Harry Houdini, de son vrai nom Ehrich Weisz, naît le 24 mars 1874 à Budapest et meurt le 31 octobre 1926 à Détroit. Émigré très jeune aux États-Unis, il devient l’un des illusionnistes les plus célèbres de son époque. Après des débuts modestes, il se spécialise dans les numéros d’évasion spectaculaires : menottes, chaînes, caisses fermées, immersions sous l’eau… Son audace et son sens du spectacle fascinent le public et font de lui une véritable vedette internationale. Houdini est aussi connu pour sa lutte contre les faux médiums, dénonçant les supercheries spirites. Par son talent, son courage et son intelligence du spectacle, il reste aujourd’hui une figure emblématique de la magie moderne.

Ce portrait d'Harry Houdini, aux cheveux grisonnants et au regard d'une intensité rare, a été capturé vers 1920.
Au tournant du XXᵉ siècle, Harry Houdini s’impose comme la figure centrale de l’art de l’évasion. Né en 1874, il connaît une reconnaissance décisive à partir des années 1900, lorsqu’il transforme de simples démonstrations de menottes en spectacles de masse, mêlant défi public, performance physique et maîtrise technique. Très vite surnommé le « roi de la menotte », il bâtit sa renommée sur l’idée qu’aucune contrainte, aussi complexe soit-elle, ne peut le retenir.

Harry Houdini en 1899.
Parmi ses numéros les plus célèbres figurent les évasions de menottes policières, de chaînes et entraves multiples, de camisoles de force, ainsi que ses sorties spectaculaires de cellules de prison, de fourgons cellulaires ou de coffres hermétiquement fermés. À partir de 1904–1905, il popularise également la camisole suspendue en hauteur, exécutée en plein air devant des foules considérables, faisant de l’évasion un véritable spectacle urbain.

Harry Houdini, son épouse Beatrice et sa mère Cecilia Steiner (vers 1907).
Houdini se produit dans de nombreux pays, construisant une carrière résolument internationale. Il triomphe d’abord aux États-Unis, puis en Grande-Bretagne, où ses tournées londoniennes marquent un tournant majeur. Il se produit également en France, en Allemagne, en Russie, en Europe centrale, ainsi qu’en Australie, où son succès est immense. Partout, il défie les autorités locales, utilisant leurs propres dispositifs de contrainte comme preuves de son invincibilité.

Cette affiche américaine annonce Harry Houdini comme “The World’s Handcuff King & Prison Breaker”. Elle appartient à la période où il fonde sa célébrité sur les évasions de menottes, défiant policiers et serruriers. Imprimée aux États-Unis, elle précède son triomphe européen du début des années 1900. Houdini y construit déjà son image : un homme enchaîné que “rien sur terre ne peut retenir”.
Refusant toute lecture surnaturelle de ses exploits, Houdini affirme que ses succès reposent sur l’entraînement, l’observation, la connaissance des mécanismes et la discipline du corps. Ses évasions ne sont pas des miracles, mais des démonstrations de maîtrise humaine, à une époque fascinée par l’enfermement, la surveillance et la promesse de liberté. Cette combinaison de prouesse réelle, de mise en scène et de stratégie médiatique fait de lui l’un des artistes les plus célèbres du spectacle moderne.


Le numéro du bidon à lait, créé vers 1908, montre Harry Houdini enfermé et enchaîné dans un récipient rempli d’eau, fermé par des cadenas. En quelques minutes, il parvient à s’en échapper, jouant avec le suspense et le danger. Ce tour spectaculaire marque une étape clé dans l’évolution de ses numéros d’évasion.
Note : Ehrich Weiss, connu sous le nom de scène Harry Houdini, choisit ce patronyme en hommage à Jean-Eugène Robert-Houdin, figure fondatrice de la magie moderne. Robert-Houdin avait créé à Paris, en 1845, le Théâtre Robert-Houdin, situé 8, boulevard des Italiens, lieu emblématique où la prestidigitation entra durablement dans le cadre théâtral. En adoptant ce nom, Houdini revendique une filiation artistique et intellectuelle, tout en développant une œuvre profondément personnelle, tournée vers l’évasion et la performance physique.

À la fin de sa carrière, Harry Houdini présente toujours son numéro emblématique de la cellule de torture par l’eau, créé en 1912. Malgré une santé fragilisée, il continue à se produire jusqu’en octobre 1926. Quelques jours avant sa mort à Détroit, il monte encore sur scène, fidèle à son image d’artiste défiant le danger jusqu’au bout