Les serpents et reptiles dressés


À la fin du 1800 et au début du 1900, les charmeurs et charmeuses de serpents occupent une place singulière dans les cirques et les music-halls. Très souvent, ce sont des femmes qui incarnent ces numéros, mêlant grâce, maîtrise du corps et fascination pour le danger.

Sur scène, le serpent devient partenaire. Il s’enroule autour des bras, du cou, glisse lentement sur le corps, participant à une chorégraphie silencieuse où chaque geste est mesuré. L’effet produit repose moins sur une véritable « magie » que sur une connaissance fine de l’animal, une habitude construite dans le temps et une mise en scène soigneusement élaborée.

Ces artistes sont fréquemment présentées sous des identités évocatrices, orientales, hindoues ou exotiques, qui répondent aux attentes du public de l’époque. Derrière ces appellations, souvent construites, se cachent des parcours variés, parfois éloignés de ces origines suggérées.

Numéros de curiosité autant que performances physiques, ces spectacles jouent sur une tension constante : attirer, intriguer, impressionner, sans jamais rompre l’équilibre fragile entre contrôle et imprévisible.

Aujourd’hui, ces figures, témoignent d’un moment du spectacle où le corps de l’artiste devenait scène à part entière, entre fascination, illusion et mise en regard du vivant.



Miss Maxine 

Miss Maxine est une artiste de domptage de serpents, active au début du XXᵉ siècle.
Elle se produit notamment au sein du cirque Barnum & Bailey, l’une des plus grandes institutions du spectacle itinérant international. Sa spécialité consiste à manipuler de grands serpents vivants, généralement des pythons ou des boas, dans un numéro mêlant exotisme, sang-froid et fascination du danger.
Active au moins en 1913, elle se produit aux États-Unis, mais dans un cadre de tournée internationale typique de Barnum & Bailey, qui inclut l’Europe. Son numéro s’inscrit pleinement dans la tradition des sideshows et attractions sensationnelles, où la maîtrise d’animaux réputés dangereux tient une place centrale.

Photographie de studio représentant Miss Maxine, artiste de Barnum & Bailey, posant avec un grand serpent enroulé autour du corps.
Tirage photographique original, vers 1913, avec mention manuscrite « Season 1913 ».


Nala Damajanti

Nala Damajanti, annoncée comme « charmeuse hindoue » aux Folies Bergère, incarne ces figures spectaculaires du tournant du 1900 où le corps, l’animal et l’exotisme se mêlent étroitement. Entourée de serpents, elle compose un numéro où la maîtrise se dissimule derrière une apparente facilité, entre grâce et tension.

Son personnage, construit pour la scène, joue des imaginaires lointains alors très prisés du public parisien. Plus qu’une simple attraction, elle devient une image forte du music-hall : celle d’un danger apprivoisé, offert au regard dans une mise en scène soigneusement orchestrée.


Rosina

Rosina, « charmeuse de serpents », est l’une de ces artistes de scène du début du 1900 qui fascinent par un numéro mêlant maîtrise et mise en scène. Entourée de serpents, elle compose une chorégraphie lente où les corps s’entrelacent, donnant l’illusion d’un danger apprivoisé. Son personnage, empreint de mystère, s’inscrit dans l’esthétique exotique très en vogue à l’époque. Derrière cette image, se révèle une artiste expérimentée, dont le savoir-faire repose sur la précision, l’habitude et la confiance.