01 Jan
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Saltimbanques

Ils sont nombreux et divers, les saltimbanques. On les croise de ville en ville, de foire en foire, vivant au rythme des routes et des haltes provisoires. Acrobates, bateleurs, baladins, pauvres gens souvent, marginaux presque toujours, ils transportent avec eux leurs tréteaux, leurs baraques démontables, quelques costumes fatigués et une existence faite d’instants. Leur quotidien se joue au jour le jour, entre nécessité de plaire et urgence de survivre. Parler de saltimbanques, c’est évoquer tout ce qui relève du spectacle en plein air. Un théâtre sans murs, exposé au vent et aux regards, qui s’installe sur les places publiques, dans les rues ou à l’entrée des foires. Là, tout concourt à attirer l’attention : la parade, le boniment, la promesse lancée à la foule, parfois grandiloquente, parfois grotesque, toujours destinée à capter le badaud et le curieux.

Saltimbanques et charlatans. 1828. Source gallica.bnf.fr / BnF

Dans ce monde foisonnant se mêlent les danseurs de corde et les équilibristes, les lutteurs et les athlètes en maillot, les clowns agiles et les paillasses efflanqués. On y rencontre des hommes dits « sauvages », des femmes colosses, des avaleurs de sabres, des montreurs de marionnettes, des vendeurs d’orviétan et de remèdes miraculeux. Singes savants, chiens dressés, lanternes magiques et diseurs de bonne aventure participent du même univers, où l’adresse véritable côtoie l’illusion et parfois l’imposture assumée. La galerie semble inépuisable. Automates, ventriloques, grimaciers, hommes-orchestres, phénomènes rares ou fabriqués, nains exhibés, bêtes extraordinaires et curiosités en tout genre prolongent cette économie du merveilleux et de l’étrange. Le saltimbanque n’est pas un métier unique, mais une constellation de pratiques, un monde mouvant où se confondent art, survie, spectacle et croyance. Ces figures, longtemps regardées avec méfiance ou condescendance, occupent pourtant une place essentielle dans l’histoire du spectacle vivant. Elles incarnent une culture populaire profondément ancrée dans le quotidien, une mémoire fragile faite de gestes, de voix et de regards échangés, dont les images, les estampes et les récits restent aujourd’hui les traces les plus tangibles.

Les Saltimbanques. ‘Vous voyez ici les grandes célébrités de la France littéraire, musicale et artistique, ils ont tous 36 pieds au dessous du niveau de la mer.’ Daumier, Honoré , Dessinateur-lithographe. Aubert (Imprimeur, lithographe, éditeur) , Imprimeur-lithographe. 30-4-1839 Musée Carnavalet.

La race des saltimbanques est infinie, et l’imagination humaine ne sera jamais à court de découvertes pour amuser, étonner, réjouir ou émerveiller la foule. Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Ce saltimbanque fort connu, se livre tous les jours devant un nombreux public, à un exercice dans lequel il excelle, et qui consiste (sic) : à cracher en l'air de façon que ça lui retombe sur le nez.1848. Rigobert. Illustrateur. Source gallica.bnf.fr / BnF

Étymologie 

Le mot saltimbanque vient de l’italien saltimbanco, formé à partir de l’expression salta in banco, littéralement « sauter sur le banc ». Cette image renvoie aux premiers artistes de rue qui montaient sur un simple banc ou un tréteau improvisé pour se faire voir et attirer le public, donnant ainsi naissance à l’un des gestes fondateurs du spectacle populaire en plein air.



