
Sous le Second Empire (1852-1870), la ville de Saint-Cloud a connu une période particulière en matière de festivités, notamment en raison de la présence régulière de la famille impériale. Le palais de Saint-Cloud était en effet leur résidence d'été, où ils séjournaient généralement d'avril à mi-août. Cette présence impériale a sans aucun doute influencé la vie festive locale. Le palais de Saint-Cloud était un lieu de réception important sous Napoléon III. De nombreuses visites diplomatiques y ont eu lieu, contribuant à une certaine animation et à des événements potentiellement festifs, bien que de nature plus officielle.

Une fête à Saint-Cloud sous le Second Empire de Edouard Vaumort Fête de rue à Saint-Cloud sous le Second Empire, France 19ème siècle. Sceaux, Château (Château), Musée De L'Ile De France (Musée d'Art)
La tradition de la Fête de Saint-Cloud est bien antérieure au Second Empire. Elle remonterait à un pèlerinage du 8 septembre. Cette fête populaire, avec ses attractions, ses étalages et ses boutiques, attirait de nombreux Parisiens. Il est fort probable que cette tradition ait perduré sous le Second Empire, continuant d'être un moment important de l'année pour les habitants et les visiteurs.

Une fête à Saint-Cloud vers 1860
Il est important de noter que le château de Saint-Cloud a été bombardé et incendié pendant la guerre franco-allemande de 1870, marquant la fin de cette période et la disparition de ce lieu central pour la vie de la cour et potentiellement pour certaines festivités. Aujourd'hui encore, la ville de Saint-Cloud organise des événements commémoratifs, comme un "Week-end Impérial", qui permettent de revivre l'époque du Second Empire avec des reconstitutions costumées, des démonstrations militaires, des danses et des jeux d'époque. Cela témoigne de l'importance historique de cette période pour la ville.
Cette planche publiée en 1883 représente une fête villageoise alsacienne telle qu’elle se pratiquait couramment au XIXᵉ siècle. Organisée autour de l’auberge, lieu central de la vie collective, cette fête annuelle rassemble habitants de tous âges pour danser, partager un repas et célébrer un temps fort du calendrier local, souvent lié à la fête patronale ou à la consécration de l’église. Sans désigner un village précis, l’image documente des usages profondément ancrés dans la vie rurale alsacienne.

C. Burckhardt. Fonction indéterminée. La fête au village.... 1883. Source gallica.bnf.fr
10 mai : Expérience aéronautique sur l’esplanade des Invalides
À Paris, un 10 mai choisi pour son affluence, l’esplanade des Invalides accueille une expérience publique consacrée à un nouvel aéronef conçu par Delamarne et baptisé L’Espérance. Présenté comme un “vaisseau” capable non seulement de s’élever mais aussi de manœuvrer, l’appareil est annoncé comme une avancée technique. La journée est organisée autour d’un déroulé précis, dépendant des conditions météorologiques, et comprend des démonstrations visibles du public, dont une descente en parachute. L’événement, payant et structuré comme un spectacle, s’inscrit dans la tradition des grandes expériences publiques parisiennes du XIXᵉ siècle, mêlant curiosité, technique et rassemblement populaire.
Note : L’événement a lieu le 10 mai, date correspondant au jour de l’Ascension en 1877, année la plus probable au regard du calendrier et du contexte de publication.

Sur l’esplanade des Invalides. 10 mai. Fête de l’Ascension. Expérience du nouveau vaisseau Delamarne. L’Espérance. Rouge frères, Dunon et Fresné , Imprimeur. Après 1865. Musée Carnavalet.
La Fête de la Tomate de Montlhéry, une institution locale, a une longue histoire qui remonte au début du XXe siècle. La première édition de ce qui était alors la "Foire aux Tomates" a eu lieu le 18 octobre 1908. À cette époque, Montlhéry et sa région étaient d'importants centres maraîchers. La culture de la tomate y était particulièrement développée, au point qu'une variété locale, la "Tomate améliorée de Montlhéry", a été développée. La foire ne se limitait pas à une simple exposition agricole. Dès sa création, elle était l'occasion de festivités, avec notamment un défilé de chars et des fanfares, marquant son caractère de fête populaire.

