : Septembre : ‘Non à l’argent’ de Flavia Coste, avec Pascal Legitimus, Julie De Bona, Claire Nadeau et Philippe Lelievre 

2018 : Janvier : Le ventriloque Jeff Panacloc. 

2019 : Janvier : Le One Woman Show ‘Vive Demain’ de Michel Bernier

Théâtre des variétés, prise en décembre 2012 avec la devanture du spectacle "Adieu, je reste !" Auteur : Emeric84 (Merci)

Aujourd'hui, sous la direction de Jean-Manuel Bajen, le Théâtre des Variétés continue d'être un lieu de spectacle vivant dynamique, proposant une programmation variée et conservant son statut d'un des plus anciens théâtres parisiens encore en activité. 

Sources principales : WIKIPÉDIA /  https://www.theatredesvarietes.fr/theatre/histoire/


Théâtre du Gymnase / Théâtre de Madame 

38, boulevard Bonne-Nouvelle, 75010. Paris. 

1820 : Le théâtre est fondé par Delestre-Poirson. Il est construit en moins de trois mois par les architectes Auguste Rougevin et Louis Régnier de Guerchy, sur une partie de l'ancien cimetière de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et le jardin de l'hôtel du baron Louis, à son emplacement actuel sur le boulevard Bonne-Nouvelle (10e arrondissement).

Théâtre du gymnase dramatique. Dessinateur : Alexis Donnet. Graveur : Orgiazzi, J. Giovanni Giacomo ou J. Alexis Musée Carnavalet.

1820 -1824 : Le Gymnase-Dramatique : À l'origine, il s'appelle le Gymnase-Dramatique et sert de lieu de répétition pour les élèves du Conservatoire national supérieur d'Art dramatique situé à proximité. Les premières pièces jouées sont souvent des vaudevilles et des comédies en un acte. 

1824-1830 : Le Théâtre de Madame : ‘L'existence du Gymnase était sans cesse menacée. Un privilège, révocable à tous les instants, ne laissait aux actionnaires de ce théâtre d'autre sûreté que le bon plaisir d'une excellence. M. Poirson trouva le moyen de rendre stable ce qui n'était que précaire, et d'assurer un avenir tranquille à ce qui n'avait que l'incertitude en perspective. MADAME, duchesse de Berry, était allée à Dieppe prendre les bains de mer ; M. Poirson emballa dans la Diligence l'élite de sa troupe, et quelques-uns de ses auteurs. Le Gymnase donna des spectacles qui furent agréables à la princesse et purent la distraire un peu des harangues et de l'étiquette provinciales, alors, Madame eut la bonté de prendre sous sa protection les comédiens qui l'avaient amusée, et de permettre â M. Poirson d'écrire sur la façade de la salle de son spectacle, ces mots : théâtre de Madame.
Le sort du Gymnase fut fixé dès ce moment. Il est devenu presque théâtre royal. Les acteurs du Gymnase protégés, prennent le titre de comédiens ordinaires de Madame, duchesse de Berry.’
Dictionnaire théâtral ou douze cent trente-trois vérités sur les directeurs, régisseurs, acteurs, actrices et employés des divers théâtres Paris. Chez J-N Barba Librairie. 1825. 

Ce changement de nom était lié à la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, belle-fille du roi Charles X. Elle était une protectrice des arts et a accordé son patronage au théâtre, qui a alors pris son nom. 

1830 : Le théâtre reprend son nom de Théâtre du Gymnase. 

1844 : Montigny prend la direction et transforme progressivement le répertoire, s'orientant vers des œuvres plus audacieuses et des pièces à thèse, notamment celles d'Alexandre Dumas fils, qui y connaît ses premiers succès.

Façade du théâtre du Gymnase, boulevard de Bonne Nouvelle, 10ème arrondissement, Paris. Blancard, Hippolyte , Photographe. Vers 1890. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.