Médaille pour exercer son métier de saltimbanque

À partir du XIXᵉ siècle, notamment sous Napoléon III, la régulation de l'espace public à Paris s'est intensifiée, des lois viennent réglementer le pavé parisien. Paris est sous le contrôle de la Préfecture de Police (créée en 1800), notamment en ce qui concerne la réglementation du vagabondage, des artistes de rue, des colporteurs, des mendiants et d'autres professions ambulantes ainsi que la surveillance des lieux publics. Une médaille en laiton était délivrée par la préfecture de police à toutes les personnes qui exercer un métier ambulant, gravée du nom et de la profession du porteur. Cette médaille était une preuve officielle que son porteur avait obtenu une autorisation pour exercer son activité dans les rues. Les saltimbanques (et autres professions de rue) étaient tenus de porter cette médaille de manière visible lorsqu'ils exerçaient leurs activités. La médaille contribuait à leur reconnaissance officielle, bien que leur statut social restait précaire. Mais au cours du siècle, la délivrance de ces permis est de plus en plus difficile à obtenir. Ce système a progressivement disparu avec l'évolution des lois sur les professions et la suppression des règlements spécifiques à certains métiers. Cependant, le principe d'autorisation pour exercer dans l'espace public subsiste sous d'autres formes administratives.

Plaque de métiers au nom de F. Viannet, saltimbanque. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Acrobate

Ce mot servait particulièrement, autrefois, à désigner certains faiseurs de tours d’équilibre, principalement ceux qui exerçaient leur adresse sur une corde lâche ou tendue. On se servit ensuite, pour caractériser spécialement ceux-ci, do l’expression danseurs de corde, dont la précision ne laisse rien à désirer. Aujourd’hui, on confond sous le même nom d’acrobates les danseurs de corde, les gymnastes, les faiseurs de trapèze, tous ceux enfin qui font preuve de force ou d’adresse, de quelque manière et par quelque procède que ce soit, dans les exercices d’équilibre. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Fonds Gustave Soury (1884-1966)
Marseille, MuCEM, Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée CRÉDIT Photo (C) RMN-Grand Palais (MuCEM) / Franck Raux


Allumer

Vieille expression. Provoquer l’admiration, jeter le trouble dans le cœur d’un homme, comme font certaines femmes avec certains regards, se dit aussi du boniment, que font les saltimbanques et les marchands forains pour exciter la curiosité des badauds. 

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

« L’as de trèfle m’annonce que votre frère vous enverra de l’argent incessamment. »

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Anglaise

Part de chacun dans une affaire ou dans un dîner, argot des saltimbanques, faire une anglaise c’est payé chacun son coté.

 Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

Les saltimbanques. Gustave Doré. 1867. Source gallica.bnf.fr / BnF


Banque

Truc de Banque. Mot de passe de ralliement qui sert d’entrée gratuite aux artistes forains dans les baraques de leurs confrères, on les dispense de donner à la quête faite par les banquises d’une autre spécialité que la leur.     

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

Saltimbanques, montreurs de singes et d'ours. Dessin de Carle Vernet]. 17... Carle Vernet, dessinateur prétendu (1758-1836). Source gallica.bnf.fr / BnF


Baraque

La baraque est le théâtre des bateleurs et des saltimbanques qui courent les foires, théâtre en bois, naturellement, et construit de telle façon qu’il puisse se démonter pièce à pièce et se transporter facilement d’un endroit à un autre lorsque, la vendange étant faite d’un côté, il faut aller récolter ailleurs. Il y a des baraques de tout genre, de grandes et de petites, de luxueuses et de minables, de belles et de laides ; il y a des baraques de chiens savants, de marionnettes, de pantomimes, de phénomènes, de prestidigitateur, etc. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Bateleur

On désire généralement sous ce nom toute une classe de saltimbanques, faiseurs de tours, danseurs de corde, charlatans, joueurs de farces, qui se montrent dans les foires ou sur les places publiques pour l’amusement des badauds, qu’ils égaient et qu’ils récréent moyennant une modique rétribution. Si nous avions une distinction à faire, nous dirions qu’il nous semble que le vrai bateleur est surtout celui qui se livre à des exercices du corps tels que danseur de corde, équilibriste, clown, etc., ou celui dont l’industrie consiste à tirer parti des talents de même genre qu’il a su inculquer à certains animaux savants, singes, chiens ou autres. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Bateleurs sur une estrade. Henry Somm (1844-1907). Graveur. 1880. Source gallica.bnf.fr / BnF

