

Bagonghi est un artiste de petite taille actif à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, présenté dans les spectacles de curiosités comme « le plus petit homme du monde ». D’origine italienne, il acquiert une notoriété internationale grâce à ses tournées en Europe et aux États-Unis, où il est exhibé dans les foires, cirques et music-halls. Sa célébrité repose sur des mensurations exceptionnelles, régulièrement chiffrées dans la publicité afin de renforcer l’effet spectaculaire. Les images le montrent souvent vêtu avec élégance, tenant un chapeau ou posant auprès d’objets disproportionnés, une mise en scène destinée à souligner sa petite taille tout en lui conférant une apparence digne et mondaine. Comme beaucoup de phénomènes de son époque, la biographie intime de Bagonghi demeure peu documentée. Son parcours illustre cependant la manière dont la petite taille extrême pouvait devenir une identité publique, façonnée par l’image, le chiffre et le récit, au cœur de l’économie des spectacles de curiosités.

Cette photographie montre Bagonghi posé sur une table, à côté de malles de voyage servant de repères visuels. Vêtu élégamment et tenant un chapeau, il est présenté comme un personnage soigné et mobile, évoquant ses tournées. La composition joue sur la disproportion des objets pour souligner sa très petite taille, selon les codes iconographiques des phénomènes de petite taille du début du XXᵉ siècle.
Le Colibri, né en 1882 à Croismare (Meurthe-et-Moselle), est présenté au début du XXᵉ siècle comme « le plus petit nain du monde ». Mesurant 69 centimètres pour 9 kilos, il devient une attraction majeure des spectacles de curiosités, où sa petite taille est mise en avant comme un record absolu. La carte postale recto–verso qui lui est consacrée associe une photographie démonstrative, jouant sur le contraste extrême des tailles, à une notice biographique promotionnelle. Le texte insiste sur ses tournées en Europe et aux États-Unis, sur l’admiration du public et l’intérêt des milieux médicaux, cherchant à légitimer l’exposition de son corps par un discours à la fois scientifique et spectaculaire. Présenté comme jouissant d’une excellente santé, Colibri est décrit dans un registre volontairement rassurant et familier, destiné à humaniser l’attraction tout en accentuant son caractère exceptionnel. Son parcours illustre parfaitement la logique des phénomènes de petite taille : une combinaison d’image, de chiffres et de récit, transformant la singularité physique en identité publique et en moyen de subsistance.


Harvey’s Midges — The Smallest People in the World Harvey’s Midges désigne une troupe de personnes de petite taille d’origine britannique, active à la fin du XIXᵉ siècle. Présentée comme « les plus petites personnes du monde », la troupe fut exhibée dans les circuits de spectacles populaires en Angleterre, puis lors de tournées en Europe continentale et en Amérique du Nord. Organisé sous le nom de son impresario, Harvey, le groupe réunissait plusieurs artistes identifiés par des noms de scène, accompagnés de mesures précises destinées à renforcer l’effet spectaculaire. Parmi les membres attestés figurent Prince Midge, Princess Lottie, General Tot et Jennie Woggen. La mise en scène reposait sur une présentation collective et comparative, typique des exhibitions de la Belle Époque, où la petitesse humaine était mise en valeur comme un phénomène visuel et narratif. Les identités civiles des artistes ne sont pas connues avec certitude, les sources privilégiant le groupe plutôt que les parcours individuels.

Harvey’s Midges. The smallest people in the world Anonyme Imprimerie G.J. Culliford & Sons , Imprimeur Entre 1880 et 1900 Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Note : Dans le contexte des spectacles de la fin du XIXᵉ siècle, le terme midges (moucherons) ne désigne pas l’insecte lui-même, mais évoque métaphoriquement une extrême petitesse associée à la multiplicité. Cette appellation imagée, courante dans la publicité foraine anglophone, visait à frapper l’imaginaire du public tout en affirmant l’identité du groupe sous le nom de son impresario, Harvey.
Henri Renard, né en 1895 à Orléans, est un artiste de petite taille actif au début du XXᵉ siècle, présenté dans les spectacles de curiosités comme « l’homme le plus petit du monde ». Sa taille est généralement annoncée à 70 centimètres, pour un poids d’environ 15 kilos, chiffres systématiquement mis en avant dans la publicité afin de renforcer l’exceptionnalité de son cas. Henri Renard est exhibé en Europe, notamment en France, à travers des photographies, cartes postales et présentations publiques où il apparaît aux côtés d’hommes de taille ordinaire, procédé destiné à rendre sa petitesse immédiatement perceptible. Le discours promotionnel insiste sur la mesure, le record et le défi, allant jusqu’à promettre une récompense financière à tout rival. Peu d’éléments sont connus de sa vie privée, mais son parcours illustre parfaitement la logique des phénomènes de petite taille : une identité publique construite autour du chiffre, de la comparaison corporelle et de la fascination collective pour les limites du corps humain.