Première Guerre Mondiale (1914-1918) : Le déclenchement de la guerre en 1914 a entraîné la mobilisation de nombreux hommes, y compris des acteurs, des auteurs et du personnel technique des théâtres. La vie culturelle à Paris a considérablement ralenti. 

Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) et l'Occupation : Avec le début de la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande de Paris en 1940, les théâtres ont de nouveau été confrontés à la fermeture et à de sévères restrictions.

1962 : La grande tragédienne Marie Bell prend la direction du théâtre et le dirige jusqu'à sa mort en 1985. Elle y interprète notamment une Phèdre marquante.

Marie Bell et Louis Jouvet dans Un carnet de bal de Julien Duvivier. 1937.

1985 : Théâtre du Gymnase Marie Bell :Après la mort de Marie Bell (1985) , Jacques Bertin, qui était administrateur depuis 1975, prend la direction et le théâtre est renommé Théâtre du Gymnase Marie Bell en son hommage. 

1994 (1er Février) : Le Théâtre du Gymnase est inscrit aux monuments historiques. 

Le théâtre dispose également de deux petites salles : le Studio Marie-Bell et le Petit-Gymnase.


Théâtre du Luxembourg

Le Théâtre du Luxembourg : Chronique d'un succès populaire rue de Fleurus L'histoire de ce lieu, surnommé affectueusement « Bobino », est un témoignage précieux de la vie culturelle du 6ème arrondissement au XIXe siècle, avant que les grands travaux d'urbanisme ne transforment définitivement le paysage parisien. 

1816 : Les prémices de cette institution voient le jour sous la forme d'un modeste théâtre de bois fondé par un certain Bobino. 

Vers 1845 (L'apogée) : Situé au 20, rue de Fleurus (à l'angle de l'ancienne rue de l'Ouest), le théâtre connaît une popularité immense sous le règne de Louis-Philippe. Sa façade élégante, ornée de bustes et de statues, fait face à un établissement de vins et de billard, attirant une foule de spectateurs et d'étudiants venus du Jardin du Luxembourg tout proche.

Le théâtre du Luxembourg, dit Bobino, rue de Fleurus, vers 1845, actuel 6ème arrondissement. Anonyme, Peintre. Entre 1840 et 1850. Musée Carnavalet.

1865 - 1867 (Le déclin) : Alors que les transformations du Second Empire s'accélèrent, le faste du bâtiment s'étiole. Enserré par des commerces modestes, le théâtre perd de sa superbe, témoignant d'un quartier en pleine mutation. 

1868 (La fin du site historique) : Le destin de l'adresse rue de Fleurus est scellé. Un avis de « matériaux de démolition à vendre » est placardé sur les murs. Le bâtiment est rasé pour permettre le percement de la rue d'Assas et l'élargissement de la rue de Fleurus. 

1873 (La renaissance) : Bien que le théâtre physique du Luxembourg ait disparu, l'esprit de « Bobino » survit en migrant au 20, rue de la Gaîté, dans le quartier de Montparnasse, où il entame une nouvelle vie de café-concert.

Théâtre du Luxembourg, 6ème arrondissement, Paris. Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit), Photographe. Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit), Tireur de photographies. Entre 1865 et 1868. Musée Carnavalet.


Théâtre du Marais

Il y a plusieurs lieux qui portent ou ont porté le nom de "Théâtre du Marais" à Paris au cours de l'histoire :

XVIIe siècle : Première salle

Le Théâtre du Marais historique (XVIIe siècle) 

1600 : Création du Théâtre du Marais à l’hôtel d’Argent, (dans la salle servant aux fêtes et spectacles de l’hôtel) rue de la Poterie, près de la Grève, par un groupement de comédiens venus de province. 

1624 : Guillaume de Mondory et Claude Deschamps (dit Villiers) fondirent leur troupe sous le nom de Marais. 