Ce mot dérive de l'ancien français baastel ou bastel, d'où provient aussi bateau. Étymologie : Diminutif de baste ‘tromperie’ avec le suffixe -el. Bastel : Escamotage, jonglerie, batelage Source : Wiktionnaire

Le bateleur du Pont Neuf / Stefano della Bella Bibliothèque nationale de France, département Musique


Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Bâtonniste

Bâtoniste / Bâtonniste Personne (Jongleur) qui fait des tours d'adresse avec des bâtons. 1811 – «LE BATONNISTE. C'est un jeune homme dont le poignet est fort agile et le coup d'oeil extrêmement sûr. Un enfant s'agenouille soutenant une pièce de monnaie en équilibre sur son nez ou sur son menton, et le Batonniste, en faisant le moulinet, emporte la pièce sans effleurer la place.» J.B. Gouriet, Personnages célèbres dans les rues de Paris.

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Bobèche et Galimafré

Deux célébrités en leur genre, deux types de ‘paradistes’ fameux, qui naguère, pendant plus de vingt années, firent la joie du boulevard du Temple, à l’époque où le boulevard du Temple, peuplé de théâtres, de loges d’acrobates, de spectacles et de curiosités de toutes sortes, était le rendez-vous de tout le Paris frivole et désœuvré. On raconte que les deux hommes qui s’étaient affublés de ces noms singuliers avaient quitté chacun leur atelier pour embrasser la profession qui devait leur valoir une si grande popularité. L’un, Antoine Mandelot, était le fils d’un tapissier du faubourg Saint- Antoine ; l’autre, Auguste Guérin, était ouvrier menuisier dans le même faubourg.  Tout jeunes, ils jouaient à eux deux des parades qui faisaient beaucoup rire leurs compagnons d’atelier, et c’est ce qui les amena à s’engager avec un maître acrobate du boulevard, nommé Dromale.  Antoine devint Bobèche, et Guérin Galimafré. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie.

Bobèche et Galimafré au Boulevard du Temple : Source gallica.bnf.fr / BnF


La Parade de Bobèche et Galimafré, boulevard du Temple. Roller, Jean , Peintre. Vers 1820. Musée Carnavalet.


Charlatan

Les charlatans étaient des marchands de drogues et d’élixirs, des arracheurs de dents sans douleur, qui exerçaient leur métier à Paris dans les carrefours, sur les places publiques, ou en province, dans les foires, côte à côte avec les bateleurs et les saltimbanques. Ils s’adjoignaient volontiers des compères, des équilibristes, des acrobates, qui faisaient la parade à leur profit et à l’aide desquels ils attiraient autour d’eux les badauds dont ils recherchaient la clientèle. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Le charlatan / D. M. Sani. 1945-1985. Source gallica.bnf.fr / BnF


Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Chic et contre 

Exclamation de l’argot des saltimbanques signifiant fait semblant et qu’il s’adresse rapidement entre eux au nez même du public qu’ils veulent duper. 

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

Les Saltimbanques. Honoré Daumier. 1843 Source gallica.bnf.fr / BnF « Jules Janin. Ingres. Victor Hugo. Berlioz. Paul Delaroche. Vous voyez ici les grandes célébrités de la France littéraire, musicale et artistique ; ils ont tous 36 pieds au-dessus du niveau de la mer… »


Cri

Assez généralement, au moyen âge et à l’époque de la Renaissance, les sociétés dramatiques, telles que les Confrères de la Passion, les Clercs de la Basoche, les Enfants sans Souci, faisaient par les rues et les carrefours, avant la représentation de leur pièce, une grande promenade qui servait à l’exhibition en costume des personnages qui devaient y prendre part. C’était ce qu’on appelait la montre. En même temps, un ou plusieurs des participants à la montre faisaient à haute voix une annonce du spectacle et de tous les détails qu’il comportait. C'était ce qu’on appelait le cri. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Théâtre Moyen Age, La farce de maître Patelin, le Clos Saint- Laurent, adaptation de M. Édouard Fournier. 18... Source gallica.bnf.fr / BnF.


Débiner le truc

Vendre le secret d’une affaire, révéler les ficelles d’un tour, argot les saltimbanques Dictionnaire de la langue verte. 

Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883.

Départ des saltimbanques. H. Daumier. Source gallica.bnf.fr / BnF.


Escamoteur

Personne qui fait des tours d'escamotage, qui fait disparaître par une manœuvre habile ; illusionniste, prestidigitateur.

L'Escamoteur, parfois désigné sous Le Jongleur, ou Le Bouffon ou encore Le Prestidigitateur est une huile sur bois attribuée au peintre néerlandais Jérôme Bosch. Réalisé entre 1475 et 1505, il est conservé dans un coffre-fort au Musée municipal de Saint-Germain-en-Laye.


« Allons, messieurs, un peu de courage à la poche ; voilà mon petit bureau. Encore un pauvre million et j'exécuterai de suite, quelques tours d'adresse et de passe-passe que vous ne verrez faire qu'à moi seul. Les muscades, fonds secrets et caisse d’épargne disparaitront en un clin d’œil, quant à la muscade réforme, elle terminera mes exercices. » Source : Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

Les cosaques pour rire. L'escamoteur manquant son tour, faute d'un compère. « … Si une personne de la société veut bien m’honorer un instant de sa confiance, je commence immédiatement mon tour, j’escamote le Sultan ! … Pernne n’accepte, … Le tour est enfoncé ! … ». Cham (1818-1879). Lithographe Source : Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.


« Vous allez voir, Mesdames et Messieurs, que rien ne met impossible. Par ma petite baguette, il va sortir de ce gobelet un énorme ballon. Une… deux… trois… Voila Messieurs… avec une carotte. » Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Escamoteur - Prestidigitateur

Le prestidigitateur est un escamoteur d’une habileté supérieure, qui, au lieu d’exercer ses talents sur la place publique, les fait apprécier dans une salle de spectacle, devant une assemblée nombreuse et choisie. Certains prestidigitateurs sont d’ailleurs de véritables artistes, qui parfois appellent à leur aide la mécanique et la physique, ce qui leur a fait donner aussi le nom de physiciens. Ayant renoncé aux tours vulgaires et simples dont se contentaient leurs ancêtres, ils ont raffiné leur art, lui ont donné l’élégance et la grâce, et l’ont rendu tout à fait surprenant. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Le Jongleur du Château d'Eau. Londres, W. Sams, 1822. Prestidigitateur exécutant les coupes et balles pour une foule rassemblée autour de sa table.


Faire la manche

Faire la quête dans l’argot des saltimbanques.

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

À la Renaissance, le mot manche signifiait « cadeau ». Ce sens daterait du Moyen-Âge où, durant les tournois, les femmes donnaient une manche de leur habit au chevalier qui se battait pour elles. « Faire la manche » est apparu au XVIII e dans le langage des saltimbanques et a pris le sens de « quête ». On l’emploie toujours aujourd’hui pour parler de chanteurs de rues, de comédiens ou encore des musiciens dans les transports en commun.

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Jeu-parti

Le jeu-parti était un petit poème musical d’une forme très particulière, qui était en grande vogue parmi nos trouvères du moyen âge, et que ceux-ci s’en allaient chanter, aux jours de fête, dans les manoirs et dans les châteaux. On trouve dans les poésies d’Adam de la Halle, l’admirable trouvère d’Arras, toute une série de jeux-partis amoureux qui sont de petits bijoux.Compositeur aussi élégant qu’il était bon poète, Adam écrivait à la fois ses vers et sa musique, et ses jolis jeux-partis ont autant de saveur et de grâce au point de vue musical qu’au point de vue poétique. Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie. 

