01 Jan
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Le café-concert naît dans les villes au 19e siècle.
Le public est assis à table, on consomme, on écoute. Le genre dominant est la chanson. Les artistes — chanteurs, chanteuses, diseuses — privilégient le texte, la proximité, l’expression. Les refrains sont repris par la salle, l’ambiance est familière, parfois satirique ou engagée. Ici, l’interprétation prime sur l’exploit physique.

Le café-concert se distingue de la variété par sa prédominance de la chanson. Il diffère de la rue par son cadre intérieur et urbain. Il se distingue du music-hall par son échelle plus intime et moins spectaculaire. Ce n’est pas l’exploit qui domine, mais la présence et la parole chantée.


Bonnaire

Éléonore Bonnaire (1852-1910) est une chanteuse française, artiste de music-hall et de café-concert, célèbre à la fin du XIXe siècle. Née Éléonore Félicité Bonnaire à Saint-Germain-en-Laye le 19 décembre 1852, elle débute sur la scène à Bourges à l'âge de 15 ans, où un gendarme l'arrête et tente de la ramener à ses parents, puis elle se produit à Bordeaux sous le nom de « Huerta », croise Paulus, et enfin, prend le nom de « Léonore Bonnaire », à l'Alcazar de Paris, où elle impose sa réputation en privilégiant un registre comique et léger. En 1886, elle fait la une de Les Femmes du jour, enflamme la scène des Ambassadeurs, du Concert parisien, de la Scala, et décroche la même année la médaille de l'exposition des Arts incohérents pour son interprétation de La Traversée de la Manche !

Mademoiselle Bonnaire (Café-Concert) Paris Illustré – 1er aout 1886 4ème année / n° 50


Clovis

Clovis-Césaire Lefèvre, connu sous le nom de scène de Clovis, (1851-1910) est un artiste lyrique et chansonnier français, genre poivrot. Clovis fut un des piliers des cafés concerts parisiens de la fin du XIXe siècle ; Il se produit aux Ambassadeurs en 1874, à l'Horloge dans les années 1880, à l'Alcazar d'été en 1886, au Ba-Ta-Clan en 1892, au Concordia dans les années 1900. Il connaît aussi le succès avec des chansons comme Le Soliste, dont le texte s'inspire de la carrière du Pétomane. Il sait être populo sans devenir trivial ; son talent est de bon aloi ; la finesse qu'il met à détailler les plus gros morceaux les fait avaler par les gens les plus pudibonds. Ce pince-sans-rire dériderait une momie de Pharaon !

Concert parisien. Tous les soirs Clovis. Affiche non identifiée. 1890. Source gallica.bnf.fr / BnF


Duparc Chanteuse Café-Concert

Louise Duparc (1853-1924) Chanteuse dite Duparc Elle se produisit dans les grands Cafés Concerts (Alcazar, Ambassadeurs, la Scala...) au cours des années 1870 et 1880 et à Parisina sur le tard de sa carrière.

Mlle. Duparc. Grand concert parisien. 37, faub. St-Denis. Pour les voitures, rue de l'Échiquier, 10. Paris. Tous les soirs. Matinées Dimanches & fêtes Entre 1882 et 1888 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Madame Duparc chantant (Café-Concert) Paris Illustré – 1er aout 1886 4ème année / n° 50


Mlle. Duparc Alcazar d'été, Champs-Élysées Entre 1880 et 1900 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Libert

Libert (1840-1896) était un chanteur et directeur de café-concert. Il a marqué son époque par son talent et son influence dans le milieu du divertissement. Chanteur populaire : Il était un interprète apprécié du public, connu pour son répertoire de chansons populaires et parfois grivoises. Directeur d'établissement : Il a dirigé plusieurs cafés-concerts à Paris, contribuant à leur essor et à leur popularité. Ces établissements étaient des lieux de divertissement très prisés à l'époque, offrant des spectacles variés allant de la chansonnette aux numéros de music-hall.

M. Libert (Café-Concert) Paris Illustré – 1er aout 1886 4ème année


Mayol

Félix Mayol (1872-1941) Chanteur fantaisiste français de la Belle Époque, il est notamment connu pour ses chansons populaires telles que « Viens Poupoule » et « La Paimpolaise ». Né à Toulon, il a commencé sa vie professionnelle comme pâtissier.

Il a ensuite déménagé à Paris en 1895 pour poursuivre une carrière de chanteur. Son style de chant et son apparence distinctive, avec une mèche de cheveux et un œillet, ont contribué à sa popularité.

Mayol dans son inoubliable répertoire... : affiche non identifiée. 1910. Source gallica.bnf.fr / BnF

Il a financé la construction du Stade Mayol à Toulon, qui est devenu un lieu emblématique pour le rugby. Il est considéré comme une figure importante de la musique populaire française du début du XXe siècle.