1634 : 8 mars : ouverture, par le célèbre acteur Mondory, d’un théâtre dans le nouveau quartier à la mode du Marais, rue Vieille du Temple (à la hauteur de l’actuel N° 90). Le Jeu de Paume du Marais devient le Théâtre du Marais. Il s'installe ensuite rue de la Poterie près de la Place de Grève, puis rue Michel Le Comte. 

1635 : 1 er janvier : Inauguration du théâtre du Marais. 

1636 : Le Théâtre du Marais est lancé. Il présente, en alternance, les deux grands auteurs du temps : Tristan L’Hermitte et Corneille, et enchaîne les succès 

1637 : Le Cid de Pierre Corneille (deuxième version en 1648 puis version définition en 1661) 

1640 : 19 Mai : ‘Horace’ (Tragédie de Pierre Corneille ) 

1641 : ‘Cinna’  (Tragédie de Pierre Corneille ) 

1641(2) : Polyeucte ou Polyeucte martyr (Tragédie de Pierre Corneille )

Pierre Corneille, aussi appelé « le Grand Corneille » ou « Corneille l'aîné » (1606-1684) est un dramaturge et poète français du xviie siècle.

1644 : 15 Janvier : La salle (le jeu de Paume du Marais) est détruite par un incendie 

1644 : Octobre : réouverture du Théâtre du Marais, grâce aux nouveautés techniques de ce théâtre tout neuf, le Marais développe de plus en plus ses changements de décors spectaculaires, avec naufrages et cataclysmes dans ses pièces à machines.

Théâtre du Marais vers 1652. Théâtre du Marais détail plan Gomboust Paris 1652. Jacques Gomboust (1616-1668), cartographe français qui a créé une célèbre carte de Paris en 1652.

1673 : Fermeture. À la mort de Molière, la troupe du Marais fut dissoute pour fusionner avec les comédiens de la Troupe de Molière et fut installée sur le Théâtre Guénégaud (rue des Fossés de Nesle) que l’Académie Royale de Musique venait d’abandonner. 

1690 : Le nom "Théâtre du Marais" réapparaît brièvement rue Culture Sainte Catherine.

Illustration : Théâtre du Marais. Scène du Cid, de Corneille. Estampe de Adrien Marie (1870). Source : BnF/ Gallica

Le Cid de Pierre Corneille Tragi-comédie en vers, représentée pour la première fois le 7 janvier 1637 au théâtre du Marais.
Première édition en 1637, deuxième version en 1648 puis version définition en 1661.
Distribution : 8 hommes, 4 femmes


1791 à 1812 : Deuxième salle

1791 : Construction au 11 rue de Sévigné, avec des matériaux récupérés de la démolition de la Bastille (pilastres et chapiteaux) et présentant des spectacles révolutionnaires. Le bâtiment est conçu par l'architecte Guillaume Trepsat. 

1791 : 31 août : Inauguration avec La Métromanie d'Alexis Piron. 

1807 : Fermé par ordre de Napoléon Ier, qui souhaitait limiter le nombre de théâtres à Paris. 

1812 : La salle de spectacle a été détruite. Les locaux ont ensuite été affectés aux pompes funèbres jusqu'en 1816, puis partiellement rasés et transformés en établissement de bains. Aujourd'hui, au 11 rue de Sévigné, vous pouvez voir la façade de l'ancien théâtre, transformée en immeuble d'habitation. Une plaque commémorative rappelle l'existence de ce lieu théâtral important de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle

Plaque rappelant l'emplacement du deuxième théâtre du Marais au 11 rue de Sévigné.


1976 : Troisième salle

Le Théâtre du Marais actuel : Situé au 37 rue Volta, dans le 3ème arrondissement. Il s'agit d'une petite salle de 90 places, axée principalement sur l'humour (one-man/woman shows, stand-up, comédies) et les spectacles pour enfants. 

1976 : Ce théâtre a été fondé en Jacques Mauclair. 

