01 Jan
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Danseuse

Bipède aérien, qui saute en naissant dans l’atmosphère de la Gaîté ou de l’Ambigu-Comique, fait un bond à la Porte-Saint-Martin, et une cabriole à l’Opéra : ce petit être, moins difficile à attraper qu’à fixer, s’apprivoise et semble manger de préférence dans la main des banquiers et des diplomates.   

Petit dictionnaire des coulisses Publié par Jacques-le-souffleur  ‘se vend dans tous les théâtres’ - Paris 1835

Everett Shinn (1876-1953 ), peintre, illustrateur, dessinateur et dramaturge


Danseur

Le danseur du Charivari 

Vers 1833–1869 : Le journal satirique Le Charivari publie régulièrement des caricatures inspirées du monde artistique parisien. Parmi elles, ces « imprimés de danse » croquent avec humour les figures du ballet et de la scène. Le dessin signé Pigal représente un danseur aux proportions volontairement déformées : corps élancé, muscles tendus, tête exagérément agrandie. Le contraste fait sourire. La virtuosité du geste est bien là — arabesque parfaite, pointe assurée — mais l’artiste devient aussi sujet de satire. 

À cette époque, la danse fascine autant qu’elle amuse. Les danseurs et danseuses sont des célébrités du Paris romantique. Le public admire leur technique, tandis que la presse caricature leurs manières, leurs rivalités ou leur notoriété. Ce type d’image ne moque pas la danse elle-même, mais la société du spectacle naissante. Le Charivari capte ce moment où les artistes deviennent des figures publiques, commentées, admirées, parfois tournées en dérision. Entre admiration et ironie, cette caricature rappelle que le monde du spectacle a toujours été observé… et croqué.

Les imprimés de danse du Charivari (entre 1833 – 1869) Bibliothèque publique de New York


Ballet Camargo

Cette photographie capture un pas de deux du ballet Camargo, interprété en 1901 au Théâtre Mariinsky, avec Anna Pavlova et Mikhaïl Fokine. La scène, d’une grande délicatesse, illustre l’élégance du ballet classique russe au tournant du siècle, entre tradition académique héritée de Petipa et premiers élans de renouveau chorégraphique. Le duo incarne déjà cette expressivité et cette musicalité qui marqueront profondément l’évolution de la danse au début du 20ᵉ siècle.


Cléo de Mérode

Cléo de Mérode (1875–1966) : une icône de la Belle Époque 

1875 : Née à Paris, Cléo de Mérode est formée très jeune à la danse classique et entre à l’école de l’Opéra de Paris. Elle se distingue rapidement par son élégance et son style singulier. 

Années 1890 : Elle quitte l’Opéra pour les scènes plus libres du music-hall, notamment les Folies Bergère, où elle devient l’une des figures emblématiques de la Belle Époque. Plus qu’une danseuse, elle incarne une nouvelle forme de célébrité moderne. 

Vers 1900 : Sa renommée dépasse largement le cadre de la scène. Grâce aux photographies diffusées en cartes postales — notamment celles de Léopold Reutlinger — elle devient une véritable icône visuelle. Sa coiffure caractéristique (cheveux lissés avec bandeau) est imitée dans toute l’Europe.

Cléo de Mérode, vers 1900 — photographie de Léopold Reutlinger.

Une célébrité internationale : Elle fascine autant par son image que par sa vie privée. Sa supposée relation avec le roi Léopold II alimente rumeurs et scandales, renforçant encore sa notoriété. 

Une figure moderne : Cléo de Mérode est souvent considérée comme l’une des premières “stars médiatiques” : son image circule, se collectionne, se diffuse, bien au-delà des spectateurs présents dans la salle. 

Fin de carrière : Elle se retire progressivement de la scène dans les années 1910, mais reste une figure respectée du monde artistique. Elle publie plus tard ses mémoires, apportant son propre regard sur cette époque.

Cléo de Mérode, vers 1900, portrait photographique Belle Époque.

1966 : Elle s’éteint à Paris, laissant derrière elle l’image d’une artiste qui aura marqué son temps autant par sa présence scénique que par son aura. 

Avec Cléo de Mérode, le spectacle sort de la scène pour entrer dans l’image : pour la première fois, une danseuse devient une icône internationale, portée autant par la photographie que par le regard du public.

Cléo de Mérode, Folies Bergère, affiche illustrée Belle Époque.


