À la fin du 19e siècle, le spectacle change d’ampleur.
Les grandes salles apparaissent, les orchestres s’installent, les décors se développent. Le music-hall met en avant la mise en scène et la vedette. On y trouve des chanteurs, danseuses, illusionnistes, attractions spectaculaires, comiques ou numéros extraordinaires. Mais l’ensemble est structuré, produit, orchestré. Le music-hall crée des stars et développe une véritable industrie du spectacle.
Contrairement au café-concert, le music-hall privilégie le spectaculaire et la scénographie. Contrairement à la variété simple, il investit dans les décors et l’orchestre. Contrairement à la rue, il repose sur une organisation professionnelle lourde et un cadre fixe.
Adanos est un jongleur allemand actif durant l’entre-deux-guerres, inscrit dans la grande tradition européenne de la jonglerie de music-hall et de variétés. Son travail se caractérise par une jonglerie élégante et stylisée, davantage fondée sur la précision, le rythme et la présence scénique que sur la seule prouesse brute. Il se produit principalement en Allemagne, dans les circuits du music-hall, du cabaret et des grandes scènes urbaines, avec une diffusion possible dans les pays voisins (Europe centrale et occidentale). Sa carrière est attestée vers les années 1920–1930, période marquée par une forte modernisation de l’esthétique des spectacles et de leur promotion graphique.

Cette affiche Art déco représente Adanos en pleine jonglerie, vêtu d’un costume moderne et dynamique. Les formes circulaires colorées et le fond sombre soulignent le mouvement, la précision et la modernité du numéro, tandis que la signature graphique (impression Van Hussen, Cologne) inscrit clairement l’œuvre dans la culture visuelle allemande des années 1920.
Miss Belle Bilton est une artiste de music-hall britannique, active à la fin du XIXᵉ siècle, principalement à Londres. Elle appartient à cette génération d’interprètes féminines qui dominaient les scènes de variétés victoriennes, mêlant présence scénique, danse, chant et jeu théâtral.
Son image repose moins sur la prouesse physique que sur le charisme, l’expressivité et une féminité assumée, caractéristiques du music-hall de cette période, situé à la frontière entre théâtre populaire et spectacle de divertissement.

Cette photographie est un portrait promotionnel réalisé par le studio W. & D. Downey, à Londres, vers les années 1890–1900. Destinée à la diffusion auprès du public, la carte met en scène l’artiste dans un costume de scène élégant, soulignant son rôle d’interprète de variétés.
D’Argelès est une artiste de music-hall et de variétés active au tout début du XXᵉ siècle. Elle évolue principalement en France, notamment à Paris, tout en s’inscrivant dans un réseau de diffusion plus large qui permet une circulation possible sur les scènes européennes. Sa période d’activité attestée se situe vers 1900–1906, au cœur de la Belle Époque. Son travail s’inscrit dans la tradition des artistes féminines de variétés mêlant danse de scène, pose plastique et expression corporelle, davantage fondées sur l’élégance du geste et la maîtrise de la posture que sur la prouesse acrobatique. Elle appartient à une génération où le corps féminin devient un élément central du spectacle visuel, à la frontière entre danse, théâtre et attraction. D’Argelès incarne ainsi l’esthétique du music-hall Belle Époque, où le costume, la silhouette et l’image promotionnelle participent pleinement à la construction de l’identité artistique, autant sur scène que dans les supports photographiques diffusés auprès du public.

Cette photographie, datée du 27 juillet 1906, représente l’artiste D’Argelès dans une pose de scène caractéristique du music-hall de la Belle Époque. Le costume, composé d’un corset clair, de dentelles et de collants, met en valeur la silhouette et le jeu des bras, essentiels dans les numéros de danse et de pose plastique de l’époque.
Jane Avril (1868-1943)
Jane Avril, de son vrai nom Jeanne Louise Beaudon, fut une danseuse française emblématique de la Belle Époque, particulièrement connue pour ses performances au Moulin Rouge Le peintre Henri de Toulouse-Lautrec a été fasciné par Jane Avril et l'a immortalisée dans plusieurs de ses affiches et tableaux.

Jane Avril. Jardin de Paris. Impression photomécanique. 1898. Henri de Toulouse-Lautrec, (1864-1901). Lithographe de l'oeuvre reproduite. Source gallica.bnf.fr / BnF
Des gambettes mais pas que… C’est la soliste du cancan et la seule qui a le droit de porter des dessous de couleurs. Mais derrière son apparente exubérance qui lui vaudra le surnom qu’elle déteste de « Jeanne La Folle » ou bien encore de « Mélinite ».

Jane Avril est une femme raffinée, d’ailleurs on dira d’elle : ‘qu’elle est une institutrice tombée dans la canaille du chahut’. Jane Avril sera d’ailleurs la plus dure rivale que l’on connaisse à La Goulue avec qui elle se dispute sans cesse la vedette !