1999 : Ferme temporairement 

2000 : Mai : La salle rouvre sous la direction du Cours Florent. 

2009 : Sébastien Autret, Charles Petit et Quentin Paulhiac font revivre cette salle avec une programmation hétéroclite de pièces de théâtre. 

2015 : 19 Mars : L’actuel théâtre du marais est inauguré, repris par une nouvelle équipe dirigée par Hervé Compan.

Théâtre du Marais, rue Volta. https://theatredumarais.fr/le-theatre/


1980 : et une quatrième salle !

Il existe également le Théâtre Espace Marais, situé au 22 Rue Beautreillis, 75004 Paris 1980 : Il s'installe dans l'aile gauche de l'hôtel de Charny (bâti en 1676). Le théâtre, bien que situé dans ce lieu historique, a été conçu par Michel Bouttier et Sissia Buggy avec une allure très contemporaine. Une des particularités de ce théâtre est que la scène est entourée par les spectateurs, créant une immersion profonde et une complicité accrue entre les acteurs et le public. 

Bien que son nom contienne "Marais", il s'agit d'un théâtre distinct de celui situé rue Volta.


Théâtre Feydeau

Voir : Théâtre de Monsieur, rue Feydeau


Théâtre Fontaine

Théâtre fontaine. 10, rue fontaine 75009

Avant le siècle : L'emplacement du futur théâtre était initialement un cimetière. 

Début siècle : Une manufacture de plomberie y est construite. 

Années 1930 : Le lieu est transformé en lieu de divertissement par Léon Volterra (directeur du Théâtre de Paris, du Marigny, etc.). Le cabaret est d'abord nommé "El Garron". Il devient rapidement la célèbre "Boîte à Matelots", connue pour être un lieu de mauvaise vie et de contrebande, accueillant des artistes de passage comme les jazzmen Joseph et Django Reinhardt. 

1933 (19 décembre) : Le cabaret est renommé "Le Chantilly", un lieu d'envergure. Pendant la Seconde Guerre mondiale : "Le Chantilly" est fréquenté par les soldats allemands et devient un lieu de rendez-vous régulier de la Gestapo, servant notamment de lieu pour le marché noir (contrebande de jambon, par exemple). Après la guerre : Le lieu est temporairement converti en... garage. 

1964 : Jean Poiret et Michel Serrault montent sur scène avec leur succès Sacré Léonard, puis Opération Lagrelêche en 1966. 

Milieu des années 1980 : La pièce Le Clan des Veuves, avec Ginette Garcin et Jackie Sardou, rencontre un immense succès et reste à l'affiche plus de trois saisons consécutives. 

1987 : Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus (Les Inconnus) se produisent avec leur recueil de sketches Au secours tout va bien !

Centre d'archives d'architecture contemporaine. 1960-1961. Théâtre Fontaine, rue Fontaine, Paris 9e : projet d'agrandissement du balcon, coupe, 6 juil. 1960.

Programmations contemporaines : Le théâtre conserve sa vocation de comédie tout en accueillant des classiques (Compagnie Colette Roumanoff) et des contes pour enfants. Il est géré par le Groupe Pascal Legros. 

2022 : La comédie Berlin Berlin, co-écrite par Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras, remporte le Molière du meilleur spectacle comique et le Molière du meilleur comédien, assurant un long succès au théâtre. 

2024-2025 : La collaboration entre Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras se poursuit avec Mon jour de chance.


Théâtre George VI

Voir : Théâtre de la Potinière / Théâtre Isola / Théâtre George VI / Théâtre des Deux-Masques / Théâtre Louis-le-Grand / Biothéâtre / Pépinière-Opéra / La Pépinière-Théâtre


Théâtre Isola

Voir : Théâtre de la Potinière / Théâtre Isola / Théâtre George VI / Théâtre des Deux-Masques / Théâtre Louis-le-Grand / Biothéâtre / Pépinière-Opéra / La Pépinière-Théâtre   

Voir :Magie. Ombres chinoises : Théâtre Isola


Théâtre Louis-le-Grand

Voir : Théâtre de la Potinière / Théâtre Isola / Théâtre George VI / Théâtre des Deux-Masques / Théâtre Louis-le-Grand / Biothéâtre / Pépinière-Opéra / La Pépinière-Théâtre


Théâtre Louvois

Le théâtre Louvois : 6, rue de Louvois, 75002. Paris. 