Cette photographie montre Henri Renard posé aux côtés d’un homme de taille ordinaire, utilisé comme repère de comparaison
La Princesse Topaze fut une artiste de petite taille présentée à la fin du XIXᵉ siècle sur les scènes parisiennes, notamment au Casino de Paris. Annoncée comme mesurant 67 centimètres pour 7 kilogrammes, elle était mise en avant comme un phénomène unique, selon les codes spectaculaires de la Belle Époque. Contrairement à une simple exhibition, la Princesse Topaze participait à de véritables numéros artistiques, mêlant chant, danse et intermèdes chorégraphiés. Elle apparaissait tour à tour comme chanteuse, danseuse espagnole ou orientale, soulignant une polyvalence scénique rare pour une artiste de sa stature. Le nom « Princesse Topaze » est un nom de scène, et son identité civile n’est pas connue. Comme de nombreuses artistes de petite taille de cette période, elle est essentiellement documentée à travers les affiches et programmes, où le personnage féerique et élégant prenait le pas sur l’individu. Sa figure témoigne de l’intégration des personnes de petite taille dans le music-hall parisien, à la croisée de la curiosité corporelle et du spectacle raffiné.

La Princesse Topaze. Étoile du Casino de Paris. Mesure 67 Centim. PESE 7 Kilogr. Phénoméne. Unique. NAINE la plus PETITE et la plus JOLIE du Monde entier Anonyme Lévy, Charles , Imprimeur Après 1888 Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Le Pacha Ismaël Abdurrahman fut un artiste de spectacle présenté comme Lilliputien à la fin du XIXᵉ siècle. Il se produisit notamment au Jardin de Paris, l’un des grands lieux de divertissement parisiens de la Belle Époque, connu pour la diversité de sa programmation mêlant concerts, ballets, acrobaties et attractions spectaculaires. Présenté sous le titre exotisant de « Pacha », Ismaël Abdurrahman incarnait une figure à la fois curieuse et théâtralisée, conforme aux goûts du public de l’époque pour l’orientalisme et les personnages venus d’ailleurs. Sa petite taille constituait le cœur de sa mise en scène, renforcée par des costumes, des décors et des situations jouant sur le contraste d’échelle avec les autres artistes. L’affiche du Jardin de Paris le montre intégré à un programme de spectacles variés, révélant la place accordée aux personnes de petite taille dans les grandes scènes parisiennes de la fin du XIXᵉ siècle. Ces artistes n’étaient pas seulement exhibés, mais participaient pleinement à des numéros chorégraphiés, comiques ou narratifs. La figure du Pacha Ismaël Abdurrahman témoigne ainsi des pratiques spectaculaires de la Belle Époque, où curiosité, divertissement et mise en scène de la différence corporelle se combinaient au sein des lieux de loisirs urbains.

Jardin de paris. Tous les soirs. Le pacha Ismaël Abdurrahman lévy, charles , dessinateur lévy, charles , imprimeur entre 1882 et 1888 Musée carnavalet. Histoire de Paris.
Le Théâtre Marcketti — Théâtre des Lilliputiens Le Théâtre Marcketti était un théâtre spécialisé dans les spectacles de Lilliputiens, actif à Paris entre 1880 et 1900. Dirigé par E. Gauthier, il proposait des représentations entièrement interprétées par des artistes de petite taille, réunis en troupe. Contrairement aux exhibitions isolées, le Théâtre Marcketti présentait de véritables spectacles théâtraux, comprenant scènes comiques, parodies, opérettes et tableaux chorégraphiés. Les artistes y incarnaient des personnages variés, jouant sur le contraste d’échelle tout en s’inscrivant dans les codes du théâtre populaire de la Belle Époque. Les membres de la troupe étaient généralement présentés collectivement, sans que leurs identités individuelles soient mises en avant. Cette pratique, courante à l’époque, privilégiait l’effet d’ensemble et la dimension spectaculaire du groupe plutôt que les parcours personnels. Note : L’adresse exacte du Théâtre Marcketti n’est pas connue. Comme de nombreux théâtres spécialisés de la fin du XIXᵉ siècle, il n’est aujourd’hui localisable qu’à travers les affiches et documents de spectacle, sans indication précise de son implantation parisienne.