Au fil des décennies, l'urbanisation a modifié le paysage de Montlhéry et de ses environs, entraînant un déclin de l'activité maraîchère. Bien que la culture de la tomate ne soit plus la spécialité locale, la foire a perduré et est devenue un événement festif et commercial de grande envergure. Elle attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. La ville a célébré le centenaire de la foire en 2008, soulignant l'importance de cette manifestation dans l'identité de Montlhéry. Aujourd'hui, la Fête de la Tomate (ou Foire aux Tomates) de Montlhéry est un événement majeur qui combine tradition, fête foraine, salon gastronomique, stands associatifs et expositions, perpétuant l'héritage agricole de la ville tout en s'adaptant à son époque.

Illustrations CPA : Montlhéry. La Fête de la tomate 18 octobre 1908
Dans les années 1920, la Fête des Caf’ Conc’ s’impose comme une manifestation collective consacrée au café-concert et à ses artistes. Organisée à plusieurs reprises au cours de la décennie, elle n’est pas un événement unique mais un rendez-vous ponctuel renouvelé, pensé pour rassembler le public et affirmer l’existence d’un genre en pleine transformation. L’édition du 13 septembre 1926, organisée au Stade Buffalo, illustre cette dynamique : de grandes figures du comique populaire y apparaissent réunies, devant un public nombreux et sous l’œil de la presse illustrée.
Ces fêtes, sans date fixe ni continuité rituelle, répondent à un même objectif : célébrer le café-concert, fédérer ses artistes et rappeler son importance culturelle à une époque marquée par la concurrence croissante du music-hall moderne et du cinéma. En investissant de vastes enceintes de plein air, la Fête des Caf’ Conc’ marque le passage du café-concert des salles traditionnelles vers des formes de spectacle de masse, inscrivant ces rassemblements dans la mémoire du spectacle populaire de l’entre-deux-guerres.

Fête des Caf' Conc'. Stade Buffalo De gauche à droite : Dranem, Michel, Tramel, Pélissier (comiques) Agence Rol. 13.09.1926. Source gallica.bnf.fr / BnF.
En 1894, il n'y avait pas de fête des mères officiellement reconnue en France telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'idée d'honorer les mères commençait à émerger à travers des initiatives locales et des réflexions sur l'importance de la maternité et de la famille.

Fête placée sous le patronage de toutes les mères françaises au profit de la Société́ de l'allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes. 1894. Concert suivi de bal, lundi 28 mai. On trouve des billets au siège de la Société́, 45 rue de Sèvres. Régamey, Félix (1844-1907). Illustrateur. Source gallica.BnF.fr.
Dès 1906, dans le village d'Artas en Isère, Prosper Roche, fondateur de l'Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants d'Artas, organise une cérémonie festive en l'honneur des mères et remet un prix de Haut mérite maternel à deux mamans de 9 enfants, ce qui est souvent considéré comme l'une des premières célébrations de la fête des mères en France.

À la fin du 19e siècle, l'attention était davantage portée sur les enfants et la famille en général. En 1897, l'Alliance Nationale contre la dépopulation avait envisagé de célébrer les familles nombreuses, et l'on voyait ici et là des célébrations appelées "Fête des Enfants". Il faudra attendre le 20e siècle pour que la fête des mères prenne une dimension nationale. Loi de 1920 : La première loi officialisant une "Journée des Mères" en France a été votée le 19 juin 1920. Cette loi visait à honorer les mères ayant perdu leurs fils pendant la guerre. C'est sous le régime de Vichy, en 1941, que la fête des mères a été officiellement établie comme une célébration nationale, dans un contexte de politique nataliste.