1791 : Achèvement de la construction par Francescal, sur les plans de l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart. 

1791 (16 août ) :  Inauguration sous le nom de ‘Théâtre des Amis de la Patrie’ , direction Lomel. La salle pouvait accueillir environ 1100 spectateurs 

Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) était un éminent architecte français. Il a conçu concevoir la Bourse de Paris, se bâtiment a été nommé ‘Palais Brongniart’ en son honneur et reste utilisé à ce jour. 

1796 : Direction Mlle Raucourt. Mlle Raucourt, Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite Mademoiselle Raucourt, était une célèbre tragédienne. 

1796 (25 Décembre) – 1797 (3 Septembre) : La salle devient le ‘Théâtre des Troubadours’. 1798 : La salle prend le nom de ‘Théâtre Louvois'. Le théâtre a pris le nom de ‘Louvois’ en référence directe à la rue dans laquelle il se trouvait.

Théâtre de Louvois. Dorgez ou Dorgès , Graveur. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.

1801 : Direction Louis-Benoît Picard. Célèbre dramaturge et acteur 

1805 : Il est renommé ‘théâtre de l'Impératrice’. 

1805 ( ?) : Direction Alexandre Duval. Également un dramaturge renommé, il a été directeur du Théâtre Louvois avant de prendre la direction de l'Odéon en 1807. 

1808 : Fermeture sur ordre de Napoléon ; il sert de magasin à l'Académie royale de musique, alors située en face ; la communication entre les deux bâtiments se fait par un pont en fer au-dessus de la rue Louvois. 

1820 (Février) - 1821(Août) : Après la fermeture de la salle Richelieu, le théâtre est utilisé temporairement par l'Académie royale de musique (l'Opéra), pour deux représentations, en attente de l'inauguration de sa nouvelle salle rue Le Peletier, ‘Le Devin du Village’ de Jean-Jacques Rousseau, et ‘La Fête Hongroise’ de Adalbert Gyrowetz. L'Opéra y a cohabité avec la troupe du Théâtre-Italien.

Élévation de la façade du Théâtre Louvois. 1821. Alexis Donnet (cartographe français).

1825 : Le théâtre ferme définitivement ses portes 

1899 : Le bâtiment est démoli 

Après sa démolition, le terrain a été envisagé pour la construction d'une chapelle expiatoire en mémoire du duc de Berry, assassiné en 1820. Cependant, suite à la Révolution de 1830, ce projet fut abandonné et l'actuel Square Louvois fut aménagé. 

Voir : Opéras


Théâtre Lyrique de la rue Feydeau

Voir : Théâtre de Monsieur, rue Feydeau


Théâtre Robert-Houdin

Voir : Magie. Ombres chinoises : Théâtre Robert-Houdin


Théâtre Saint Georges

Adresse : 51, rue Saint-Georges, Paris 9ᵉ arrondissement.

Avant 1929 : Le site du 51, rue Saint-Georges s’inscrit dans un tissu urbain dense du 9ᵉ arrondissement, quartier déjà fortement marqué par les loisirs, les spectacles et les établissements de divertissement. Avant l’édification du théâtre, la parcelle est occupée par des constructions sans vocation scénique affirmée, intégrées à la trame résidentielle et artisanale du quartier. Aucun théâtre permanent n’y est attesté avant la fin des années 1920. 