Buffalo, fête des Caf'Conc', Gaby de Morlay et Mayol : Photographie de presse : Agence Rol. 26 aout 1912. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Ouvrard

Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard, né le 10 mars 1890 à Bergerac, mort le 26 novembre 1981 à Caussade, est un auteur-compositeur-interprète comique français. Fils de l'artiste Éloi Ouvrard, il devient une vedette du café-concert, et popularise le style comique troupier inventé par son père. Gaston Ouvrard fut très marqué par la Première Guerre mondiale à laquelle il participa comme simple soldat dès août 1914. Il connaît son apogée entre 1925 et 1935. Dans les années 1950, il passe de mode. Durant les années 1960, il participe à quelques émissions télévisées. Il a chanté sur la scène de l'Olympia à Paris en 1970 en première partie du spectacle de Jacques Martin et les débuts de Michel Sardou. Il fut, avec Fernandel, le dernier chanteur à s'être essayé au comique troupier. Il meurt chez lui en 1981, à l'âge de 91 ans. (Source Wikipédia)

Ouvrard. Affiche non identifiée. 1887. Source gallica.bnf.fr / BnF.


En vente partout La Vie au Café-Concert. Mémoires et études de mœurs par Ouvrard de la Scala. Dessins de Louis Oury. Prix du volume 3f 50. En dépôt chez Strauss, 5 rue du croissant, Paris. (Affiche, Candido Aragonez de Faria). 1895. Source gallica.bnf.fr / BnF


Ambassadeurs. Ouvrard tous les soirs : Affiche non identifié. 1890. Source. gallica.bnf.fr / BnF


Thérésa. La divan du ruisseau

Thérésa (Désirée Emma Valladon.1836-1913), surnommée ‘la diva du ruisseau’, pionnière du café-concert, révolutionna le spectacle par son style comique et provocateur, séduisant le public populaire et choquant les élites. Son succès inspira des artistes et marqua la naissance de l'industrie du spectacle en France. Son ascension est étroitement liée au développement du café-concert, l’ancêtre du music-hall. Né au milieu du XIXe siècle, c'est un lieu de réjouissance qui innove au sens où il associe la boisson à la chanson et au spectacle. Parmi les nombreux artistes qui se produisent dans ces café-concerts, Thérésa va progressivement s'imposer en inventant un nouveau genre de spectacle : celui de la "romancière comique". Elle abandonne la traditionnelle tenue de soirée pour un costume excentrique et adopte une gestuelle en rupture avec les normes de l'époque.

M(lle) Thérésa : Photographie, Atelier Nadar. 1910. Source gallica.bnf.fr / BnF

Elle a ainsi contribué à l’émergence d’une nouvelle esthétique musicale, celle du divertissement. Des musiciens renommés se sont inspirés du café-concert, du music-hall et du cirque pour créer des compositions qui effaçaient les frontières entre l’art "léger" et l’art dit "sérieux". Thérésa a aussi défrayé la chronique par son train de vie luxueux. En associant son statut de vedette à des produits de consommation courante, comme des liqueurs, des potages et des limonades, elle a créé les premières passerelles entre le monde de la culture et celui de la publicité.

Thérésa et Paulus (Café-Concert) Paris Illustré – 1er aout 1886 4ème année / n° 50


Yvette Guilbert

La vedette la plus emblématique des cafés-concerts fin-de-siècle était Yvette Guilbert (1865–1944). Son apparence était distinctive, avec sa silhouette fine et anguleuse, ses longs gants et ses cheveux roux. On la classait dans la catégorie des diseuses, car son style vocal, assorti d’une gestuelle stylisée, était davantage parlé que chanté.

Yvette Guilbert / N.M. d'après H.M.. 1900. Source gallica.bnf.fr / BnF.

Elle devint une sensation après avoir chanté au Divan Japonais, en 1890, des chansons modernes portant sur l’hypocrisie bourgeoise, sur la pauvreté et sur une panoplie de thèmes osés.

Yvette Guilbert au Concert parisien. 1891. : Illustrateur : Jules Chéret, (1836-1932) . Source gallica.bnf.fr / BnF.

Elle écrit des livres et donne des conférences sur la chanson ancienne et continue à chanter et enseigner jusqu’à la fin de sa vie.

Yvette Guilbert (CNews). Photographie de presse, Agence Rol. 1925. Source gallica.bnf.fr / BnF.

Une allée Yvette Guilbert a été inaugurée en 2018 dans le 17e arrondissement de Paris, témoignant de la pérennité de sa mémoire dans la capitale française.



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