Les oiseaux et perroquets

Vers 1850–1930 : Les charmeurs d’oiseaux occupent une place singulière dans l’histoire du spectacle et des usages urbains. Sur scène, dans les cafés-concerts et les music-halls, certains artistes se font connaître pour leur capacité à attirer, diriger ou faire chanter des oiseaux, mêlant dressage discret, appel vocal, sifflets et mise en scène poétique. Ces numéros, souvent présentés comme une forme d’enchantement, jouent sur l’illusion d’un dialogue harmonieux entre l’homme et l’animal.

Vers 1850–1930 : Les charmeurs d’oiseaux occupent une place singulière dans l’histoire du spectacle et des usages urbains. Sur scène, dans les cafés-concerts et les music-halls, certains artistes se font connaître pour leur capacité à attirer, diriger ou faire chanter des oiseaux, mêlant dressage discret, appel vocal, sifflets et mise en scène poétique. Ces numéros, souvent présentés comme une forme d’enchantement, jouent sur l’illusion d’un dialogue harmonieux entre l’homme et l’animal.


Bien que retrouver le nom exact d'un charmeur d'oiseaux spécifique qui se serait produit au Café-Concert des Ambassadeurs en 1876 puisse être difficile sans des archives très détaillées, on peut faire quelques observations générales sur ce type d'artiste à cette époque : Les numéros de charmeurs d'oiseaux étaient appréciés au 19ème siècle. Ils fascinaient le public par la dextérité de l'artiste et l'apparente complicité avec les animaux. Ces artistes utilisaient probablement diverses techniques de dressage et de manipulation pour que les oiseaux exécutent des tours, se posent sur leur main ou leur épaule, chantent à des moments précis, etc.

Café concert des Ambassadeurs... Tous les soirs le Charmeur d'oiseaux. 1876. Affiche Jules Chéret (1836-1932). Illustrateur. Source gallica.bnf.fr / BnF .


Henri Pol, le charmeur d’oiseaux

Sous le Second Empire apparaissent au jardin des Tuileries les charmeurs d’oiseaux. Le plus célèbre est Henri Pol. Installé près de l’entrée est du jardin, il attire à lui les oiseaux. Debout ou accroupi, assis sur une chaise ou sur un banc, il dialogue avec les moineaux et les pigeons qu’il nourrit, pour le bonheur de nombreux badauds. Il donne un nom pittoresque à chaque oiseau : Joséphine ou Garibaldi, Mme Longbec ou Biribi, Jambe-de-Bois ou Quat’sous. Cet ancien employé des Postes complète sa retraite grâce à la vente de cartes postales qui le représentent à l’œuvre dans le jardin. Il y ajoute des poèmes de sa composition, tel « Le

Source : https://votrebanc.louvre.fr/fr/henri-pol-le-charmeur-doiseaux/


Le charmeur d'oiseaux aux Tuileries. Vert, Louis , Photographe. Pouzin, Marcel , Tireur de photographies. Entre 1900 et 1906. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Charmeur d'oiseaux au jardin des Tuileries. Moulin, A. Dessinateur. En 1904. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Le Petit Journal. Supplément du dimanche. 22 Janvier 1911.


Le charmeur d'oiseaux (Tuileries). Yriarte, Charles , Dessinateur. Ranez, G. M. , Graveur L. D. , Graveur. 1865. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Brady. Charmeur de perroquets

Brady est un artiste de music-hall actif à la fin du 19e siècle, connu pour ses numéros de perroquets savants présentés notamment aux Folies Bergère. Ses oiseaux, principalement des kakatoès, exécutent des exercices d’équilibre, de déplacement et d’adresse dans une mise en scène spectaculaire. Ces numéros, très appréciés du public, illustrent l’âge d’or des animaux savants dans les grands établissements parisiens, à la frontière entre attraction foraine et spectacle de music-hall.

Brady, charmeur de perroquets, Folies Bergère, affiche de spectacle, fin 19e siècle.