Théâtre Marcketti, théâtre des Lilliputiens, sous la direction de E. Gauthier Entre 1880 et 1900 Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Les Colibris étaient une troupe d’artistes de petite taille, active à Paris principalement entre 1895 et 1905, durant la Belle Époque. Ils se produisaient dans des spectacles collectifs, notamment lors des cirques d’été des Champs-Élysées, où leurs numéros mêlaient danse, théâtre et situations burlesques. Fonctionnant comme un ensemble, la troupe privilégiait la mise en scène collective plutôt que l’individualité. Les artistes étaient présentés sous le nom unique des Colibris, sans que leurs identités personnelles soient mentionnées dans les sources connues, pratique courante dans les spectacles populaires de l’époque. Les Colibris illustrent la place accordée aux personnes de petite taille dans les divertissements parisiens de la fin du XIXᵉ siècle, non seulement comme curiosités, mais comme artistes à part entière, intégrés à des mises en scène élaborées et festives.

Champs-Élysées. Les Colibris. Cirque d’été Anonyme Après 1888 Musée Carnavalet, Histoire de Paris

Les Huit Nains Tyroliens formaient une troupe de personnes de petite taille active à Paris dans le dernier quart du XIXᵉ siècle, principalement entre 1873 et 1883. Ils furent présentés notamment à l’Hippodrome du pont de l’Alma, dans le cadre de spectacles populaires associant numéros équestres, scènes comiques et tableaux vivants. La troupe était annoncée sous une identité collective, sans mention des noms individuels de ses membres. Cette absence d’identification personnelle était courante pour les groupes de petite taille à cette époque, où la communication privilégiait l’effet de groupe, l’unité visuelle et l’imaginaire régional plutôt que les parcours individuels. Présentés comme « tyroliens », les artistes portaient des costumes folkloriques évoquant les Alpes, un choix destiné à renforcer l’exotisme régional et la lisibilité immédiate du spectacle pour le public parisien. Leur répertoire reposait sur des scènes chorégraphiées, des situations burlesques et le jeu sur le contraste d’échelle, plutôt que sur des exploits isolés. Les Huit Nains Tyroliens s’inscrivent dans une tradition européenne de troupes itinérantes, susceptibles de se produire dans différents lieux et sous des appellations parfois variables selon les saisons. Leur carrière témoigne de l’intégration durable des personnes de petite taille dans les grands spectacles urbains de la Belle Époque, non seulement comme curiosités, mais comme ensembles artistiques structurés.

Hippodrome au pont de l’alma. Les nains. Exhibition Choubrac, Alfred , Dessinateur Lévy, Emile , Imprimeur Entre 1873 et 1883 Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Connus sous les noms de scène Titan et Pygmée, les « nains béarnais » furent des artistes de spectacles de curiosités actifs à la fin du XIXᵉ siècle. Présentés en duo, ils étaient exhibés dans les foires et salles de spectacle comme des phénomènes de petite taille, leur attractivité reposant sur des mensurations spectaculaires soigneusement mises en avant et sur des surnoms volontairement contrastés, destinés à frapper l’imaginaire du public.
Leur carrière semble s’inscrire dans le circuit forain traditionnel, où les personnes de petite taille figuraient parmi les attractions les plus anciennes et les plus populaires. Comme pour beaucoup de phénomènes de foire, leurs véritables noms, leur origine précise et leur vie en dehors du spectacle demeurent inconnus. Leur existence publique est aujourd’hui principalement documentée par des photographies et des légendes promotionnelles, témoignant d’un monde du spectacle où l’identité individuelle s’effaçait souvent derrière le personnage et la mise en scène.

Photographie de studio française diffusée sous forme de carte postale à la fin du XIXᵉ siècle. Représentant les artistes connus sous les noms de scène Titan et Pygmée, dits « nains béarnais », cette image était destinée à la promotion des spectacles de curiosités et à la vente de souvenirs. Comme beaucoup de cartes postales foraines, elle ne mentionne ni le photographe ni l’identité civile des personnes représentées.
Marguerita est une artiste de petite taille active au début du XXᵉ siècle, connue dans les spectacles de curiosités sous le surnom de « la poupée bernoise ». Présentée comme un cas exceptionnel, elle est annoncée dans la publicité pour sa très petite taille (environ 65 cm) et son poids extrêmement faible, chiffres destinés à frapper l’imaginaire du public. Sa mise en scène repose sur une esthétisation marquée de la petite taille : robes élégantes, accessoires raffinés, poses répétées rappelant l’univers de la poupée. Cette représentation transforme la singularité corporelle en figure décorative et théâtrale, particulièrement associée aux phénomènes féminins. Peu d’éléments sont connus de sa vie personnelle, mais Marguerita incarne une catégorie bien précise des spectacles de curiosités : celle des femmes de très petite taille, où la fascination pour la dimension extrême se combine à une construction visuelle empruntée aux codes de la féminité idéalisée.

Cette carte postale met en scène Marguerita, surnommée « la poupée bernoise », à travers trois poses successives. La répétition des images, les robes élégantes et les accessoires soignés renforcent l’assimilation à une poupée vivante, tandis que les indications chiffrées (taille et poids) soulignent son extrême petitesse.