Colette Roby et Suzanne Blanchet 

Vers 1925 : Au Théâtre des Bouffes-Parisiens, dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, le spectacle se pare de modernité et d’audace. Colette Roby et Suzanne Blanchet apparaissent en scène vêtues… de costumes de crevettes. Nous sommes dans l’univers du music-hall et de la revue, où l’effet visuel prime. Les costumes jouent sur l’excentricité, la couleur, le mouvement. Ici, les carapaces stylisées, les antennes démesurées et les lignes sinueuses participent d’un humour léger, presque surréaliste, très en vogue dans les années 1920. Après la Première Guerre mondiale, Paris célèbre la fantaisie et la liberté retrouvée. Les revues multiplient les tableaux à thème : animaux marins, mondes exotiques, machines modernes, figures abstraites. Les danseuses deviennent des silhouettes graphiques, presque décoratives, intégrées à des compositions chorégraphiques précises. Colette Roby et Suzanne Blanchet incarnent cette génération d’artistes pour qui la danse n’est plus seulement technique, mais aussi image, rythme et modernité. Aux Bouffes-Parisiens, la scène devient un laboratoire visuel où le spectacle se regarde autant qu’il s’écoute.

Deux danseuses au théâtre des "Bouffes Parisiens", Colette Roby et Suzanne Blanchet en costume de crevettes, 2ème arrondissement, Paris. Wide World photo , Photographe Vers 1925 Musée Carnavalet, Histoire de Paris


Danseuses du Châtelet

1885 : Quatre danseuses du Théâtre du Châtelet posent à l’atelier Nadar pour le spectacle Coco fêlé. Casques à plumets, boucliers et tuniques stylisées composent un ensemble à la fois martial et gracieux. La pose est étudiée, presque chorégraphique. À la fin du 1800, la danse s’inscrit pleinement dans les grandes productions parisiennes. Elle structure les tableaux, rythme les entrées, donne au spectacle son ampleur visuelle. Les ensembles féminins participent à cette esthétique du mouvement collectif, où la discipline des lignes compte autant que l’élan individuel. La photographie fixe ce que la scène ne cesse de transformer : un équilibre entre force et légèreté. Même immobiles, ces danseuses laissent deviner le pas suivant.

Groupe danseuses. Châtelet. Coco fêlé. Atelier Nadar. 1885. Source gallica.bnf.fr / BnF .


Ellen Dallerup

Berlin, vers 1913–1914. La patineuse danoise Ellen Dallerup apparaît dans le ballet sur glace Schwarz-weiss-rot, photographiée par le studio Willinger. Elle y interprète un numéro spectaculaire intitulé « Zeppelin », directement inspiré de la fascination européenne pour les dirigeables allemands et la conquête du ciel à la veille de la Première Guerre mondiale.

Suspendue à sa taille par un système de haubans, une réplique miniature de dirigeable flotte au-dessus de sa tête tandis que sa ceinture, ornée de petits sacs de lest, imite les ballasts des aérostiers. La prouesse est à la fois sportive et technique. Cette silhouette singulière témoigne d’une époque où la modernité industrielle et l’imaginaire aéronautique s’invitaient jusque dans la grâce des chorégraphies sur glace, mêlant la mécanique des airs à la légèreté des arabesques.


Irven, Six, Rivier, Divonne

1894–1904 : Dans l’atelier de Nadar, quatre artistes prennent la pose. Deux danseuses en robes claires, deux partenaires masculins en habit sombre. Les corps s’inclinent, se répondent, composent une ligne presque graphique. La photographie capte un instant suspendu, comme si la danse venait de s’arrêter pour mieux être regardée. À la fin du 1800, les duos et quatuors chorégraphiques occupent une place importante dans les scènes de café-concert et de music-hall. Ces artistes ne sont pas seulement danseurs : ils sont aussi acteurs du rythme, du sourire, de la composition visuelle. Chaque posture est pensée pour séduire le public autant que l’objectif du photographe. L’atelier Nadar devient alors un passage obligé pour les artistes qui souhaitent diffuser leur image. La photographie participe à leur notoriété. Elle fige ce qui, sur scène, ne dure qu’un instant. Irven, Six, Rivier et Divonne incarnent cette génération pour qui la danse est à la fois spectacle vivant et image imprimée. Entre grâce et mise en scène, ils témoignent d’un moment où le divertissement populaire s’inscrit durablement dans la mémoire visuelle.