Course d'oiseaux Hollandais

La course d’oiseaux hollandais appartient à la tradition des animaux savants, très populaire en Europe du XVIIᵉ au début du XIXᵉ siècle. Il s’agissait de spectacles itinérants où de petits oiseaux (souvent serins, canaris ou pinsons) étaient dressés pour exécuter des tours mécaniques et comiques : garder l’équilibre sur des supports, actionner de minuscules machines, pousser des objets (brouette), se balancer, « faire le mort », participer à de petites scènes théâtrales (militaires, domestiques, etc.). Le principe n’était pas la vitesse, malgré le mot course, mais plutôt une suite de numéros démonstratifs, comme un programme de variétés miniature. Ces spectacles étaient présentés : dans des foires, chez des particuliers, dans des salons privés, et visaient un public amateur de curiosités, raretés et prouesses techniques, à une époque où automates, illusionnisme et acrobaties formaient le cœur du divertissement populaire. On peut voir cette pratique comme un ancêtre direct du cirque et du music-hall : même logique de numéros courts, visuels, et ingénieux, simplement ici à l’échelle des oiseaux.

Publicité pour le spectacle de course d'oiseaux hollandais de P. G. Dujon. Anonyme , Graveur. Musée Carnavalet. Traduction du texte central : ‘COURSE D’OISEAUX HOLLANDAIS
qui n’a pas encore paru. P. G. Dujon a l’honneur de prévenir les amateurs des raretés de son spectacle tant amusant qu’admirable et portatif dans toutes les maisons, où on le fera appeler. Il donnera plusieurs représentations qui commenceront à 3 heures et continueront jusqu’à 10.’


Miss Marianna Delahaye

Vers la fin du 19e siècle :
Miss Marianna Delahaye se présente comme une artiste complète, mêlant magie, illusion et animaux savants, et sillonne les villes avec son Théâtre Marianna, installé sur les champs de foire. L’affiche annonce une première venue « en cette ville », soulignant l’événement exceptionnel de la représentation. Parmi les attractions mises en avant figurent les « merveilleux travaux des kakatoès savants », oiseaux dressés à exécuter des exercices d’adresse, de calcul apparent et d’équilibre. Ces numéros, décrits comme plusieurs fois médaillés par la Ville de Paris pour leur beauté, jouent sur l’émerveillement visuel et l’illusion d’intelligence animale, très appréciés du public de l’époque. Miss Marianna Delahaye apparaît également comme magicienne et illusionniste, proposant des « nouveautés sensationnelles » dans une mise en scène luxuriante où se mêlent animaux, figures féminines spectaculaires et décors exotiques. L’ensemble compose un spectacle total, caractéristique des grandes affiches foraines de la Belle Époque, où l’animal savant, la magie et l’esthétique du corps féminin participent d’un même imaginaire de fascination et de surprise.

Miss Marianna Delahaye, Théâtre Marianna : magie, illusion et kakatoès savants, affiche foraine, fin 19e siècle.


Miss Sanida

Active au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles (vers 1900–1915), Miss Sanida est une artiste de cirque spécialisée dans le dressage d’oiseaux, discipline rare et particulièrement délicate. Son numéro repose sur une relation étroite avec ses perroquets, combinant obéissance, équilibre, déplacements coordonnés et mise en scène chorégraphiée.
Elle se produit principalement dans les cirques et spectacles itinérants européens, où le dressage d’animaux exotiques constitue un attrait majeur du spectacle populaire, à la frontière entre prouesse technique et curiosité vivante.

Affiche lithographiée européenne, datable des années 1900–1910, illustrant le numéro de Miss Sanida avec ses perroquets savants. La composition multiplie les vignettes démonstratives — équilibres, parcours, dispositifs roulants — afin de souligner la variété et la précision du dressage.


Perroquets savants

François Millet, dit le nain François Millet, est un artiste de spectacle actif à la fin du 19e siècle, connu pour ses numéros de perroquets savants présentés dans les cafés-concerts et les salles parisiennes. Ancien écuyer, il met en scène ses oiseaux dans des tableaux mêlant dressage, adresse et illusion, jouant sur la surprise et l’anthropomorphisme. Ces numéros, très appréciés du public de la Belle Époque, témoignent de l’engouement pour les animaux savants et de la place qu’ils occupaient alors dans le divertissement populaire.

Perroquets savants / dressés et présentés par le nain Francois Millet, ex-ecuyer du grand Hippodrome et des cirques de paris Anonyme , Dessinateur Imprimerie Lith. F.A. Appel , Imprimeur Vers 1890 Musée Carnavalet, Histoire de Paris