Jane Avril reste une figure emblématique de la Belle Époque, symbole de la liberté artistique et de l'émancipation féminine. Son histoire a inspiré de nombreux artistes et continue de fasciner le public.

Jane Avril au "Bal des folles" 1885 : Comme chaque année, à la Salpêtrière se tient le très mondain « Bal de folles ». Le temps d’une soirée, le tout-Paris s’encanaille sur les airs de valse et de Polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres personnages.
Il naît en 1857 à Marseille. Son nom est Joseph Pujol. Rien ne le destine à la scène. C’est lors d’une baignade en mer qu’il découvre, presque par hasard, qu’il peut aspirer de l’air par voie anale et le restituer à volonté. Ce qui pourrait n’être qu’une curiosité physiologique devient, entre ses mains, un art.

Dans les années 1890, il monte à Paris et se produit au Moulin Rouge. Son numéro est construit, minuté, presque scientifique. Il imite le canon, l’orage, la tempête. Il joue des airs connus à l’aide d’un petit tuyau relié à un ocarina. Il éteint des bougies à distance. Il récite même des fables, ponctuées d’effets sonores calculés.

Le public rit, bien sûr. Mais il est aussi fasciné par la maîtrise technique. Joseph Pujol ne présente pas un simple effet burlesque : il offre un numéro structuré, répété, calibré. Il apparaît en habit noir, sérieux, presque digne. Le contraste fait partie du succès.
On raconte qu’il pouvait gagner des sommes considérables et que son contrat rivalisait avec celui des grandes vedettes du moment. Son numéro devient l’une des attractions les plus célèbres du Paris de la fin des années 1890.

Il quitte la scène avant la Première Guerre mondiale et meurt en 1945. Son souvenir, lui, ne disparaît pas. Le Pétomane reste l’un des exemples les plus étonnants de ce que le music-hall pouvait accueillir : entre audace, curiosité et irrévérence.

La Goulue, de son vrai nom Louise Weber (1866-1929 ), est une figure emblématique de la Belle Époque parisienne et de l'effervescence de Montmartre. Elle est devenue une véritable légende grâce à son audace, son talent de danseuse et sa personnalité extravagante.
Issue d'un milieu modeste, Louise Weber commence par être blanchisseuse le jour, mais passe ses nuits à fréquenter les bals et cabarets de Montmartre. C'est là qu'elle découvre le cancan (alors appelé "chahut"), une danse jugée sulfureuse et provocante, caractérisée par les levés de jambes et le tourbillonnement des jupons.

La Goulue en 1885.
Son surnom, "La Goulue", lui vient de sa fâcheuse habitude de vider d'un trait les verres des clients attablés, ou même de "piquer" dans leurs assiettes, avec un appétit insatiable pour la vie et la fête.

Portrait des deux danseuses ‘Grille d'égout’ et ‘La Goulue’. Photographe anonyme.1886. Musée Carnavalet.
En 1889, à l'ouverture du Moulin Rouge, La Goulue est engagée et devient rapidement la vedette incontestée du lieu. Avec son partenaire Valentin le Désossé, un contorsionniste au physique longiligne, elle forme un duo iconique et fait du French Cancan sa marque de fabrique. Ses figures audacieuses, comme le "coup de cul" (où elle lançait sa jambe en l'air pour révéler sa culotte ornée d'un cœur brodé), enflamment le public.

La Goulue entrant au Moulin-Rouge, Toulouse-Lautrec 1892.
Sa renommée est telle qu'elle attire le tout-Paris, des aristocrates aux artistes. Elle devient la muse de nombreux peintres, dont le plus célèbre est sans conteste Henri de Toulouse-Lautrec, qui immortalise sa silhouette inimitable dans ses affiches emblématiques du Moulin Rouge. Ces œuvres la propulsent au rang d'icône mondiale.

La Goulue et Valentin le Désossé dansant au Moulin Rouge, 1895, Théophile Alexandre Steinlen
Malgré son succès, La Goulue, éprise de liberté et d'indépendance, quitte le Moulin Rouge en 1895. Riche et célèbre, elle décide de se lancer dans une nouvelle aventure, celle du monde forain. Elle achète sa propre baraque, sur laquelle Toulouse-Lautrec peindra d'ailleurs des panneaux décoratifs, et se produit comme danseuse orientale, puis comme dompteuse de lions. Cette reconversion inattendue témoigne de son caractère audacieux et de son refus des conventions.