1929 : Le Théâtre Saint-Georges est créé à cette adresse dans un contexte de renouvellement des formes du spectacle parisien. Il est conçu dès l’origine comme un théâtre moderne, destiné principalement au théâtre de boulevard et à la comédie contemporaine. Le bâtiment est pensé pour répondre aux attentes d’un public urbain : confort de la salle, visibilité, circulation fluide, et identité architecturale immédiatement lisible. 

1929–1930 : La façade, rapidement emblématique, adopte un vocabulaire résolument Art déco. L’enseigne monumentale intégrée à l’architecture, les lignes géométriques et l’absence d’ornementation superflue inscrivent le Théâtre Saint-Georges dans une esthétique de modernité, en rupture avec les façades théâtrales plus classiques du siècle précédent. Cette image contribue fortement à la reconnaissance du lieu dans l’espace public. 

Années 1930 : Le théâtre s’impose comme une scène active du boulevard parisien. La programmation privilégie les comédies, les pièces contemporaines et les auteurs en prise avec leur époque. Le Théâtre Saint-Georges acquiert une réputation de lieu élégant mais accessible, fréquenté par un public fidèle. Les photographies de la période, notamment celles du fonds Clémançon, diffusent largement l’image de sa façade et participent à son ancrage dans la mémoire visuelle de Paris.

Compagnie générale de travaux d'éclairage et de force (Paris). Producteur d'un fonds. Fonds Clémançon. II. Archives photographiques. Vues d'ensemble des salles de spectacles. Théâtres, cinémas et autres établissements situés à Paris. Théâtre Saint-Georges. Façade de jour et de nuit. Théâtre Saint-Georges. 1900-1961. Source gallica.bnf.fr / BnF

1940–1944 : Durant l’Occupation, l’activité théâtrale est contrainte mais le lieu ne disparaît pas du paysage culturel. Comme beaucoup de salles parisiennes, le Théâtre Saint-Georges traverse cette période avec des adaptations de programmation et de fonctionnement, tout en conservant sa vocation première. 

Après 1945 : Le théâtre reprend rapidement une activité soutenue. Il retrouve son public et poursuit son rôle dans le paysage du théâtre privé parisien. Les transformations portent essentiellement sur l’exploitation, la mise en scène et les usages intérieurs, la façade Art déco demeurant largement inchangée. 

Seconde moitié du XXᵉ siècle : Le Théâtre Saint-Georges confirme sa place durable dans le réseau des théâtres parisiens. Il accueille de nombreuses productions de comédies et de pièces à succès, portées par des auteurs et des interprètes reconnus. Le bâtiment, régulièrement entretenu, conserve son identité architecturale d’origine. 

Depuis la fin du XXᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui : Toujours en activité à la même adresse, le Théâtre Saint-Georges reste un lieu emblématique du théâtre privé à Paris. Sa façade Art déco, devenue un repère urbain, témoigne de la modernité des années 1920, tandis que la salle continue d’accueillir des créations et des reprises, inscrivant le lieu dans une continuité presque ininterrompue depuis sa création en 1929. 

Ainsi, contrairement à d’autres salles parisiennes issues de transformations successives, le Théâtre Saint-Georges est un théâtre « né théâtre » : créé ex nihilo à la fin des années 1920, il a traversé près d’un siècle d’histoire sans changement d’adresse ni de vocation fondamentale.


Théâtre Saint Marcel

Adresse : 31, rue Pascal, Paris 13ᵉ arrondissement.

Avant 1858 : Le quartier Saint-Marcel, ancien faubourg industriel et populaire de la rive gauche, se développe au rythme des ateliers, des petites industries et d’une population ouvrière dense. Les lieux de sociabilité y sont nombreux, mais les salles de spectacles permanentes restent rares, souvent modestes et de courte durée. 