M. Irven (i.e. Yrven) - Six - Rivier – Divonne. Atelier Nadar. 1894-1904. Source gallica.bnf.fr / BnF.


La Jana

La Jana (aussi connue sous le nom de Henny Hiebel), née Henriette Margarethe Niederauer, (1905-1940), est une danseuse et actrice germano-autrichienne. La Jana se distingua très tôt par son talent de danseuse. Elle était réputée pour ses performances exotiques et sa capacité à incarner divers rôles avec une élégance et une expressivité remarquables. Sa beauté et son charisme la rendirent rapidement populaire. Elle était particulièrement appréciée pour sa capacité à fusionner la danse avec ses performances d'actrice, apportant une dimension visuelle et artistique unique à ses personnages.

La Jana, dancer and actress (1905, Vienna - 1940, Berlin)

La Jana, dont la carrière était à son apogée, décéda prématurément le 13 mars 1940 à Berlin, des suites d'une double pneumonie. Sa disparition laissa un grand vide dans le monde du spectacle et elle reste aujourd'hui une figure fascinante de l'entre-deux-guerres, incarnant à la fois la grâce de la danse et le glamour du cinéma d'antan.


Margaret Morris 

Margaret Morris (1891–1980) 

1891 : Naissance à Londres de Margaret Morris. 

Début des années 1900 : Formation à la danse classique, puis rejet progressif des codes académiques jugés trop contraignants. 

Années 1910 : Développement d’une approche personnelle du mouvement, inspirée d’une expression libre du corps, proche des recherches d’Isadora Duncan. 

1913 : Fondation de sa première école de danse à Londres et premiers spectacles construits autour de sa méthode.

Margaret Morris par Fred Daniels, années 1920.

Années 1910–1920 : Élaboration du Margaret Morris Movement (MMM), combinant danse, respiration et gymnastique. 

Années 1920 : Rayonnement international : tournées, collaborations artistiques et diffusion de sa méthode en Europe. 

Années 1930 : Développement pédagogique et applications de sa méthode dans les domaines de l’éducation et du bien-être physique.

Margaret Morris, vers 1920, étude de mouvement.

Années 1940–1950 : Reconnaissance croissante de son travail, notamment dans le champ de la rééducation et de la pratique corporelle. 

Fin de carrière : Transmission de son enseignement et structuration durable de son école et de sa méthode. 1980 : Décès, laissant un héritage important dans l’histoire de la danse moderne.

Margaret Morris dans les années 1920, photographié par Fred Daniels


Melle Pétrescu 

Melle. Pétrescu (La Merveille du XIXe siècle) 

Il s'agissait d'une artiste. Son prénom exact reste difficile à trouver, mais son nom de famille est probablement d'origine roumaine ("Pétrescu" est un nom de famille roumain très courant). Elle était une équilibriste spécialisée dans la "danse sur les mains". Elle exécutait des figures de force, de souplesse et d'équilibre en se tenant uniquement sur ses mains, souvent en effectuant des mouvements fluides et gracieux qui pouvaient être décrits comme une "danse". C'était une discipline exigeante qui demandait une force incroyable du haut du corps et un contrôle corporel exceptionnel. L’affiche précisent même "Valses, Polkas, Mazurkas & .. ", ce qui suggère qu'elle adaptait ses mouvements aux rythmes de ces danses populaires de l'époque.


Vestris Il disait de son fils, qui ne tarda pas à l'égaler dans l'art chorégraphique : S'il ne s'élève pas plus haut, c'est pour ne trop humilier ses camarades; et puis, s'il se aissait aller à son élan, il s'ennuierait en l'air, faute de conversation. 

Anecdotes de théâtre. Comédiens-Comédiennes. Bons mots des coulisses et du parterre recueillis par Louis Loire.Paris 1875.

Voir : Argot des coulisses - Chorégraphie / Danse :  Oh qui fait du pied de poule !

Marie-Jean-Augustin Vestris, dit Auguste Vestris et surnommé Vestr'Allard, est un danseur français (1760-1842). Formé par son père, il débute à l'Opéra de Paris en 1772 et est engagé comme soliste dans le Ballet en 1776. Sa brillante carrière se déroule principalement à Paris. Il se retire en 1816 pour se consacrer à l'enseignement de la danse à l'Opéra de Paris, et devenir l'un des professeurs les plus renommés de tous les temps. Surnommé « le dieu de la danse », Auguste Vestris a marqué les esprits et l'histoire de la danse par son interprétation de la gavotte de la comédie lyrique de Grétry Panurge dans l'île des lanternes, en 1785 : depuis lors, ce passage est connu sous le nom de gavotte de Vestris.


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