Voir : Confréries / Théâtre au Moyen-âge : Jeu-parti

Un jeu-parti avec musique et illustration dans le Chansonnier d'Arras du XIIIe siècle


Jongleur

Le jongleur, sauteur, banquiste et prestidigitateur Grandville , Dessinateur Forest, Eugène-Hippolyte , Dessinateur-lithographe Delaunois, Nicolas Louis , Imprimeur Aubert , Editeur En 1835 Maison de Balzac


Ménestrel

Voir : Troubadour - Ménestrel

Ménestrel Dès le Moyen Âge, le ménestrel occupe une place singulière dans la vie sociale et festive. À la fois musicien, chanteur, récitant et parfois poète, il circule de château en château, de ville en village, portant avec lui récits, mélodies et nouvelles du monde. Son art repose autant sur la mémoire que sur la présence : il transmet par la voix ce que peu savent lire. Le ménestrel n’est pas seulement un amuseur. Il accompagne les fêtes, les banquets, les cérémonies, mais aussi les moments plus ordinaires de la vie collective. Ses chants racontent les exploits, les amours, les drames et les légendes, mêlant faits réels et imaginaire. Par son répertoire, il contribue à façonner une culture partagée, faite de refrains connus et d’histoires reprises de génération en génération. Selon les périodes et les régions, le statut du ménestrel varie. Certains sont attachés durablement à une cour seigneuriale, d’autres vivent sur les routes, proches du peuple, se produisant sur les places et dans les auberges. Cette mobilité fait du ménestrel un passeur : de langues, de styles, de récits, et parfois d’idées. À partir de la fin du Moyen Âge, la figure du ménestrel se transforme peu à peu. Elle se confond avec d’autres formes de spectacles itinérants et annonce, par bien des aspects, l’émergence des musiciens ambulants, des chanteurs de rue et des saltimbanques. Mais dans l’imaginaire collectif, le ménestrel reste associé à cette époque où la parole chantée tenait lieu de livre ouvert, et où la musique faisait lien entre les hommes.


Montre

On appelait ‘montre’, à l’époque du moyen âge et de la renaissance, la grande exhibition ambulante que faisaient avant leurs représentations, par les rues et les places publiques, les sociétés dramatiques fameuses alors, telles que les Confrères de la Passion, les Enfants-sans-Souci, les Clercs de la Basoche, etc. Tous les personnages de la pièce qu’on devait représenter parcouraient ainsi la ville, revêtus de leurs costumes, tandis que quelques-uns d’entre eux annonçaient à haute voix le spectacle et en faisant connaître les détails. La ‘montre générale’ était une cavalcade somptueuse, La ‘montre’ est restée en usage aujourd’hui, et elle est faite par les écuyers des cirques ambulants qui courent nos foires de province, et qui, dès qu’ils arrivent dans une ville, font, le jour de leur première représentation, une grande promenade à cheval, dans leurs plus beaux costumes, pour faire ‘montre’ de leur personnel. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Les saltimbanques, parade en 3 actes, par MM. Dumersan et Varin : estampe / A. L. (sig.) ; (H. Faxardo) (sig.). 18... Source gallica.bnf.fr / BnF


Opérateur

Qui dit charlatan, marchand d’élixir, arracheur de dents, dit opérateur, et tous ces métiers réunis n’en forment qu’un seul, baptisé jadis de ce seul nom d’opérateur. Celui-là n’était pas toujours par 1ui-même un saltimbanque, mais il s’entourait, pour ameuter la foule, de gens dont telle était la spécialité, et c’est ainsi que les opérateurs doivent tenir leur place dans la description des spectacles populaires. Dès le treizième siècle des pseudo-médecins, doublés de bouffons émérites, s’installaient dans les rues de Paris peut débiter leurs marchandises, à grand renfort de discours saugrenus, de lazzis grotesques et de contorsions excentriques. Un peu plus tard, quelques-uns d’entre eux se font une clientèle parmi les badauds, qui se passent de bouche on bouche les noms de Malassegnée, de Mauloue, de Maulassis, un peu plus tard encore, il en est qui deviennent tout à fait célèbres, qui font oublier leurs devanciers et qui révolutionnent véritablement Paris : Barry. Orviétan. Tabarin surtout, ont laissé un nom qui est parvenu jusqu’à nous. A cette époque, les opérateurs s’établissaient principalement sur le Pont-Neuf, foire ambulante et perpétuelle où toute la ville se donnait rendez-vous. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

L'Impruneta. Jacques Callot (1592-1635). Graveur Le jeu de boules. Le bal champêtre. La petite foire. La foire de Gondreville. La foire d'Impruneta. 1621-1625 Bibliothèque nationale de France.


Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Oripeaux

C’est le nom qu’on donne à des costumes à la fois prétentieux et fanés, couverts de clinquant et de paillettes, mais démodés, déformés et vieillis par un long usage. Les acrobates nomades, les saltimbanques de nos foires, ne sont couverts que d’oripeaux. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Portrait de Landrol Alexandre, (1828-1888), (acteur). L. Cremière & Cie, Photographe. Lozano, J., Diffuseur. Entre 1860 et 1890. Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Paillasse

Le Paillasse est le pitre des parades de saltimbanques, le benêt ridicule et grotesque dont la maladresse excessive excite toujours les rires de l'auditoire, et qui reçoit sans cesse de ses compères force horions et coups de pied indiscrets. Son nom lui vient sans doute de la toile dont est fait son costume, cette toile à carreaux gris et blancs qui depuis un temps immémorial sert à couvrir les paillasses et les matelas, comme elle couvre son maigre corps et ses pauvres épaules. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Parade

La parade est une scène burlesque, bouffonne, souvent grossière, que les baladins et les saltimbanques de nos foires exécutent gratis, au dehors de leur baraque, pour attirer l’attention du public, lui donner un avant-goût du spectacle qui lui est promis et l’engager à entrer en payant sa place. La parade est ancienne en France, où elle est née des moralités, des mystères, des soties que jouaient, aux premiers temps de notre théâtre et alors qu’il cherchait à se constituer, les élèves de la basoche, les Confrères de la Passion et la troupe du Prince des Sots. Lorsque les règles de la comédie furent fixées, la parade dut à son caractère populaire de ne point disparaître, mais elle devint l’apanage des bateleurs et des acrobates, qui s’en servirent comme d’amorce pour allécher les spectateurs peu difficiles. En réalité, elle est une sorte de farce rudimentaire, sans règle ni frein, composée de lazzis, de coq-à- l’âne, de calembours, de jeux de scène grossiers, et uniquement destinée à faire rire ; elle tient de loin à l’ancienne ‘commedia dell’arte’, en ce sens que ceux qui s’y livrent se laissent volontiers aller à leur improvisation et brodent à leur manière le canevas qui leur sert de thème primitif. 

Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’en rattachent. Paris 1885. Librairie de Firmin-Didot et Cie


‘Mrs et Mesdames Il ne faudrait pas avoir dans sa poche la bagatelle de dix-huit millions pour se priver de voir la meilleure des répliques… objet rare et curieux qui ne se trouve qu’en Amérique.’ 

Raffet, Auguste , Dessinateur-lithographe. En 1831. Maison de Balzac.


La parade du boulevard du Temple à Paris. Anonyme, Graveur Noël (marchand), Éditeur En 1840. Musée Carnavalet.


Fête foraine. La parade Baraque de lutte de la famille Méjean 1910-1920


Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Paradiste

Pitre qui attire le public devant un établissement forain pour l'inciter à assister à la représentation.

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Pitre

Paillasse de saltimbanque, bouffon de places publiques. Par extension on donne ce nom à tout Farceur de société, à tout homme qui amuse les autres, sans âtre payé pour cela.

Les p’tits métiers de Paris Nos Fêtes foraines – Les pitres


Troubadour - Ménestrel

Les ménestrel et troubadour, en général d'extraction noble ou bourgeoise, sont des poètes itinérants originaires pour la plupart d'Aquitaine ou de Provence, ils ont inventé « l'amour courtois », fait de tendresse et de passion, les textes était souvent très long.
Ils vont de château en château, pendant les banquets et racontent des épopées en vers qui magnifiaient les vertus chevaleresques, Ils distraient leur seigneur. Les troubadours sont dans le sud de la France, et les ménestrels dans le nord.