1858 : Le Théâtre Saint-Marcel est créé au 31, rue Pascal. Il s’inscrit dans le réseau des théâtres dits « de quartier », destinés à un public populaire. Sa programmation repose principalement sur le vaudeville, les mélodrames, les comédies et les spectacles chantés, formes alors très prisées par les habitants du faubourg. Le bâtiment adopte une architecture simple et fonctionnelle, sans monumentalité excessive. 

Années 1860 : Le théâtre connaît une activité régulière. La photographie réalisée par Charles Marville entre 1865 et 1868, aujourd’hui conservée au musée Carnavalet, montre une façade sobre, intégrée à l’alignement urbain, avec commerces en rez-de-chaussée. Le Théâtre Saint-Marcel apparaît alors comme un élément ordinaire mais essentiel de la vie locale, mêlant spectacle, cafés et commerces.

Théâtre Saint-Marcel, 31 rue Pascal, 13ème arrondissement, Paris Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit) , Photographe Marville, Charles (Charles-François Bossu, dit) , Tireur de photographies Entre 1865 et 1868 Musée Carnavalet.

Fin du XIXᵉ siècle : Comme de nombreux théâtres de quartier, le Théâtre Saint-Marcel est confronté à une concurrence accrue : multiplication des salles parisiennes, évolution des goûts du public, apparition progressive de nouveaux loisirs. Son activité devient plus irrégulière, alternant périodes d’exploitation et fermetures temporaires. 

Début du XXᵉ siècle : Le théâtre cesse progressivement son activité scénique. Le bâtiment change d’usage, tandis que le quartier poursuit sa transformation urbaine. La mémoire du lieu subsiste surtout à travers les archives, les photographies et les sources administratives. 

Après la Seconde Guerre mondiale : L’édifice d’origine disparaît dans le cadre des restructurations urbaines et des reconstructions du quartier. Aucun théâtre n’est réinstallé à cette adresse. 

Aujourd’hui : Le Théâtre Saint-Marcel n’existe plus comme salle de spectacle. Il demeure toutefois un témoin important de l’histoire des théâtres populaires parisiens du XIXᵉ siècle. Les images de Charles Marville, réalisées peu avant les grandes transformations de Paris, constituent l’un des rares témoignages visuels de ce théâtre aujourd’hui disparu. 

Le Théâtre Saint-Marcel illustre ainsi la vie et la fragilité des théâtres de quartier : des lieux profondément ancrés dans leur environnement social, essentiels à la vie culturelle locale, mais souvent éphémères face aux mutations urbaines et aux évolutions du spectacle.


Théâtre Saint-Marcel / Théâtre des Gobelins

Quartier Saint-Marcel – avenue des Gobelins, Paris (actuels 5ᵉ et 13ᵉ arrondissements).

23 décembre 1838 : Un premier Théâtre Saint-Marcel est inauguré au 31, rue Pascal, dans le faubourg Saint-Marcel. Il s’inscrit dans le réseau des théâtres populaires de la rive gauche, destinés à un public essentiellement local. Sa programmation repose sur les formes alors dominantes du spectacle de quartier : mélodrames, vaudevilles, comédies et spectacles chantés. Le théâtre devient rapidement un repère culturel et social pour les habitants du faubourg. 

1838–1857 : Le Théâtre Saint-Marcel connaît une activité régulière pendant près de vingt ans. Modeste dans son architecture comme dans ses moyens, il joue néanmoins un rôle important dans la diffusion du spectacle vivant hors des grands axes théâtraux parisiens, contribuant à l’identité culturelle du quartier. 

1857 : Le Théâtre Saint-Marcel de la rue Pascal est exproprié et détruit lors du percement du boulevard de Port-Royal, dans le cadre des grandes transformations urbaines du XIXᵉ siècle. Cette disparition marque la fin d’un lieu emblématique du spectacle populaire du faubourg Saint-Marcel. 

1865–1868 : Une tentative de réouverture du Théâtre Saint-Marcel à la même adresse est attestée pour une courte période. Cette reprise reste éphémère et ne permet pas de rétablir durablement une activité théâtrale. Le bâtiment disparaît définitivement du paysage parisien. 