La Goulue. Shaftesbury Theatre. Affiche. 1905. Source gallica.bnf.fr / BnF.
Cependant, sa fin de vie est plus tragique. Après une blessure due à un lion et des difficultés financières, elle sombre peu à peu dans l'oubli et la misère. Elle est retrouvée sans ressources, vendant des fleurs et des allumettes à la sauvette sur la butte Montmartre qu'elle avait tant fait vibrer.

Le Petit journal. Supplément du dimanche. 1904-01-24. La Goulue et son mari attaqués par un puma. Source gallica.bnf.fr / BnF
La Goulue s'éteint en 1929 dans le dénuement, et est d'abord inhumée au cimetière de Pantin. Cependant, en 1992, à l'initiative de Jacques Chirac (alors maire de Paris), sa dépouille est transférée au cimetière de Montmartre, retrouvant ainsi le quartier qui l'avait sacrée reine.

La Goulue, 13/5/26. Photographie de presse : Agence Rol]. 1926. Source gallica.bnf.fr / BnF.
Un jardin Louise Weber, situé au cœur de Montmartre, porte désormais son nom.

Le jardin Louise Weber dite La Goulue, autrefois dénommé « jardin Burq » ou « square de la rue Burq », est un espace vert situé sur la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris .
Mary Louise Fuller, dite Loïe Fuller, est née à Fullersburg (Illinois) le 15 janvier 1862 et décédée à Paris le 1er janvier 1928. La couleur, la lumière, alliées à des gestes rythmiques, sont susceptibles de produire des impressions artistiques fort intéressantes. Elles ont fait, à juste titre, le succès d’une actrice américaine originaire de Chicago, la Loïe Fuller, qui débuta à Paris vers 1892 et charma les spectateurs pendant l’Exposition Universelle de 1900. C’est dans le théâtre d’une petite ville des environs de New-York que cette artiste imagina ce genre nouveau, en 1890.

Vêtue d’une robe de soie blanche très légère qui se trouva être trop longue, la Loïe Fuller la retroussa comme elle put, tout en mimant la scène, levant et baissant les bras, tournant sur elle-même le mieux possible. Le public fut enthousiasmé. On cria : ‘C’est un papillon ! C’est une orchidée !’ On applaudit, on redemanda la scène. L’artiste eut le bon esprit de s’apercevoir qu’elle avait, en effet, trouvé quelque chose de fort curieux et qu’il n’y avait plus qu’à perfectionner ce qu’un heureux concours de circonstance avait établi.

Tous les soirs à 10 heures à la Comédie Parisienne. La Loie Fuller. Dans sa création nouvelle Salomé. Van Sluyters, Joseph (dit Georges de Feure) , Dessinateur Imprimerie Paul Lemenil , Imprimeur En 1895 Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Quatuor vocal français très populaire au milieu du XXe siècle (1946-1982). C'était un groupe vocal a cappella français, c'est-à-dire qu'ils chantaient sans accompagnement instrumental. Ils étaient connus pour leur style unique, leur humour et leur présence scénique.
Composition du groupe :
André Bellec (1914-1990) : Baryton
Georges Bellec (1918-2012) : Basse
François Soubeyran (1919-1981) : Ténor
Paul Tourenne (1923-2003) : Ténor
Ils interprétaient des chansons françaises, souvent humoristiques, poétiques ou satiriques. Ils ont mis en musique des poèmes de Jacques Prévert, Robert Desnos, et bien d'autres. Leur style était basé sur l'harmonie vocale, avec des arrangements complexes et une grande précision rythmique. Ils utilisaient aussi des onomatopées et des effets vocaux. Ils portaient un costume distinctif : collants noirs, justaucorps de couleurs vives (vert, jaune, rouge et bleu), gants blancs et chapeaux melons noirs.

Lily Elsie (née Elizabeth Elsie Hodder, 1886–1962) est une actrice et chanteuse britannique, célèbre figure du théâtre musical et de l’opérette édouardienne. Elle connaît une renommée internationale au début du XXᵉ siècle, notamment grâce à son rôle dans The Merry Widow (La Veuve joyeuse) en 1907, qui fait d’elle une véritable icône de la scène londonienne. Lily Elsie se produit principalement au Royaume-Uni, mais aussi en Europe et aux États-Unis, dans les grands théâtres de musical comedy et d’opérette. Son image publique est largement diffusée par la photographie de studio, qui contribue à forger son statut de star, mêlant élégance, fantaisie et charme souriant. Elle n’est pas une artiste de cirque, mais appartient pleinement au monde du spectacle vivant populaire de la Belle Époque.

Photographie de studio, Royaume-Uni, vers 1905–1910.
Portrait promotionnel de Lily Elsie, actrice de théâtre musical, assise à califourchon sur une chaise et tenant une cravache, dans une pose espiègle typique de l’imagerie de la musical comedy édouardienne. Le cliché illustre la diffusion photographique des stars de scène au début du XXᵉ siècle.