Journée nationale des mères de familles nombreuses ... La France a besoin d'enfants, honorons les familles nombreuses, .., donnons tous pour les enfants de France. Affiche] non signée. 1918. Source gallica.bnf.fr / BnF.
Le décret de 1950 : La date de la fête des Mères telle que nous la connaissons aujourd'hui (le dernier dimanche de mai, sauf si ce jour coïncide avec la Pentecôte, auquel cas elle est reportée au premier dimanche de juin) a été fixée par un décret du 24 mai 1950, sous la présidence de Vincent Auriol. Ce décret a donné un caractère officiel et permanent à la célébration.

Affiche Journée des mères, dimanche 31 mai 1942, Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand
Anna Jarvis et la fête des Mères aux États-Unis : Il est important de noter que la fête des Mères moderne, telle qu'elle est célébrée dans de nombreux pays, a été popularisée aux États-Unis par Anna Jarvis au début du XXe siècle. Elle a milité pour la reconnaissance d'une journée dédiée aux mères en mémoire de sa propre mère. La fête des Mères a été officiellement proclamée jour férié aux États-Unis en 1914.

Anna Marie Jarvis (1864-1948), est connue pour être à l'origine de la création du jour de la fête des mères aux États-Unis. Le 12 mai 1907, deux ans après le décès de sa mère et pour lui rendre hommage, elle lança une campagne pour créer une Fête des mères qui serait une fête officielle. Son action porta ses fruits en 1914 lorsque le texte fut approuvé par le gouvernement américain. Chaque année depuis cette année, le second dimanche du mois de mai est un jour férié aux États-Unis.
La fête foraine des Invalides s’inscrit dans un usage ancien de l’esplanade comme espace d’installations temporaires. Attestée dès la fin du XIXᵉ siècle, elle connaît sa pleine activité entre les années 1880 et 1910, avant de disparaître progressivement à la veille de la Première Guerre mondiale. Présente de manière intermittente sur une période d’environ trente à quarante ans, elle ne répond pas à un calendrier fixe mais revient selon les autorisations et les contextes. Cette fête foraine populaire, composée de baraques et d’attractions de plein air, constitue l’un des derniers grands usages festifs de l’esplanade avant sa transformation durable.

Attractions, Fête foraine des Invalides, 7ème arrondissement, Paris Eugène Atget, Photographe Musée Carnavalet, Histoire de Paris
L'origine de la fête Gutenberg à Strasbourg remonte à 1840, lors de l'inauguration de la statue de Gutenberg, réalisée par le sculpteur David d'Angers. Contexte historique : Strasbourg et Mayence se disputent l'honneur d'être la ville où Gutenberg a inventé l'imprimerie. Gutenberg a en effet vécu et travaillé dans les deux villes. L'érection de la statue de Gutenberg à Strasbourg en 1840 est une réponse à celle érigée à Mayence en 1837. Les fêtes de Gutenberg de 1840 : Ces fêtes ont été l'occasion d'un grand cortège industriel, reflétant l'essor de l'imprimerie et des arts graphiques à Strasbourg. Elles ont également été un moment de célébration de l'histoire locale et des grands hommes, notamment les premiers imprimeurs alsaciens. La statue de Gutenberg, située sur la place Gutenberg, est un symbole de l'importance de l'imprimerie et de la diffusion du savoir. Elle est aussi un symbole politique, avec des bas-reliefs faisant références à la liberté d'expression. En résumé, la fête Gutenberg de 1840 était un événement majeur qui a marqué l'histoire de Strasbourg, célébrant l'inventeur de l'imprimerie et l'importance de cette invention pour la ville.

Fêtes Gutenberg à Strasbourg, 3e journée : Bal à la Salle de Spectacle, le 26 Juin 1840. Frédéric-Emile Simon, (1805-1886). Source gallica.bnf.fr / BnF.