Troubadour, Trovatore, Trovador : (estampe) (Germany) / Luigi Morgari [sig.]. 18... Source gallica.bnf.fr / BnF

Le ménestrel est un homme qui récitait et/ou chantait avec un instrument pour s’accompagner. Il chante en langue d’oïl. Le troubadour est un homme, chanteur et poète, il est reconnu comme personnage important pour le roi. Ils chantent en langue d’oc et est, presque tous originaires du Limousin, de Provence ou du Roussillon.

Gauselme Faydit. Troubadour limousin, né à Uzerche au XIIème siècle. Il perdit toute sa fortune en jouant aux dés. Quand il n'eut plus qu'une maison à Uzerche , il se fit jongleur, courut les aventures et les festins dans les châteaux, puis s'éleva au rang de troubadour. Il vint souvent chanter dans les manoirs du pays la beauté des châtelaines de Ventadour, de Malemort, d'Aubusson et de Gimel. Ce protégé du roi Richard 1er l'avait accompagné en Palestine ; sa muse reconnaissante consacra bientôt à la mort de son protecteur une poétique élégie. Ses poésies sont conservées à la Bibliothèque nationale. Bibliothèque numérique du Limousin.

Les troubadours sont à l'origine de la poésie profane en Occident. Leur nom vient du bas latin trobar, qui signifie ‘trouver ou...’ Le mot a donné trouvère en langue d'oïl, le français du nord. La poésie des troubadours s’avère d’une richesse incomparable ; les images, les expressions, comme la rythmique, sont très inspirés et donnent la mesure de la vie culturelle de cette période.

Troubadour. Auteur: Gavarni (1804-1866) [330] Éditeur / Imprimeur: Bauger & Cie (Paris), Aubert & Cie (Paris). (1832-1866) Séléné. Bibliothèque numérique de Bordeaux.

Du temps de la ‘Fin’amor’, berceau de notre littérature, ne nous reste qu’un seul texte d'Azalaïs de Portiragnes, femme-troubadour. Unique, il l’est par deux fois ! Unique car le seul qui nous reste de cette célèbre Azalaïs de Portiragnes, petit village près de Béziers, au cœur de l’Occitanie d’alors. Les femmes qui pratiquaient l'art de trobar, s’appelaient des trobairitz. Azalaïs est la première trobairitz dont le nom soit connu, célèbre aussi pour sa voix, sa beauté et son « art de trouver », c’est-à-dire de composer des vers.


La trobairitz Azalaïs de Porcairagues, d'après un chansonnier provençal du XIIIe siècle (Bibliothèque Nationale de France, Paris)

L'un des plus illustres représentants des troubadours ne fut autre que le duc d'Aquitaine Guillaume XI, grand-père d'Aliénor d'Aquitaine. (Guillaume le Gros fut comte de Poitiers de 1030 à 1038 sous le nom de Guillaume IV et duc d'Aquitaine sous le nom de Guillaume VI durant la même période


Troubadours Ossalois

Jurançon . "Les Troubadours ossalois" - Chanteurs et Caddetou. Grimaldi. 19??. Source gallica.bnf.fr / BnF. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques. 

Le costume ossalois : En Ossau, le costume traditionnel est très riche et coloré. Il est réputé comme l'un des plus beaux et des plus remarquables des Pyrénées françaises Pour se protéger des intempéries les bergers étaient coiffés d’un béret brun, souple, en laine tricotée et feutrée. Porté pour des raisons pratiques, ce couvre-chef est évidemment inhérent au costume ossalois. Pour les jours de fête, il était orné de pampilles dorées et de perles (« lou floc »). 

Caddetou est un personnage de bande dessinée créé par Ernest Gabard en 1907. Il illustre le cadet béarnais naïf et roublard de la fin du XIXe siècle


Truc 

Ficelle secret du métier dans l’argot des saltimbanques, débiner le truc : c’est révéler le secret d’un tour. 

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF


Voyage

Le tour de France, dans l’argot des saltimbanques 

Dictionnaire de la langue verte. Nouvelle édition. Alfred Delvau Supplément par Gustave Fustier. Paris 1883

Saltimbanques. Recueil.  17..-1896. Source gallica.bnf.fr / BnF



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