1869 : Un nouveau théâtre est construit au 73, avenue des Gobelins, dans le même secteur géographique. Il prend le nom de Nouveau Théâtre Saint-Marcel, non par filiation directe avec la salle disparue de la rue Pascal, mais en référence au quartier historique de Saint-Marcel, dont le nom reste fortement associé à la vie culturelle locale. 

Années 1870 : Le Nouveau Théâtre Saint-Marcel s’inscrit dans la continuité des théâtres de quartier de la rive gauche. Sa programmation privilégie des spectacles accessibles et populaires, destinés à un public de proximité. Le théâtre contribue à maintenir une offre culturelle dans un quartier en pleine mutation.

Théâtre des Gobelins, avenue d'Italie . 1876. Dessinateur : Léon Leymonnerye Musée Carnavalet, Histoire de Paris Note : 

Étant donné la date de l'illustration (1876) et l'adresse connue du théâtre (73 avenue des Gobelins), il est fort probable que l'adresse principale du théâtre était bien sur l'avenue des Gobelins. L'indication "avenue d'Italie" sur l'illustration de Léon Leymonnerye reflète probablement une perception ou une simplification de la situation géographique à cette époque.

1878 : Le Nouveau Théâtre Saint-Marcel est rebaptisé Théâtre des Gobelins, adoptant le nom d’un repère urbain et historique majeur du secteur. Ce changement d’appellation marque une rupture symbolique avec la référence directe à Saint-Marcel et affirme une identité nouvelle, plus lisible à l’échelle parisienne. 

Fin du XIXᵉ siècle : Le Théâtre des Gobelins connaît une activité soutenue. Il demeure un théâtre populaire, ancré dans son quartier, tout en bénéficiant d’une fréquentation régulière. Sa programmation reste fidèle aux goûts d’un public local, dans un paysage théâtral parisien en constante expansion.

Le Théâtre des Gobelins en 1900

Début du XXᵉ siècle : Le théâtre traverse les évolutions du spectacle vivant et l’apparition de nouveaux loisirs. Il maintient son activité scénique, tout en s’adaptant progressivement aux transformations des pratiques culturelles

Vers 1909

Années 1920–1930 : Comme de nombreuses salles parisiennes, le Théâtre des Gobelins est confronté à la concurrence croissante du cinéma. Son exploitation évolue, alternant théâtre et projections, sans toutefois rompre immédiatement avec sa vocation initiale. 

Seconde Guerre mondiale : L’activité du théâtre est affectée par le contexte de guerre et d’Occupation, mais le lieu demeure en fonctionnement, avec des adaptations imposées par la situation. 

Après 1945 : Le Théâtre des Gobelins reprend une activité plus régulière, souvent hybride, mêlant spectacle vivant et cinéma. Cette polyvalence reflète les mutations profondes du paysage culturel parisien de l’après-guerre. 

Seconde moitié du XXᵉ siècle : La fonction théâtrale s’efface progressivement. Le bâtiment change d’usage, marquant la fin de l’activité scénique du Théâtre des Gobelins, tandis que le souvenir du lieu subsiste dans les archives et la mémoire du quartier.

Aujourd'hui

Bilan historique : Le Théâtre Saint-Marcel et le Théâtre des Gobelins ne sont pas liés par une continuité institutionnelle ou artistique directe. Leur relation est avant tout toponymique et territoriale. Le premier a contribué à ancrer le nom de Saint-Marcel dans la vie culturelle parisienne ; le second s’est initialement approprié ce nom pour s’inscrire dans un territoire identifié, avant d’adopter une nouvelle appellation. Ensemble, ils illustrent l’histoire des théâtres populaires de la rive gauche, profondément liés aux transformations urbaines et aux évolutions des pratiques spectaculaires du XIXᵉ au XXᵉ siècle.


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